
Pour la première fois en République démocratique du Congo, les élèves finalistes ont passé une épreuve d’oral d’anglais à l’Examen d’État. Dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, cette innovation a été vécue avec un mélange de sérieux, de pression et de prise de conscience, même si les élèves affirment avoir été préparés.
Contrairement aux rumeurs de surprise ou d’improvisation, plusieurs finalistes expliquent qu’ils savaient que cette épreuve allait compter. Toutefois, dans un système scolaire dominé par le français, la langue officielle d’enseignement, l’anglais reste souvent perçu comme une matière secondaire, parfois même prise à la légère.
« On était préparés, on savait que ça allait compter à l’examen », explique Prisca Zihalirwa élève finaliste à l’institut Matumaini en groupement de Miti. « Mais dans notre tête, l’anglais restait quelque chose de moins important que les autres branches, parce qu’on utilise surtout le français. »
Une épreuve perçue comme sérieuse mais exigeante
L’introduction de l’oral d’anglais a ainsi surpris moins par son existence que par son niveau d’exigence. Les élèves reconnaissent qu’il ne s’agissait plus seulement d’apprendre des règles grammaticales, mais de s’exprimer réellement à l’oral, devant les examinateurs.
« C’était sérieux. On ne pouvait pas juste mémoriser comme d’habitude », témoigne une autre candidate. « Il fallait parler, comprendre, répondre vite. Ça nous a poussés à réfléchir autrement. »
Dans plusieurs centres de passation, les finalistes affirment avoir ressenti une certaine pression, mais aussi une motivation nouvelle à valoriser la langue anglaise.
Une réforme qui vise à renforcer les compétences pratiques
Selon des acteurs du secteur éducatif, cette innovation s’inscrit dans une dynamique de modernisation de l’enseignement en RDC. L’objectif est de renforcer les compétences pratiques des élèves, notamment en anglais, devenu une langue incontournable dans l’enseignement supérieur, les échanges internationaux et le marché du travail.
Dans un contexte où le français reste la langue principale d’apprentissage, l’anglais est souvent limité à une approche théorique. L’introduction de l’oral vise donc à corriger ce déséquilibre en évaluant la capacité réelle des élèves à communiquer.
Cette réforme découle également d’un constat partagé : de nombreux diplômés présentent des lacunes importantes en expression orale en langues étrangères, malgré des résultats satisfaisants à l’écrit.
A Kabare tout comme partout en RDC cette première expérience serait globalement perçue comme un test utile, malgré les difficultés. Les élèves reconnaissent que l’épreuve les a obligés à changer leur perception de l’anglais.
« On a compris que ce n’est plus seulement pour avoir des points à l’école », confie Ciza nyamwiza ,candidat rencontré au centre Maendeleo ,« L’anglais, maintenant, c’est aussi parler et s’exprimer. »conclut-il
Yseult LWANGO,volontaire pour les enfants et les jeunes.
