
En période de conflit, surtout un conflit armé, la priorité semble souvent être la survie. Pourtant, au milieu des destructions visibles, un autre danger grandit plus discrètement : la dégradation de l’environnement. Forêts incendiées, rivières polluées, terres agricoles abandonnées ou contaminées… La nature est aussi victime des guerres, et ce sont les enfants et les jeunes qui en hériteront les conséquences.
« On nous a appris à l’école que la guerre détruit tout, même ce que nous ne voyons pas tout de suite. La terre, les arbres, les animaux… c’est aussi notre avenir qui est en danger », confie Josué Ayagirwe, 13 ans, élève à l’Institut Maendeleo, une structure éducative située à Miti Centre, dans le territoire de Kabare, au nord du chef-lieu de la province du Sud-Kivu, à l’est de la RDC.
Les jeunes, acteurs de la protection même en période de crise
Beaucoup estiment que les adolescents n’ont pas leur place dans ce type de lutte. Pourtant, un nombre croissant de jeunes s’organisent pour mener des actions locales, concrètes, destinées à limiter les dégâts environnementaux liés aux conflits.
« Malgré la crise, tant économique, sociale que sécuritaire, qui sévit dans notre entité, nous n’avons pas baissé les bras pour poursuivre la noble cause qui nous est confiée : celle de protéger notre environnement. Nous nous mobilisons pour effectuer les travaux communautaires chaque samedi », renseigne un jeune leader approché par Watoto News en territoire de Kabare.
Sensibiliser pour responsabiliser

La sensibilisation des enfants et des jeunes constitue une étape essentielle. Elle leur permet de comprendre que, même en temps de guerre, l’environnement demeure un bien commun précieux. Des éducateurs et des groupes comiques utilisent parfois des outils simples mais efficaces, comme les pièces théâtrales ou les jeux, pour éveiller les consciences et transmettre une culture du respect de la nature.
À Kabare-Nord, le groupe comique “Mazingira Comédie” oriente régulièrement ses sketchs vers des thématiques environnementales.
« Un enfant qui comprend aujourd’hui l’importance d’un arbre sera un adulte qui ne le coupera pas inutilement demain. D’où la nécessité d’agir en toute urgence pour l’éducation des enfants en matière environnementale », indique Germain Basengere, chercheur en environnement au sein du Centre de Recherche en Sciences Naturelles (CRSN) de Lwiro, lors d’une interview exclusive accordée à Watoto News.
« Certes, les jeunes ne peuvent pas empêcher les bombes de tomber ni les industries polluantes de s’installer dans leur village. Mais en s’appropriant la lutte environnementale, ils deviennent les gardiens de la vie, même en pleine crise », souligne ce scientifique.
L’urgence d’agir, même à petite échelle
En temps de conflits armés, il est tentant de croire que chaque effort est vain. Pourtant, enseigner aux enfants à respecter leur environnement, même dans le chaos, c’est leur offrir une forme d’espoir. Car un enfant qui plante un arbre aujourd’hui croit encore en un lendemain.
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare
