Au Sud-Kivu, il a actuellement des milliers d’enfants zéro dose, c’est-à-dire qui ne se sont jamais fait vacciner, et d’autres sous-vaccinés, c’est-à-dire qu’ils ont manqué plusieurs doses prévues dans le calendrier vaccinal. Cette situation qui met en danger la vie de ces enfants, a été […]
La mode ne se limite plus à une simple affaire de goût ou d’élégance : elle est devenue, pour de nombreux jeunes, un puissant outil d’affirmation de soi. À Bukavu, comme dans d’autres villes africaines, un phénomène se dessine avec force : des jeunes qui […]
Environ 40 journalistes, enfants journalistes du RJAE et enfants reporters de l’UNICEF, s’engagent à contribuer aux efforts visant l’amélioration de la couverture vaccinale en RDC. Ils l’ont dit ce mercredi 30 août 2023, à l’issue d’une formation organisée à Bukavu au Sud-Kivu, par le Programme […]
Chaque année, des millions d’enfants sont protégés grâce aux vaccins contre des maladies graves comme la rougeole, la polio ou la coqueluche. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, vacciner un enfant reste un combat. Manque d’information, rumeurs, résistances culturelles : les obstacles sont nombreux […]
Une fille âgée de 7 ans a été victime d’une agression sexuelle, dans le quartier Cikera, commune de Bagira, en ville Bukavu, dans la province du Sud-Kivu ce lundi 25 août 2025. D’après une source locale, l’auteur présumé est un homme d’environ 43 ans, accusé […]
Une fille âgée de 7 ans a été victime d’une agression sexuelle, dans le quartier Cikera, commune de Bagira, en ville Bukavu, dans la province du Sud-Kivu ce lundi 25 août 2025.
D’après une source locale, l’auteur présumé est un homme d’environ 43 ans, accusé d’avoir introduit ses doigts dans les parties intimes de la victime. Alertés, plusieurs habitants du quartier ont tenté d’interpeller l’agresseur, mais ce dernier a pris la fuite et reste introuvable.
Cet acte a suscité une vive indignation dans la communauté. Des organisations féminines, des défenseurs des droits humains et des habitants condamnent fermement cet acte et appellent à l’ouverture rapide d’une enquête judiciaire afin que justice soit faite.
Ce fait relance les inquiétudes sur la sécurité et la protection des enfants à Bukavu.
Lucien Cubaka volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
À l’occasion de la Journée mondiale des lacs célébrée ce 27 août, l’attention se porte sur les grands lacs de l’est de la République démocratique du Congo. Du Kivu au Tanganyika, ces étendues d’eau sont bien plus que des paysages : elles représentent des sources […]
À l’occasion de la Journée mondiale des lacs célébrée ce 27 août, l’attention se porte sur les grands lacs de l’est de la République démocratique du Congo. Du Kivu au Tanganyika, ces étendues d’eau sont bien plus que des paysages : elles représentent des sources vitales, des réservoirs de biodiversité et un héritage naturel que la jeunesse congolaise cherche à protéger.
À Bukavu, le lac Kivu souffre visiblement de la pollution. Déchets plastiques, eaux usées, exploitation anarchique… les menaces s’accumulent. « Nous vivons à côté du lac, mais nous le détruisons chaque jour », regrette Grâce, étudiante à l’ISP Bukavu. Cette situation n’épargne pas d’autres lacs de la région, exposés à des pratiques qui compromettent leur équilibre écologique.
Face à cette dégradation, des initiatives citoyennes émergent. À Goma, des clubs environnementaux organisent des opérations de nettoyage le long du lac. À Uvira, de jeunes pêcheurs mènent des campagnes de sensibilisation pour encourager la pêche durable sur le lac Tanganyika. « Si nous ne faisons rien, ce sont nos enfants qui n’auront plus d’eau propre », alerte Michel, 19 ans, engagé dans un collectif local.
La Journée mondiale des lacs rappelle l’importance de l’eau douce, ressource limitée et menacée. L’implication des jeunes apparaît comme un levier essentiel pour renforcer la protection de ces milieux aquatiques. Par des gestes concrets, ils démontrent que la mobilisation pour l’environnement ne dépend pas uniquement des moyens, mais aussi de la volonté.
Préserver les lacs, c’est préserver l’avenir. En ce 27 août, la jeunesse congolaise envoie un message clair : il est temps d’agir.
Gloria Bakulikira volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
La planète célèbre ce 27 août la Journée mondiale des lacs, une date récemment inscrite au calendrier des Nations Unies afin de rappeler l’importance écologique, économique et sociale de ces étendues d’eau douce. Cette journée trouve son origine dans la première Conférence mondiale sur les […]
La planète célèbre ce 27 août la Journée mondiale des lacs, une date récemment inscrite au calendrier des Nations Unies afin de rappeler l’importance écologique, économique et sociale de ces étendues d’eau douce. Cette journée trouve son origine dans la première Conférence mondiale sur les lacs, ouverte le 27 août 1984 au Japon, sur les rives du lac Biwa. Quarante ans plus tard, l’Assemblée générale de l’ONU a décidé de retenir cette date pour sensibiliser les communautés à une gestion durable des lacs et de leurs bassins versants. La première célébration officielle a lieu en 2025.
Au Sud-Kivu, cette journée prend une dimension particulière en raison de la place que tient le lac Kivu dans la vie quotidienne des populations. Source d’eau, de nourriture, de transport et d’activités économiques, il est aussi menacé par la pollution, l’ensablement et la pression démographique sur ses rives. Dans le territoire de Kabare, comme ailleurs, la déforestation et l’agriculture mal maîtrisée favorisent l’érosion des sols, qui se déversent dans le lac et en altèrent la qualité.
C’est dans ce contexte que l’environnementaliste Maisha Zihalirwa Émile a livré un message fort ce mercredi 27 août 2025, lors d’un entretien accordé à un correspondant de Watoto News. Selon lui, la jeunesse doit être placée au centre des efforts de protection du lac Kivu et de la forêt du Parc National de Kahuzi-Biega, un patrimoine naturel classé à l’UNESCO qui joue un rôle essentiel dans la régulation du climat et la protection des sources d’eau.
« Nous n’avons plus le luxe d’attendre. J’invite tous les jeunes de Kabare à consacrer ne serait-ce qu’une heure par semaine au ramassage des déchets sur les rives, à la surveillance communautaire des décharges sauvages et au signalement des pollutions. Chaque geste, aussi petit soit-il, protège le lac Kivu et renforce la résilience de nos communautés », a déclaré Maisha Zihalirwa Émile.
Pour lui, la protection du lac ne peut être dissociée de celle de la forêt du Kahuzi-Biega. « Protéger le lac Kivu commence dans la forêt. Engageons-nous à replanter et à protéger les arbres. Sans forêt, nos collines s’effondrent dans le lac ; avec la forêt, nous sauvons l’eau, la biodiversité et l’avenir économique du Sud-Kivu », a-t-il insisté.
Selon lui, au-delà des discours, plusieurs initiatives locales sont à envisager : organisation de journées de nettoyage des rives, sensibilisation des écoliers, actions de reboisement dans et autour du parc, adoption de pratiques agricoles qui limitent l’érosion et participation à des clubs environnementaux. Pour de nombreux observateurs, ces gestes simples mais réguliers peuvent avoir un impact significatif sur la préservation du lac et de son écosystème.
En ce 27 août, la Journée mondiale des lacs devient donc bien plus qu’une commémoration internationale : elle sonne comme un rappel urgent pour les habitants du Sud-Kivu. Le lac Kivu et la forêt du Kahuzi-Biega ne sont pas seulement des richesses naturelles, ils constituent un héritage vital pour les générations présentes et futures.
Pascal Marhegane Ki-Moon, volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu
Le Groupe Jérémie a organisé, ce mardi 27 août 2025, une journée de réflexion à Kavumu, dans le groupement de Bugorhe (territoire de Kabare), autour des pratiques néfastes visant les enfants, ainsi que les stratégies pour y faire face. Cette activité s’inscrit dans le cadre […]
Le Groupe Jérémie a organisé, ce mardi 27 août 2025, une journée de réflexion à Kavumu, dans le groupement de Bugorhe (territoire de Kabare), autour des pratiques néfastes visant les enfants, ainsi que les stratégies pour y faire face.
Cette activité s’inscrit dans le cadre du Projet d’appui au renforcement de la création d’un environnement protecteur de l’enfant,notamment dans la lutte contre la maltraitance et les abus sexuels.
Une trentaine de participants acteurs éducatifs, chefs coutumiers et leaders communautaires ont pris part à cette séance, profitant de l’occasion pour analyser les causes, manifestations et conséquences de ces pratiques, ainsi que les pistes pour les combattre.
Pour Me Benjamin Muganda Mukenge, facilitateur de la journée, cette activité a été enrichissante. Selon lui, l’intérêt manifesté par les participants montre un réel besoin d’espaces de réflexion sur les défis que traverse l’Est de la RDC, défis qui impactent fortement l’application des textes de protection des droits de l’enfant.
Il recommande à ses partenaires de multiplier les séances de sensibilisation sur ces questions dans les milieux locaux.
À l’issue de cette journée, les participants se sont engagés à restituer les acquis dans leurs communautés respectives et à élargir la sensibilisation au sein de la population.
Zachée Zawadi volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
Des jeunes journalistes de Bukavu ont participé à un atelier de deux jours sur le journalisme sensible aux conflits et l’éducation aux médias. La formation a été facilitée par la formatrice Celia Haro, conseillère internationale au sein du programme du Service civil pour la paix […]
Des jeunes journalistes de Bukavu ont participé à un atelier de deux jours sur le journalisme sensible aux conflits et l’éducation aux médias.
La formation a été facilitée par la formatrice Celia Haro, conseillère internationale au sein du programme du Service civil pour la paix de la GIZ dans la region des grands lacs. Pendant cette formation, les journalistes ont partagé leurs expériences sur la situation de la désinformation dans leurs zones et amélioré leurs connaissances sur comment détecter les fake news sur la toile et l’importance de l’éducation au média à l’heure du numérique.
Selon Celia, au delà d’oeuvrer pour une information crédible qui cotnribue à la cohesion sociale, les journalistes sont des ambassadeurs de l’information, soulignant qu’ils ont aussi la mission de lutter contre les fausses informations, très nombreuses aujourd’hui sur les réseaux sociaux et dans d’autres médias. Les journalistes formés en majorité des jeunes se sont engagés à être actifs sur les réseaux sociaux, afin d’y contrer les fake news qui piègent souvent de nombreux jeunes.
Ils ont également promis de produire des informations non conflictuelles, afin d’aider les internautes à mieux comprendre les faits et à trouver des sources fiables.
Au dela des journalistes la formation a connu la participation des délégués de RAPI et APC, partenaire de mise en oeuvre de la GIZ. Deux autres formateurs ont également contribué aux reflexions dans cet atelier : Mr Ernest Muhero et Jean Kamengele Omba en vue de s’inspirer de cette formation dans leurs approches de formation sur le journalisme sensible au conflit et l’éducation aux médias.
Tenue du 25 au 26 août, Cette formation était un préambule avant d’autres sessions prévues dans d’autres parties du Sud-Kivu.
Moïse Agawam, volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
À quelques jours de la rentrée scolaire prévue pour le 1er septembre 2025, le Complexe Scolaire Polaris annonce être prêt à accueillir les élèves du niveau maternel, primaire et secondaire dans la commune de Mahagi, au quartier Agwel, sur l’avenue Kimia, à proximité de l’état-major […]
À quelques jours de la rentrée scolaire prévue pour le 1er septembre 2025, le Complexe Scolaire Polaris annonce être prêt à accueillir les élèves du niveau maternel, primaire et secondaire dans la commune de Mahagi, au quartier Agwel, sur l’avenue Kimia, à proximité de l’état-major de la Police nationale congolaise.
Fondée par Innocent Wabekudu Ukungo, cette école privée propose un encadrement scolaire de la maternelle au secondaire. L’établissement met l’accent sur la discipline et la qualité de l’enseignement comme principes éducatifs.
Selon les responsables de l’école, le cadre d’apprentissage est sécurisé et l’équipe pédagogique mobilisée en vue d’assurer une rentrée dans de bonnes conditions. Le projet éducatif s’inscrit dans une dynamique de formation intégrant rigueur et encadrement, en cohérence avec les recommandations nationales en matière d’éducation.
Le Complexe Scolaire Polaris fait partie des établissements scolaires opérant dans la province éducationnelle Ituri 3, qui compte à ce jour plus de 900 écoles.
Samuel Munguromo et Jean Maurice Udaga volontaires pour les enfants et les jeunes à watoto News
En République Démocratique du Congo, posséder une carte d’électeur équivaut à posséder une identité. Dans la rue, à la banque ou pour voyager, c’est ce document électoral qui fait office de carte nationale d’identité. Pourtant, il est prévu pour une durée de cinq ans et […]
En République Démocratique du Congo, posséder une carte d’électeur équivaut à posséder une identité. Dans la rue, à la banque ou pour voyager, c’est ce document électoral qui fait office de carte nationale d’identité. Pourtant, il est prévu pour une durée de cinq ans et n’a pas été conçu pour un usage quotidien. Beaucoup de cartes s’effacent avec le temps, se perdent ou deviennent tout simplement inutilisables.
Joseph Kulondwa, 25 ans, étudiant à l’ISP Bukavu, témoigne de sa frustration :
« Ma carte s’est effacée avec le temps. Depuis, j’éprouve des difficultés pour mes déplacements vers d’autres villes ou pour aller au village, faute de pièce d’identité. La carte est devenue illisible et cela met en doute mon identité. »
Un constat que partage Nicole NSIMIRE, 21 ans, tailleuse dans le quartier Nkafu situé dans la commune de kadutu, ville de Bukavu.
« On m’a volé ma carte, et cela fait déjà dix mois. Depuis, je cherche un endroit où obtenir même un duplicata, mais je n’y arrive pas. J’ai fini par abandonner. »
Face à ces difficultés, certains se tournent vers le passeport, présenté comme une alternative. Mais là encore, le parcours est semé d’embûches : un coût jugé excessif, des démarches administratives complexes et des délais d’obtention souvent imprévisibles. Beaucoup de jeunes n’y accèdent jamais et se retrouvent bloqués dans la plupart des cas.
Jean-Paul AMBIKA, 25 ans, vendeur des accessoires téléphone sur l’avenue HPGR dans la commune de KADUTU, ville de Bukavu garde un souvenir amer :
« Je voulais accompagner mon frère malade à l’étranger pour des soins, mais sans passeport, je n’ai pas pu.C’était très douloureux.»
Ce blocage identitaire ne concerne pas uniquement les voyages. Il prive aussi d’opportunités professionnelles et financières. Jackson Murhula, 24 ans, jeunes diplômés en informatique à l’ISP Bukavu confie :
« J’ai raté une offre d’emploi parce qu’on exigeait une carte valide. Comment avancer dans la vie quand tu n’as aucun moyen de prouver qui tu es ? »
Au-delà de simples documents, c’est tout un système d’identification qui montre ses limites.
Les jeunes Congolais se retrouvent enfermés dans une réalité où prouver son existence devient un combat quotidien. Cette situation soulève une question de fond : la reconnaissance administrative n’est-elle pas un droit essentiel qui devrait être garanti à chaque citoyen ?
Gabriel Cubaka, volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu
Un atelier de formation à l’entrepreneuriat a été lancé ce mardi 26 août 2025 à Baraka. Organisé par le Conseil Urbain de la Jeunesse, il vise à outiller plus de 30 jeunes entrepreneurs afin de favoriser leur autonomie par le développement de projets innovants. La […]
Un atelier de formation à l’entrepreneuriat a été lancé ce mardi 26 août 2025 à Baraka. Organisé par le Conseil Urbain de la Jeunesse, il vise à outiller plus de 30 jeunes entrepreneurs afin de favoriser leur autonomie par le développement de projets innovants.
La formation se déroule dans la salle polyvalente de la jeunesse, située à Baraka-Centre, et s’étendra sur trois jours consécutifs.
Dès la première journée, le facilitateur, Lusambya Lokendo Moïse doctorant en entrepreneuriat, a exposé les bases de la création, du lancement et de la gestion d’un projet. Il a insisté sur l’importance de doter les jeunes des compétences nécessaires pour répondre au défi du chômage.
« Cette formation est essentielle pour aider les jeunes à concevoir des projets entrepreneuriaux. Beaucoup sont sans emploi, non pas par manque de volonté, mais faute de compétences et de soutien. J’encourage vivement les jeunes de Baraka à saisir ce type d’opportunité, car c’est dans ce genre de cadre que l’on accède à des informations utiles, à des financements, et parfois à un véritable tremplin », a-t-il déclaré.
De son côté, Maître Degaul Malembe, président du Conseil Urbain de la Jeunesse, s’est réjoui du bon démarrage de la formation.
« Je suis satisfait de la qualité du contenu transmis aux jeunes. Si ces derniers appliquent les enseignements reçus, cette formation pourra véritablement changer leur parcours », a-t-il affirmé.
À noter que la deuxième journée de l’atelier sera consacrée à des témoignages de jeunes entrepreneurs déjà actifs, et la troisième comprendra des visites de terrain dans des lieux d’activités entrepreneuriales locales.
Famure Faradja volontaire pour les enfants et les jeunes à Baraka
À Bukavu, comme ailleurs dans l’Est de la RDC, les effets du dérèglement climatique ne se limitent pas à l’environnement. Ils touchent aussi les couches les plus vulnérables de la population, en particulier les enfants. Montées des eaux, glissements de terrain, vagues de chaleur, insécurité […]
À Bukavu, comme ailleurs dans l’Est de la RDC, les effets du dérèglement climatique ne se limitent pas à l’environnement. Ils touchent aussi les couches les plus vulnérables de la population, en particulier les enfants. Montées des eaux, glissements de terrain, vagues de chaleur, insécurité alimentaire… autant de phénomènes climatiques qui compromettent directement les droits fondamentaux des enfants : santé, éducation, protection, logement, alimentation, et même la dignité humaine. Face à cette situation alarmante, les enfants eux-mêmes témoignent de leur réalité quotidienne.
Gracia Masumbuko, 12 ans, Panzi « Quand il pleut beaucoup, l’eau entre dans notre maison. On doit sortir, même la nuit. J’ai raté plusieurs jours d’école parce qu’on a perdu nos cahiers. »
Patrick Akonkwa, 14 ans, Kadutu « Notre école a été endommagée par un glissement de terrain. Bientôt la rentrée scolaire, c’est dur.»
Zawadi Wabenga, 10 ans, Bunyakiri « Depuis que la pluie a emporté notre maison, je vis chez ma tante. Ma mère m’a dit qu’elle n’a pas de moyens pour étudier.»
Point de vue du spécialiste
Daniel Musafiri explique que les dérèglements climatiques aggravent les inégalités sociales existantes et menacent directement plusieurs droits reconnus par la Convention relative aux droits de l’enfant. Le droit à un logement décent, à l’eau potable, à l’éducation et à la santé est de plus en plus compromis. « Les enfants sont les premières victimes car ils sont physiquement, psychologiquement et socialement vulnérables. »
Impacts visibles sur la vie quotidienne des enfants
Parmi les effets les plus observables, il cite l’interruption de la scolarité due à la destruction d’écoles, la dégradation de l’alimentation à cause des sécheresses ou inondations qui affectent la production agricole, l’apparition de maladies respiratoires dues à la poussière ou à l’humidité, et les déplacements forcés de familles entières.
Enfants déplacés à cause des catastrophes
Musafiri affirme avoir documenté plusieurs cas de familles déplacées suite aux glissements de terrain sur les collines de Bukavu. « Certains enfants vivent dans des écoles transformées temporairement en abris, sans accès à des services de base. Leur avenir est incertain », témoigne-t-il.
Santé et éducation
Daniel recommande une approche multisectorielle : renforcer la résilience des écoles, créer des refuges sûrs pour les enfants déplacés, former les enseignants sur l’éducation environnementale, et surtout, impliquer les enfants eux-mêmes dans la sensibilisation. «Les communautés doivent aussi être mobilisées, car elles sont les premières à répondre en cas de crise.»
Catégories d’enfants les plus exposées
Les enfants des quartiers précaires (Kadutu, Nyamugo, Karhale), ceux vivant en situation de rue et les orphelins sont les plus exposés. «Ces enfants n’ont ni filet de sécurité ni recours en cas de catastrophe. Ils deviennent invisibles pour les politiques publiques.»
Le dérèglement climatique est un révélateur brutal des failles de nos systèmes de protection. À Bukavu, les enfants sont en première ligne : délogés, déscolarisés, malades, oubliés. Ce constat impose un changement radical de perspective. Il faut désormais penser la protection de l’enfance en intégrant la question climatique. Agir, c’est reconnaître l’urgence de protéger les plus vulnérables. C’est garantir aux enfants non seulement un avenir, mais un présent digne et sécurisé.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
Dans le groupement d’izege, territoire de Walungu, la situation des enfants déplacés par les conflits armés devient de plus en plus alarmante. Certains d’entre eux montrent déjà des signes visibles de malnutrition, faute d’une alimentation suffisante et régulière. Murhula Buhendwa Eustache, élève en 3e primaire […]
Dans le groupement d’izege, territoire de Walungu, la situation des enfants déplacés par les conflits armés devient de plus en plus alarmante. Certains d’entre eux montrent déjà des signes visibles de malnutrition, faute d’une alimentation suffisante et régulière.
Murhula Buhendwa Eustache, élève en 3e primaire à l’EP Cagala, témoigne :
« Je ne mange qu’une seule fois par jour, le soir. Le matin, je reste sans rien et je n’ai même plus l’espoir de manger. »
De son côté, Kulondwa Baganda Jean, secrétaire du groupement d’Izègue, lance un appel pressant :
« Nous demandons aux humanitaires et aux personnes de bonne volonté d’apporter une assistance urgente à ces enfants déplacés. Les autorités, elles, doivent tout faire pour ramener la paix afin que ces enfants puissent retourner dans leurs familles. »
Il faut également signaler que plusieurs enfants déplacés sont portés disparus ou séparés de leurs proches. Certains sont actuellement hébergés par l’association Vision Espoir de Mudusa/Walungu, qui tente tant bien que mal de leur offrir un minimum de soutien.
Fiston Aganze volontaire pour les enfants et les jeunes à Walungu