POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES
Au Sud-Kivu, il a actuellement des milliers d’enfants zéro dose, c’est-à-dire qui ne se sont jamais fait vacciner, et d’autres sous-vaccinés, c’est-à-dire qu’ils ont manqué plusieurs doses prévues dans le calendrier vaccinal. Cette situation qui met en danger la vie de ces enfants, a été […]
La mode ne se limite plus à une simple affaire de goût ou d’élégance : elle est devenue, pour de nombreux jeunes, un puissant outil d’affirmation de soi. À Bukavu, comme dans d’autres villes africaines, un phénomène se dessine avec force : des jeunes qui […]
Environ 40 journalistes, enfants journalistes du RJAE et enfants reporters de l’UNICEF, s’engagent à contribuer aux efforts visant l’amélioration de la couverture vaccinale en RDC. Ils l’ont dit ce mercredi 30 août 2023, à l’issue d’une formation organisée à Bukavu au Sud-Kivu, par le Programme […]
Chaque année, des millions d’enfants sont protégés grâce aux vaccins contre des maladies graves comme la rougeole, la polio ou la coqueluche. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, vacciner un enfant reste un combat. Manque d’information, rumeurs, résistances culturelles : les obstacles sont nombreux […]
Chaque jour, dans les rues de Bukavu, de nombreux enfants, parfois âgés de moins de 15 ans, parcourent les quartiers avec des sacs de braises sur le dos, cherchant à les vendre. Ces enfants viennent majoritairement du territoire de Kabare, situé à quelques kilomètres de […]
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Chaque jour, dans les rues de Bukavu, de nombreux enfants, parfois âgés de moins de 15 ans, parcourent les quartiers avec des sacs de braises sur le dos, cherchant à les vendre. Ces enfants viennent majoritairement du territoire de Kabare, situé à quelques kilomètres de la ville. Cette activité, souvent perçue comme anodine ou traditionnelle, soulève pourtant de vives préoccupations en matière de droits de l’enfant.
Selon l’article 32 de la Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies en 1989 :
« Les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social. »
Or, la vente de braises par ces enfants se fait souvent au détriment de leur éducation. Beaucoup manquent l’école ou abandonnent complètement le système scolaire pour aider à subvenir aux besoins de leur famille. Exposés aux risques de violence, d’exploitation, ou encore aux accidents de la route, ces enfants évoluent dans un environnement peu sûr, sans accompagnement ni protection adéquate.

Sifa, un enfant de 13 ans rencontré au quartier Mulambula, avenue Cirhambi, commune de Bagira, témoigne : « Chaque matin, maman me réveille afin qu’on puisse partir dans la ville de Bukavu pour aller vendre les braises. Je n’ai pas eu la chance d’aller à l’école par manque de frais scolaires. Je me rends à Bukavu trois fois par semaine et mon petit sac de braises, je le vends à 5 000 FC. »
Le droit à l’éducation (article 28 de la Convention relative aux droits de l’enfant) et le droit au repos et aux loisirs (article 31) sont également bafoués. En travaillant parfois du matin jusqu’au soir, ces enfants n’ont ni le temps ni les conditions nécessaires pour apprendre, jouer ou se reposer, comme tout enfant devrait pouvoir le faire.
Sostene Aksanti, coordonnateur adjoint du groupe Français plus (GF+), s’est confié à Watoto News :
« Si les réalités économiques poussent certaines familles à envoyer leurs enfants en ville pour vendre, il revient à l’État congolais, aux autorités locales et aux acteurs sociaux de mettre en place des mesures concrètes de protection : accès gratuit et obligatoire à l’école pour tous les enfants, sensibilisation des familles aux droits de l’enfant, renforcement des services sociaux dans les territoires comme Kabare pour lutter contre la pauvreté des ménages qui favorise le travail des enfants. »
La vente de braises par les enfants de Kabare à Bukavu n’est pas seulement un phénomène économique; c’est aussi une question de droits fondamentaux. Il est urgent de rappeler que chaque enfant a droit à une enfance protégée, éduquée et épanouie. La mise en œuvre effective de la Convention relative aux droits de l’enfant en RDC passe par la reconnaissance et la suppression progressive de ces formes d’exploitation économique déguisé.
Jean de Dieu Akonkwa Volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
Tandis que le monde célèbre la Journée mondiale de l’environnement ce 5 juin 2025, sous le thème « Combattre la pollution plastique », le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, vibre au rythme de défis environnementaux majeurs, accentués par une situation sécuritaire instable. Dans ce territoire […]
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Tandis que le monde célèbre la Journée mondiale de l’environnement ce 5 juin 2025, sous le thème « Combattre la pollution plastique », le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, vibre au rythme de défis environnementaux majeurs, accentués par une situation sécuritaire instable. Dans ce territoire à la beauté naturelle exceptionnelle, les enfants sont à la fois victimes de la dégradation environnementale et porteurs d’espoir pour un avenir durable.
Un environnement en détresse
La forêt du Parc National de Kahuzi-Biega, classée patrimoine mondial de l’UNESCO, continue de subir une déforestation massive. Les coupes illégales pour le bois de chauffage, les braises et l’exploitation minière artisanale rongent peu à peu ce sanctuaire écologique, abritant des espèces rares comme le gorille de montagne.
« Nous assistons impuissamment à la disparition de notre patrimoine mondial, le PNKB. Chaque jour, des hectares de forêts sont détruits. C’est une perte,… et les générations futures ne nous pardonneront pas! », déplore un écologiste local.
Les enfants, ces oubliés des politiques environnementales
Pourtant, ce sont les enfants qui paient souvent le plus lourd tribut de cette crise. À Cirunga, des dizaines de jeunes garçons travaillent dans des carrières de pierres, sans protection, exposés à des risques sanitaires et à l’abandon scolaire. À Luhihi, des enfants sont employés dans l’extraction artisanale de l’or, dans des conditions proches de l’esclavage.
« C’est inacceptable. Comment peut-on rêver d’un avenir durable quand les enfants qui devraient être à l’école brisent des pierres ou creusent la terre dans des conditions inhumaines ? Pire encore, nous assistons à la pollution massive du lac Kivu par des bouteilles plastiques, des sachets, des canettes jetées sans contrôle. Cela menace la biodiversité aquatique et la santé des riverains », s’indigne Maître Innocent Nyakura, défenseur de l’environnement et des droits humains à Kabare.
Des graines d’espoir : impliquer les enfants autrement
Malgré ce tableau sombre, des initiatives locales émergent pour impliquer les enfants dans la protection de l’environnement. L’AEDD, en collaboration avec des écoles primaires et secondaires de Kabare, mène des activités de reboisement, de sensibilisation dans les milieux scolaires et des clubs verts où les jeunes sont formés à l’écocitoyenneté.
« À l’occasion de cette Journée mondiale de l’environnement, je tiens à rappeler que nous ne pouvons pas nous arrêter aux seules écoles. Les enfants doivent être impliqués aussi dans les familles, les quartiers, les communautés. L’environnement ne se protège pas seulement en salle de classe, il se défend sur le terrain, dans nos gestes quotidiens », déclare Bienfait Mucindi, chargé de projet en éducation environnementale à l’Action pour l’Environnement et le Développement Durable (AEDD).
Dans le cadre de la campagne mondiale contre la pollution plastique, certaines écoles de Kabare participent également à des actions de nettoyage des cours d’eau, de collecte des déchets plastiques et de sensibilisation à la réduction des emballages jetables, impliquant directement les enfants.
« Les enfants sont les premières victimes des dérèglements écologiques, mais aussi les plus réceptifs aux solutions durables. Nous devons investir dans leur éducation environnementale pour espérer un changement à long terme. Malheureusement, l’abattage des arbres en désordre, sans plan de reboisement, et la non-implication des populations locales dans la lutte contre la dégradation de l’environnement aggravent la situation. Sans une action collective et inclusive, nos efforts resteront insuffisants », alerte Germain Basengere, chercheur au département de l’environnement au Centre de Recherche en Sciences Naturelles de Lwiro.
Un appel à la conscience collective
En ce 5 juin, le message est clair : la protection de l’environnement n’est pas qu’un combat des adultes. Les enfants de Kabare ont le droit à un environnement sain, mais ils peuvent aussi devenir les gardiens de la nature. Encore faut-il qu’on leur en donne les moyens : l’éducation, la sécurité et la dignité.
« La Journée mondiale de l’environnement ne devrait pas être une simple formalité. Elle doit nous pousser à une introspection collective. À Kabare, nous devons nous lever ensemble, communauté, autorités, parents, pour dire non à la déforestation, non à l’exploitation des enfants, non à la pollution du lac Kivu, et oui à une jeunesse actrice du changement », conclut Maître Innocent Nyakura.
Car il ne s’agit plus seulement de célébrer la nature. Il est temps de la défendre. Avec, et pour, les enfants.
Pascal Marhegane Ki-Moon, Volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
Depuis la fin de la matinée de ce mercredi 4 juin, un mouvement inhabituel a été observé dans le centre commercial de Katana, dans la partie nord du territoire de Kabare, province du Sud-Kivu. Aux environs de 12 heures passées, des crépitements de balles ont […]
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Depuis la fin de la matinée de ce mercredi 4 juin, un mouvement inhabituel a été observé dans le centre commercial de Katana, dans la partie nord du territoire de Kabare, province du Sud-Kivu.
Aux environs de 12 heures passées, des crépitements de balles ont été entendus, ce qui a empêché les finalistes revenant de la session préliminaire de l’examen d’État, ainsi que d’autres élèves et écoliers, notamment ceux provenant de la partie Est du centre de Katana, à savoir Mwanda, Fomulac et Mugeri, de rentrer chez eux.
Cette situation a plongé les parents dans une grande panique, ces derniers se demandant comment retrouver leurs enfants partis depuis le matin, surtout les plus jeunes de l’école primaire et maternelle.
Cette période sensible risque de mettre les enfants en difficulté, car elle coïncide avec les examens du dernier semestre et les sessions préliminaires pour les finalistes.
Par ailleurs, les habitants, parents et enseignants sont appelés à faire preuve de vigilance afin de mieux communiquer sur le dispositif sécuritaire favorable aux enfants, aussi bien lorsqu’ils partent à l’école qu’au moment de leur retour à la maison.
Lucien Cubaka, volontaire pour les enfants et les jeunes
En période de conflit, surtout un conflit armé, la priorité semble souvent être la survie. Pourtant, au milieu des destructions visibles, un autre danger grandit plus discrètement : la dégradation de l’environnement. Forêts incendiées, rivières polluées, terres agricoles abandonnées ou contaminées… La nature est aussi […]
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En période de conflit, surtout un conflit armé, la priorité semble souvent être la survie. Pourtant, au milieu des destructions visibles, un autre danger grandit plus discrètement : la dégradation de l’environnement. Forêts incendiées, rivières polluées, terres agricoles abandonnées ou contaminées… La nature est aussi victime des guerres, et ce sont les enfants et les jeunes qui en hériteront les conséquences.
« On nous a appris à l’école que la guerre détruit tout, même ce que nous ne voyons pas tout de suite. La terre, les arbres, les animaux… c’est aussi notre avenir qui est en danger », confie Josué Ayagirwe, 13 ans, élève à l’Institut Maendeleo, une structure éducative située à Miti Centre, dans le territoire de Kabare, au nord du chef-lieu de la province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC.
Les jeunes, acteurs de la protection même en période de crise
Beaucoup estiment que les adolescents n’ont pas leur place dans ce type de lutte. Pourtant, un nombre croissant de jeunes s’organisent pour mener des actions locales, concrètes, destinées à limiter les dégâts environnementaux liés aux conflits.
« Malgré la crise, tant économique, sociale que sécuritaire, qui sévit dans notre entité, nous n’avons pas baissé les bras pour poursuivre la noble cause qui nous est confiée : celle de protéger notre environnement. Nous nous mobilisons pour effectuer les travaux communautaires chaque samedi », renseigne un jeune leader approché par Watoto News en territoire de Kabare.
Sensibiliser pour responsabiliser

La sensibilisation des enfants et des jeunes constitue une étape essentielle. Elle leur permet de comprendre que, même en temps de guerre, l’environnement demeure un bien commun précieux. Des éducateurs et des groupes comiques utilisent parfois des outils simples mais efficaces, comme les pièces théâtrales ou les jeux, pour éveiller les consciences et transmettre une culture du respect de la nature.
À Kabare-Nord, le groupe comique “Mazingira Comédie” oriente régulièrement ses sketchs vers des thématiques environnementales.
« Un enfant qui comprend aujourd’hui l’importance d’un arbre sera un adulte qui ne le coupera pas inutilement demain. D’où la nécessité d’agir en toute urgence pour l’éducation des enfants en matière environnementale », indique Germain Basengere, chercheur en environnement au sein du Centre de Recherche en Sciences Naturelles (CRSN) de Lwiro, lors d’une interview exclusive accordée à Watoto News.
« Certes, les jeunes ne peuvent pas empêcher les bombes de tomber ni les industries polluantes de s’installer dans leur village. Mais en s’appropriant la lutte environnementale, ils deviennent les gardiens de la vie, même en pleine crise », souligne ce scientifique.
L’urgence d’agir, même à petite échelle
En temps de conflits armés, il est tentant de croire que chaque effort est vain. Pourtant, enseigner aux enfants à respecter leur environnement, même dans le chaos, c’est leur offrir une forme d’espoir. Car un enfant qui plante un arbre aujourd’hui croit encore en un lendemain.
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare
Dans le cadre du projet PACT « Non aux VBG/HS/EAS », les membres d’Action Santé asbl/RDC du bureau du Kasaï Oriental, en partenariat avec le mouvement d’action des jeunes (MAJ), ont participé à une formation axée sur la lutte contre le VIH/SIDA en situation de […]
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Dans le cadre du projet PACT « Non aux VBG/HS/EAS », les membres d’Action Santé asbl/RDC du bureau du Kasaï Oriental, en partenariat avec le mouvement d’action des jeunes (MAJ), ont participé à une formation axée sur la lutte contre le VIH/SIDA en situation de vulnérabilité.
Cette session, coordonnée par le Dr Placide Kayombo et facilitée par l’ABEF-ND, visait à renforcer les capacités des Organisations de la Société Civile pour une sensibilisation efficace, intégrant prévention, protection et lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).

Pendant cinq jours, les participants ont été formés sur les modes de transmission du VIH, l’identification des groupes à risque et les moyens de prévention adaptés aux contextes locaux. Un accent particulier a été mis sur le rôle de la jeunesse, souvent à la fois cible et actrice incontournable dans la lutte contre la pandémie.
« Avant cette formation, je n’avais pas une vision claire de la manière dont les violences sexuelles peuvent accroître la vulnérabilité au VIH. Aujourd’hui, je comprends mieux les liens entre santé sexuelle, droits et prévention du VIH », confie Judith K., membre d’une OSC féminine du quartier Bipemba.
Pour les jeunes du MAJ, cette formation a été un déclic. « Nous sommes désormais mieux préparés pour aller dans les écoles, les quartiers et les zones rurales afin d’informer notre communauté sur les risques liés au VIH, mais aussi pour briser le silence autour des violences sexuelles », affirme Arnaud M., jeune participant engagé.
Le Dr Placide Kayombo a salué l’engagement des participants : « Il ne s’agissait pas de transmettre uniquement un savoir académique, mais de susciter un engagement local pour que chaque organisation participante devienne un vecteur de changement. »

Les participants recommandent la restitution des acquis dans les communautés, la poursuite des formations décentralisées et la création d’un cadre de concertation permanent entre jeunes, OSC et structures de santé. Aimée L., animatrice à Mbuji-Mayi, s’engage à partager ce qu’elle a appris pour combattre l’ignorance. Cette initiative, qui fédère jeunes, acteurs communautaires et services de santé, est un levier clé contre le VIH/SIDA et les violences basées sur le genre.
Ensemble, ils appellent à dire non aux VBG, au harcèlement et aux abus sexuels, et oui à la prévention, la dignité et l’engagement collectif.
Kweli Birindwa,
Volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
Lorsqu’un foyer est secoué par le stress, qu’il soit lié à des problèmes financiers, des conflits conjugaux ou à la santé mentale, ce sont souvent les enfants qui en subissent les effets les plus silencieux. Leur équilibre émotionnel, leur comportement et leur développement peuvent être […]
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Lorsqu’un foyer est secoué par le stress, qu’il soit lié à des problèmes financiers, des conflits conjugaux ou à la santé mentale, ce sont souvent les enfants qui en subissent les effets les plus silencieux. Leur équilibre émotionnel, leur comportement et leur développement peuvent être profondément affectés par les tensions qu’ils absorbent au quotidien. Un climat familial instable perturbe leur sentiment de sécurité, pourtant essentiel à leur bon épanouissement.
Parents et enfants témoignent chez Watoto News :
Mme Glorieuse, mère d’un petit garçon de trois ans, partage :
« À cause du stress quotidien au travail et à la maison, je me laisse souvent emporter en présence de mon petit garçon. Je crie, je hurle, je m’énerve tout le temps. J’ai peur qu’il souffre de mes excès de colère, qu’il n’ose plus me parler de peur que je m’emporte. »
Sarah, 16 ans, confie :
« Depuis que mes parents se disputent souvent, je me sens anxieuse et j’ai du mal à me concentrer à l’école. »
Christian, un enfant dont le père était anxieux, se plaignait fréquemment de maux de ventre avant l’école. Ces plaintes n’étaient pas liées à une maladie physique, mais reflétaient le stress et l’anxiété qu’il absorbait à cause du comportement de son père.
Emma, 34 ans, mère de deux enfants, partage :
« Je ne savais plus comment gérer mes deux enfants. Mes journées étaient remplies de cris et de larmes. J’ai fini par chercher de l’aide auprès d’un psychologue. Cette démarche m’a permis de retrouver un certain équilibre. »

L’avis des experts
Le psychologue Jean-Yves Flament souligne que les parents en situation de stress permanent, notamment lié à la précarité économique, adoptent souvent des stratégies éducatives plus strictes, voire punitives, ce qui peut engendrer chez l’enfant des troubles émotionnels et comportementaux. Le Conseil canadien de développement social note que les parents chroniquement stressés sont plus susceptibles d’être distraits, hostiles ou abusifs envers leurs enfants, augmentant ainsi le risque de problèmes affectifs chez ces derniers.
Le psychiatre Boris Cyrulnik, spécialiste de la résilience, rappelle l’importance d’un environnement affectif stable pour le développement de l’enfant.
Conséquences sur le développement de l’enfant

Les enfants exposés à un stress familial chronique peuvent développer des troubles du sommeil, de l’anxiété, des difficultés scolaires et des problèmes de socialisation. Des études montrent également une altération de la régulation du cortisol, l’hormone du stress, chez ces enfants, affectant leur capacité à gérer les émotions.
Watoto News alerte que le stress familial a des effets notables sur le comportement et le bien-être des enfants. Il est essentiel de soutenir les familles en difficulté et de promouvoir des environnements familiaux stables pour favoriser le développement harmonieux des enfants.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
Dans plusieurs villages du territoire de Kabare, la vaccination demeure un sujet sensible. Le refus de vaccination dans cette zone soulève des préoccupations importantes, notamment chez les enfants et les jeunes qui en sont les principales victimes. Watoto News s’est penché sur la question d’autant […]
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Dans plusieurs villages du territoire de Kabare, la vaccination demeure un sujet sensible. Le refus de vaccination dans cette zone soulève des préoccupations importantes, notamment chez les enfants et les jeunes qui en sont les principales victimes. Watoto News s’est penché sur la question d’autant plus que cette situation compromet l’immunité collective et favorise la résurgence des maladies pourtant évitables.
Selon un constat fait à Kabare, les professionnels de santé peinent à convaincre les habitants de la place.
Des causes multiples y résultent
L’accès limité à l’information médicale fiable
Dans de nombreuses zones de la place, le constat est que l’accès à l’information actualisée est limité. Les habitants se fient parfois davantage aux rumeurs locales ou aux réseaux sociaux qu’à des sources médicales fiables. Cette désinformation alimente la méfiance envers les campagnes de vaccination.
« Dans mon quartier, on dit qu’un enfant a eu des problèmes de santé juste après le vaccin. Même s’ils disent que c’est une coïncidence, moi je me méfie. Je ne veux pas que mes enfants et petits-enfants prennent ce risque », témoigne Christophe, âgé de 60 ans, habitant de Cirhogole, un village situé dans le groupement de Mudaka à Kabare Nord. Il ajoute : « Avant, on n’avait pas besoin de tous ces vaccins. Les enfants jouaient dehors, tombaient malades et devenaient plus forts. Maintenant, on les pique pour tout et n’importe quoi. Moi je dis que ce n’est pas naturel. »
La circulation incontrôlée de fausses informations visant à influencer négativement la conception des habitants sur la circulation des seringues se taille une place dans la communauté. Certains jeunes et personnes âgées utilisant des smartphones se fient à la désinformation qu’ils partagent à leur tour sans vérification.
« Sur WhatsApp, j’ai reçu plusieurs vidéos disant que le vaccin est un moyen de contrôle, avec des puces et tout. Moi je n’y crois pas trop mais on ne sait jamais. Alors j’ai dit à ma femme de ne pas faire vacciner les enfants pour l’instant », confie un jeune nouvellement marié dans le groupement de Bugorhe.
Au sein d’un établissement scolaire dans cette contrée, une enseignante sous anonymat indique que même les enfants entendent des débats à la maison. « Certains élèves disent que leurs parents ont vu sur Facebook que les vaccins rendent stériles. C’est très difficile de lutter contre les désinformations qui circulent en boucle sur les réseaux sociaux », souligne-t-elle.
La pression communautaire et les traditions
Les agglomérations du territoire de Kabare sont souvent plus conservatrices en matière de coutumes et traditions. Certaines croyances culturelles s’opposent à la vaccination. Le regard de la communauté joue aussi un rôle. Refuser un vaccin peut être perçu comme se conformer à la norme locale.
« Dans notre foi, nous croyons que Dieu seul donne la santé et la protection. Se faire vacciner, c’est comme douter de la volonté divine et de sa capacité. J’ai grandi sans vaccin et mes enfants aussi. Pourquoi changer maintenant ? On me dit que certains vaccins contiennent d’ailleurs des produits interdits par notre croyance religieuse. Même si cela peut paraître moins réel, je préfère ne pas courir le risque de faire quelque chose qui pourrait offenser notre foi », indique M’rukomeza, chrétienne et mère de 8 enfants.
Certains notables approchés par Watoto.news affirment que, selon la tradition, les enfants sont protégés par des rituels faits à la naissance, et que ce sont ces bénédictions qui les gardent en bonne santé. Ils ajoutent que ce sont les anciens qui protègent leurs enfants. « Le vaccin, c’est quelque chose d’étranger à notre culture », soulignent-ils.
Les méfiances envers les institutions
Un sentiment de déconnexion vis-à-vis de l’État et des grandes institutions sanitaires est fréquent dans cette partie de la province du Sud-Kivu. Les décisions prises « d’en haut » sont perçues comme éloignées des réalités locales. Cette situation s’accentue aussi car la population a le sentiment d’être négligée en matière d’infrastructures de base, notamment les structures sanitaires, les engins, les outils de traitement et la présence permanente de professionnels de santé.
Cette défiance n’est pas née avec les campagnes récentes, encore moins avec les pandémies. Elle se nourrit au fil du temps, entre promesses non tenues, informations contradictoires et gestion des urgences sanitaires que la population qualifie de médiocre.
« Quand mon enfant est malade, il n’y a pas de médecin au dispensaire. Mais quand c’est pour vacciner, tout le monde se déplace. Pourquoi ? Ça cache quelque chose », indique une habitante.
Des experts qui se sont confiés à Watoto News reconnaissent que cette fracture de confiance est un enjeu majeur de santé publique.

À ce sujet, une infirmière sous anonymat vivant dans la zone affirme avoir vécu cette fracture grandissante entre les professionnels de santé et les habitants. « Ici, certains n’ont pas vu un médecin spécialiste depuis des années. Quand l’État débarque avec une campagne de vaccination express, c’est perçu comme une manipulation et non une aide », explique-t-elle. « Et nous, soignants locaux, on n’a pas les bons outils pour rassurer. » Elle évoque aussi les difficultés logistiques : peu de transports, parfois aucune pharmacie ouverte à moins de 40 minutes, et les médicaments nécessaires pour accorder les soins appropriés à la population, surtout en temps réel.
Plusieurs conséquences en découlent
Les enquêtes menées par votre média à ce sujet démontrent que les conséquences liées au rejet de la vaccination à Kabare Nord sont énormes, parfois mortelles, notamment :
Quelles solutions ?
Pour remédier et prévenir les multiples risques qui découlent du rejet des vaccinations, surtout chez les enfants, quelques analystes indépendants, professionnels de santé et leaders communautaires contactés par Watoto News proposent plusieurs volets :
Que dit la loi ?
Même si la vaccination n’est pas nommée explicitement, elle fait clairement partie des « soins de santé préventifs et des mesures de lutte contre les maladies » prévus par l’article 24 de la CDE.
Cet article reconnaît le droit de chaque enfant à la santé. Il demande aux États de prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger la santé des enfants, en particulier en leur assurant un accès aux soins médicaux, à la prévention des maladies, ainsi qu’à une alimentation et un environnement sains.
La vaccination entre directement dans ce cadre, car elle est une mesure de prévention essentielle pour protéger les enfants contre des maladies graves et parfois mortelles.
En lien avec la vaccination, l’article 24 implique que :
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare
Dans l’objectif d’offrir une prise en charge médicale gratuite aux enfants déplacés, retournés et résidents, de 0 à 15 ans, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a lancé des projets d’urgence dans quatre structures sanitaires de kalehe en province du sud kivu dont le […]
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Dans l’objectif d’offrir une prise en charge médicale gratuite aux enfants déplacés, retournés et résidents, de 0 à 15 ans, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a lancé des projets d’urgence dans quatre structures sanitaires de kalehe en province du sud kivu dont le Centre de santé de Bushushu, le Centre hospitalier et le Centre de santé de Nyabibwe, ainsi que le Centre de santé de Numbi.

Prévue pour une durée initiale de trois mois, cette intervention humanitaire bénéficie à plus de 70 000 habitants dont les enfants, les femmes enceintes, les personnes blessées par arme, les victimes de violences sexuelles, et des personnes indigentes, des zones de santé de Kalehe et Minova, comprend des dons mensuels de médicaments, un soutien au fonctionnement des structures et à la prise en charge du personnel de santé et beaucoup plus dans certaines structures sanitaires qui ont été récemment pillées, rendant l’accès aux soins encore plus difficile pour les populations vulnérables comme l’indique Patrick Makengo officier santé CICR
Il ajoute que ces projets interviennent après des évaluations d’urgence menées dans les zones de santé de Minova et kalehe.
« Après les évaluations, nous nous sommes rendus compte que les structures sanitaires fonctionnaient difficilement, dans la zone affectée, et un nombre important d’enfants séparés de leurs familles,
En réponse de cette situation le CICR apporte ces projets » a conclut Patrick Makengo.
La population locale, les leaders communautaires et les responsables sanitaires saluent cette intervention qu’ils qualifient d’un ouf de soulagement.
« cette intervention vient vraiment soulager la population,ces médicaments que nous venons de réceptionner vont beaucoup nous aider pour la bonne prise en charge des enfants déplacés et retournés ainsi que d’autres personnes vulnérables » se réjouit Jean Muhindo infirmier titulaire du centre de santé Numbi.

Même sentiment de satisfaction pour chenceline kito mère de deux enfants et habitante de Nyabibwe.
« Nous sommes retourné après avoir fuit la guerre à idjwi, nos enfants étaient jadis malades car nous n’avions pas assez de moyens pour les amener à l’hôpital, ils sont désormais bien pris en charge gratuitement grâce au CICR »
De son côté Yvonne Faida habitante de bushushu pense que les enfants ne vont plus mourir à la maison pour manque de soins de santé,car une fois malades ils seront directement acheminés dans des structures sanitaires pour une bonne prise en charge gratuite.
Cette intervention du CICR constitue une réponse opportune aux besoins urgents en matière de santé, notamment pour les enfants, dans une région confrontée à des défis humanitaires.
Michael Lufungulo journaliste volontaire pour les enfants et les jeunes
La créativité est une compétence essentielle au développement global des enfants. À l’école, elle favorise la curiosité, l’autonomie, la résolution de problèmes et l’expression personnelle. Pour cultiver cet esprit créatif, les établissements scolaires peuvent adopter diverses approches pédagogiques et environnementales. Watoto News s’est penché sur […]
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La créativité est une compétence essentielle au développement global des enfants. À l’école, elle favorise la curiosité, l’autonomie, la résolution de problèmes et l’expression personnelle. Pour cultiver cet esprit créatif, les établissements scolaires peuvent adopter diverses approches pédagogiques et environnementales.
Watoto News s’est penché sur cette question en approchant les parents et les enfants sur l’impact positif des approches éducatives favorisant la créativité.
Daniel, père de deux enfants, partage : « Il y a deux ans et demi, j’ai fait le choix de l’école démocratique pour mes deux enfants, et je trouve qu’ils ont depuis acquis plus de confiance dans leurs idées et leurs choix, des valeurs de respect les uns envers les autres, de confiance et de liberté. »
Martine, grand-mère, observe : « Quand je regarde vivre mes petits-enfants qui sont depuis six mois à l’école Créactive de Montauban, je suis la plus heureuse des grand-mères. Je les vois épanouis, bien dans leur corps et leur cœur, ils prennent confiance en eux. »
Luna, 8 ans, raconte : « Avec mes copains d’école, on a répété une pièce de théâtre pendant plus de dix récréations. On a choisi le texte, fait les déguisements, et on l’a jouée devant toute l’école. Maintenant, on a plein d’autres idées de projets ! »
Des experts en psychologie de l’enfance insistent sur l’importance de préserver et de stimuler la créativité naturelle des enfants :
La psychologue clinicienne Etty Buzyn alerte : « L’enfant a de moins en moins de temps pour jouer, créer, être présent à son imaginaire. C’est le rôle des parents de respecter, d’encourager et de valoriser cet univers. »
La psychanalyste France Schott-Billmann souligne : « Être créatif ne se décrète pas, c’est un style de vie, une tournure d’esprit. En famille, cela consiste à laisser du jeu entre soi et le monde, à s’autoriser la fantaisie. »
L’enseignante Valérie Poirier partage ses stratégies pour éviter d’éteindre le feu créatif des enfants à l’école, en mettant en application des méthodes favorisant la créativité et la mentalité de croissance.
Pour encourager la créativité des enfants à l’école, plusieurs approches peuvent être mises en place :
Aménager des espaces propices à la créativité : des environnements modulables et colorés, équipés de matériaux variés, encouragent l’exploration et l’expression.

Intégrer des activités artistiques et manuelles : la peinture, le dessin, la musique ou le théâtre permettent aux enfants d’exprimer leurs émotions et de développer leur imagination.
Encourager le mouvement et la détente : le mouvement physique stimule l’activité cérébrale et favorise la réflexion. Permettre aux enfants de bouger pendant les apprentissages, d’utiliser des assises flexibles ou de participer à des séances de relaxation peut améliorer leur capacité à générer des idées nouvelles.
Favoriser la lecture et la narration : la lecture régulière et la création d’histoires développent l’imagination des enfants. Des ateliers d’écriture ou de contes leur permettent de structurer leurs pensées et d’explorer différents univers.
Valoriser la curiosité et l’expérimentation : encourager les questions, les expériences et les projets personnels aide les enfants à développer leur pensée critique et leur autonomie.
Pour Watoto News, il est nécessaire d’intégrer ces pratiques à l’école pour que celle-ci devienne un lieu où la créativité des enfants est nourrie et valorisée, leur permettant de s’épanouir pleinement et de développer des compétences essentielles pour leur avenir.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
En République Démocratique du Congo, la signature d’un arrêté interministériel réduisant de 50 % les frais académiques et de logement en faveur des étudiants en situation de handicap dans les établissements de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) suscite un profond soulagement à travers le pays. […]
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En République Démocratique du Congo, la signature d’un arrêté interministériel réduisant de 50 % les frais académiques et de logement en faveur des étudiants en situation de handicap dans les établissements de l’Enseignement Supérieur et Universitaire (ESU) suscite un profond soulagement à travers le pays. Pour de nombreux jeunes concernés, cette mesure représente une véritable bouffée d’air après des années de marginalisation silencieuse.
L’arrêté, signé le lundi 2 juin 2025 à Kinshasa par la ministre de l’ESU, Professeure Marie-Thérèse Sombo, et la ministre déléguée en charge des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, Irène Esambo Diata, marque une étape majeure dans l’inclusion sociale en milieu universitaire. Cette information a été rapportée par l’Agence Congolaise de Presse (ACP).
Selon les deux membres du gouvernement, cette initiative s’inscrit dans le cadre de l’application de la loi organique n° 22/003 portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables.
« Dans le cadre de la mise œuvre de la loi organique numéro 22/003 portant protection et promotion des droits des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, la Ministre de l’Enseignement supérieur et universitaire, professeur Marie-Thérèse Sombo et moi, la Ministre déléguée en charge des personnes vivant avec handicap et autres personnes vulnérables, avons signé, en ce jour du lundi 02 juin 2025, un arrêté interministériel portant réduction à 50% des frais académiques et des logements en faveur des étudiants handicapés dans tous les établissements d’enseignement supérieur et universitaire en République démocratique du Congo », a déclaré Irène Esambo Diata.
Et d’ajouter :
« Cet arrêté interministériel qui entre en vigueur, dès la rentrée académique prochaine, concrétise ainsi la vision du Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo de la Rdc, dans le secteur de l’éducation inclusive, juste et équitable pour tous en République démocratique du Congo ».

Pour sa part, la Professeure Marie-Thérèse Sombo, ministre de l’ESU, s’est dite satisfaite de voir l’effectivité de cet arrêté, qui entre en vigueur dès l’année académique prochaine, soulignant qu’elle veillera personnellement à son application effective.
« Et je crois que le Président de la République, le Grand Chancelier des universités et instituts supérieurs ainsi que notre Capitaine Madame la Première Ministre seront fiers de nous et surtout de vous parce que nous avons une personne qu’il faut à la place qu’il faut », a-t-elle fait savoir.
Longtemps ignorés par les politiques publiques, les jeunes handicapés ont dû affronter seuls des obstacles financiers, matériels et sociaux pour espérer accéder à l’enseignement supérieur. Faute de moyens, beaucoup abandonnaient en cours de route ou ne tentaient même pas l’aventure universitaire. Cette réduction constitue donc bien plus qu’une simple mesure économique : elle est perçue comme un acte de justice sociale.
De nombreux étudiants espèrent que cette décision ouvrira la voie à d’autres avancées, notamment l’amélioration de l’accessibilité dans les campus et la lutte contre les discriminations encore fréquentes. Pour l’instant, elle redonne espoir à une jeunesse souvent invisible, mais qui aspire, elle aussi, à apprendre, à réussir, et à contribuer au développement du pays.
Pascal Marhegane Ki-Moon,
Volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News (avec ACP)