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Ce lundi 15 avril, le monde célèbre la journée mondiale de l’art. A cette occasion, Watoto News a rencontré Cikuru Cirimwami, un jeune artiste, qui à travers sa passion pour le dessin, contribue grandement à l’assainissement de la ville à travers le recyclage des déchets.

ENTRETIEN

Watoto News : Monsieur Cikuru, Bonjour ! Parlez-nous de vos débuts en tant qu’artiste

Cikuru Cirimwami : Bonjour merci. J’ai commencé ma carrière artistique en 2006 où je faisais la danse tout en ayant en moi le gout du dessin. En 2013, j’ai laissé la danse pour embrasser la carrière de dessin. Je dessinais avec le crayon, le stylo, la peinture à huile et acrylique.

WN : Et comment vous vous êtes retrouvés dans le recyclage des déchets ?

CC : C’est en 2015 que j’ai commencé des recherches sur le recyclage des déchets. D’abord je voulais faire la différence avec les autres artistes, après cela je voulais apporter ma part pour assainir notre ville envahie par les déchets. La ville était sale, la population ne s’impliquait pas dans la gestion des déchets.

J’ai commencé à apporter des pierres de la couleur noire à partir de Goma et les pierres blanches du lac Tanganyika. Je ramasse les bouteilles un peu partout sur la route, les poubelles, mais aussi à la centrale de Ruzizi. Les tissus je les trouve dans les ateliers de coutures où ils ont des déchets inutilisables pour en faire mes propres peintures.

WN : Quelle est votre source d’inspiration

CC : Ma source d’inspiration réside dans mon souci de voir ma ville propre. J’avais le souci d’apporter ma contribution en cherchant un moyen d’utiliser les déchets autrement. C’est de cette façon que j’ai commencé le recyclage que je transforme pour utiliser comme peinture.

Pour moi ce que je fais c’est un moyen de sensibiliser la population, les autorités, les autres artistes à lutter contre la pollution de l’environnement.

WN : comment votre passion a-t-elle évoluée au fil des années ?

CC : En faisant le recyclage et la production des tableaux écologiques, j’ai senti que le travail devenait lourd. Je me suis mis en équipe avec d’autre artistes, nous avons formés ensemble une organisation appelée YALT où nous évoluons dans le recyclage des déchets.

WN : Quelles sont les contraintes auxquelles vous faites face ?

CC : Dans le recyclage des déchets, nous faisons face à un déficit de matériels. Nous faisons le recyclage presque manuellement. Après le ramassage des bouteilles par exemple, nous les brulons pour obtenir une patte. Une pratique qui consomme en temps, en energie et en ressources, parce que nous utilisons le bois. Mais aussi les moyens financiers ne sont pas suffisants pour nous permettre de bien travailler et d’élargir notre travail.

WN : Avez-vous un message aux artistes à l’occasion de cette journée mondiale de l’art ?

CC : En cette journée, j’appelle tous les jeunes artistes à la conscience. YALT et son équipe est incapable de répondre au problème de l’environnement, les déchets sont énormes dans la ville.

Que chacun apporte sa contribution. Notre rôle en tant qu’artistes, nous sommes des messagers de la communauté. A travers nos œuvres, nous pouvons aussi sensibiliser la population à faire une bonne gestion de ces déchets.

Je demande aussi à toute la population de respecter le travail des artistes. Parce qu’à travers son talent, l’artiste s’exprime et fait entendre la voix des sans voix.

Propos recueillis par Emmanuella Bahindwa

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