POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES
Au Sud-Kivu, il a actuellement des milliers d’enfants zéro dose, c’est-à-dire qui ne se sont jamais fait vacciner, et d’autres sous-vaccinés, c’est-à-dire qu’ils ont manqué plusieurs doses prévues dans le calendrier vaccinal. Cette situation qui met en danger la vie de ces enfants, a été […]
La mode ne se limite plus à une simple affaire de goût ou d’élégance : elle est devenue, pour de nombreux jeunes, un puissant outil d’affirmation de soi. À Bukavu, comme dans d’autres villes africaines, un phénomène se dessine avec force : des jeunes qui […]
Environ 40 journalistes, enfants journalistes du RJAE et enfants reporters de l’UNICEF, s’engagent à contribuer aux efforts visant l’amélioration de la couverture vaccinale en RDC. Ils l’ont dit ce mercredi 30 août 2023, à l’issue d’une formation organisée à Bukavu au Sud-Kivu, par le Programme […]
Chaque année, des millions d’enfants sont protégés grâce aux vaccins contre des maladies graves comme la rougeole, la polio ou la coqueluche. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, vacciner un enfant reste un combat. Manque d’information, rumeurs, résistances culturelles : les obstacles sont nombreux […]
Dans les régions touchées par des conflits armés, les enfants deviennent les victimes invisibles d’une guerre qu’ils ne comprennent pas. Ils perdent non seulement leur sécurité, mais aussi leurs droits à l’éducation, à la santé, à la protection et au jeu. En RDC, plusieurs zones […]
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Dans les régions touchées par des conflits armés, les enfants deviennent les victimes invisibles d’une guerre qu’ils ne comprennent pas. Ils perdent non seulement leur sécurité, mais aussi leurs droits à l’éducation, à la santé, à la protection et au jeu. En RDC, plusieurs zones comme le Nord-Kivu, l’Ituri ou le Sud-Kivu sont des foyers de conflits, et des milliers d’enfants en subissent directement les conséquences.
II. Témoignages bouleversants d’enfants et de parents
Clarisse, 12 ans, déplacée de Rutshuru :
« On a vu des hommes avec des armes. Papa est tombé, maman m’a tirée par la main et on a couru. Depuis ce jour, j’ai peur de tout. »
Benoît, 14 ans, ancien enfant soldat à Beni :
« On m’a donné une arme. J’ai vu des choses horribles. Je ne dors plus sans faire de cauchemars. »
Une mère déplacée de Masisi témoigne :
« Mes enfants ont cessé d’aller à l’école. On n’a plus rien. Parfois, ils pleurent sans raison. »
Conséquences physiques, psychologiques et sociales
Les enfants vivant dans des zones de conflit sont soumis à un stress permanent. Leurs besoins fondamentaux sont négligés. Ils sont exposés :

À la violence directe (meurtres, viols, enrôlements)
À la séparation familiale, ce qui aggrave leur traumatisme
À des carences alimentaires, qui affectent leur développement physique
À la déscolarisation, compromettant ainsi leur avenir
Sur le plan psychologique, ils développent souvent une peur chronique, des troubles anxieux, un isolement émotionnel, voire des comportements violents.
Avis des spécialistes et des organismes
Dr Christiane Kavira, pédopsychiatre à Goma :
« Beaucoup d’enfants en zone de conflit vivent avec un traumatisme non traité. Certains présentent des troubles de l’attention, de l’agressivité ou même des signes de dépression. Il est urgent de mettre en place un accompagnement psychosocial ciblé. »
Professeur Akili Mumbere, expert en psychologie de l’enfance :
« L’environnement conflictuel détruit les repères de l’enfant. Sans un encadrement adapté, ces enfants risquent de reproduire la violence qu’ils ont connue. Le rôle de la communauté et des structures éducatives est central. »
UNICEF RDC, dans son rapport 2024, indique que plus de 1,2 million d’enfants vivent déplacés en RDC, sans accès stable à l’école ni soins adaptés. L’organisme insiste sur le rôle fondamental de la protection psychosociale dans les réponses humanitaires.
Save the Children souligne :
« Un enfant qui grandit dans la peur, sans éducation ni soutien, est un adulte blessé. Il faut briser ce cycle. »
Les enfants dans les zones de conflit vivent une double peine : ils subissent les violences des adultes et sont oubliés dans les solutions de paix. Les témoignages recueillis et les avis des spécialistes montrent l’urgence d’agir. Il ne s’agit pas seulement de sauver des vies, mais de protéger leur avenir. Investir dans leur accompagnement psychologique, leur offrir un accès à l’éducation même en situation d’urgence, les entourer d’amour et de stabilité : voilà les piliers pour reconstruire leur dignité. Protéger un enfant aujourd’hui, c’est préparer une société plus juste et plus humaine demain.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes
Ils dorment sur les étals des marchés, lavent des motos pour 200 FC, mendient un morceau de manioc. En territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu, une génération d’enfants vit — ou plutôt survit — dans la rue. Invisibles aux yeux de beaucoup, ces […]
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Ils dorment sur les étals des marchés, lavent des motos pour 200 FC, mendient un morceau de manioc. En territoire de Kabare, dans la province du Sud-Kivu, une génération d’enfants vit — ou plutôt survit — dans la rue. Invisibles aux yeux de beaucoup, ces enfants en situation de rue grandissent dans l’ombre : sans voix, sans toit, sans école. Alors ils crient en silence leur droit de vivre dignement.
Le matin sur le marché de Katana
Il est 6h30, lundi 9 juin, le soleil se lève sur le marché de Katana, encore calme. À l’arrière d’un étal en bois, un reporter de Watoto News apercoit un petit garçon, à moitié allongé dans ce lieu poussiereux où il a passé la nuit. Il s’appelle Jonas ; il a 11 ans. Pieds nus, une chemise déchirée sur le dos, il serre une bouteille vide.
« Je dors ici parce que je n’ai plus de maison. Mon père est mort et ma mère est partie à Bukavu. Je ne sais pas où. Mon oncle me battait, c’est pourquoi j’ai décidé de fuir. »
Selon plusieurs témoignages recueillis par Watoto News, comme lui, ils sont des dizaines, peut-être des centaines, à arpenter les rues des centres de Kabare (Katana, Mudaka, Miti et Kavumu) à la recherche d’un peu de nourriture, de quelques francs, ou simplement d’un endroit où ne pas être battus.

Des enfants abandonnés par la société
Ces enfants ne sont pas tous orphelins.
Certains ont fui des foyers violents, d’autres ont été abandonnés après un divorce, ou envoyés travailler par leurs responsables. Cependant, tous ont un point commun : l’absence totale de protection.
Ils survivent en lavant des motos, des véhicules, en portant des charges, en mendiant ou en fouillant les poubelles.
« Je mange quand on me donne à manger. Sinon, je bois de l’eau », confie Rachel, âgée de 11 ans.
Le droit, ignoré sur le terrain
La RDC est signataire de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE). L’article 27 de ce traité international affirme :
« Tout enfant a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer son développement physique, mental, moral et social. »
Ce droit est également garanti par l’article 41 de la Constitution de la République Démocratique du Congo, qui déclare :
« Tout enfant a droit à une protection particulière de sa famille, de la société et de l’État pour son épanouissement. »
Mais à Kabare, ces droits sont piétinés. Enfants affamés, sans abri, sans accès aux soins, parfois battus ou abusés. La plupart n’ont jamais bénéficié d’un suivi social, encore moins psychologique.
Témoignage d’une vie à la marge

Déborah, 13 ans, lave les casseroles dans des restaurants de rue à Mudaka. Elle gagne 300 francs congolais par jour.
« Je dors derrière les maisons. Parfois je mange, parfois non. »
Marcel, 10 ans, n’a jamais mis les pieds à l’école. Il travaille comme pousseur de sacs au marché de Kavumu.
« On me paie avec des bouts de pain. Je suis content quand je trouve un œuf. »
Tous expriment la même chose : la fatigue, la peur et le rejet.
Pourquoi sont-ils là ?
D’après plusieurs chefs d’agglomération de Kabare approchés par votre média, les causes sont multiples :
Décès des parents : souvent à cause de maladies ou de conflits.
Violences familiales : beaucoup fuient des foyers brutaux.
Pauvreté extrême : rendant l’éducation inaccessible.
Instabilité familiale : divorces, abandons…
Mais surtout, l’absence de structures d’accueil dans le territoire.
« Il n’y a pas assez de centres pour enfants vulnérables ici. Aucune prise en charge publique », confirme Madame Bahati, assistante sociale à Katana.
« Dans les rares cas où l’enfant est signalé à une autorité, la réponse est souvent inexistante. Plusieurs ONG ont quitté la région, faute de financement et d’une insécurité grandissante », ajoute-t-elle.
La rue, zone de non-droit pour les enfants
La vie dans la rue expose les enfants à :
Violences physiques (infligées par des adultes ou d’autres enfants)
Agressions sexuelles, surtout pour les filles
Consommation de drogues, notamment la colle
Exploitation économique, parfois par des adultes qui les utilisent pour mendier ou voler
Au-delà de ces dangers, certains enfants, trop jeunes pour comprendre, deviennent eux-mêmes auteurs de délits mineurs.
« Il faut être fort ici. Quand tu es seul, tu te bats. Tu n’as pas le choix », dit Junior, 13 ans, qui dort sous un vieux bus désaffecté à Kavumu. Il rêve de retourner à l’école,
« même pour être balayeur dans une classe. »
Et la communauté, entre fatigue et indifférence
Interrogés, plusieurs habitants reconnaissent la présence des enfants dans la rue, mais beaucoup les perçoivent comme des voyous, voleurs ou enfants sans respect. Peu les considèrent comme des victimes.
Alfred Masumbuko, chef de village à Cinjoma/Mudaka, le confirme :
« Ils sont nombreux, mais on ne sait plus quoi faire. Il faudrait un projet sérieux, pas seulement leur donner du pain. »
« Ces enfants ne sont pas méchants. Ils sont en danger », insiste un pasteur de Mudaka, qui tente, à ses frais, de nourrir quelques-uns chaque dimanche.
Le silence des autorités
Interrogé à Kavumu, un agent administratif local répond de manière évasive :
« Oui, nous savons qu’il y a des enfants dans la rue… mais il n’y a pas de budget, pas de programme. C’est à la famille de s’en occuper. »
Des pistes oubliées
Des solutions simples existent pourtant :
Mise en place de centres d’accueil communautaires
Création de classes de rattrapage scolaire
Soutien aux familles à risque
Formation de travailleurs sociaux locaux
Mobilisation des ONG, Églises et autorités locales
Mais tout cela exige une volonté politique et une coordination effective.
Une dette morale à réparer
À Kabare, des enfants vivent sans noms, sans voix et sans avenir. Pourtant, ils sont titulaires de droits.
Ils devraient être protégés. Mais la rue les détruit, jour après jour, dans l’indifférence générale.
Leur cri est simple :
« Donnez-nous une vie, pas une survie. »
Dans le cadre de cette enquête réalisée du 7 au 11 juin 2025 dans plusieurs villages de Kabare, les prénoms ont été changés pour protéger l’identité des enfants victimes.
Par Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare
Le 12 juin marque chaque année la Journée internationale de lutte contre le travail des enfants, une date cruciale pour rappeler l’urgence de protéger les plus jeunes contre l’exploitation et de garantir leur droit à l’enfance, à l’éducation et à un avenir digne. Mais à […]
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Le 12 juin marque chaque année la Journée internationale de lutte contre le travail des enfants, une date cruciale pour rappeler l’urgence de protéger les plus jeunes contre l’exploitation et de garantir leur droit à l’enfance, à l’éducation et à un avenir digne.
Mais à Zongo, ville frontalière de la République démocratique du Congo, cette journée est passée inaperçue. Pourtant, la réalité sur place est alarmante : de nombreux enfants, faute de moyens, sont contraints d’abandonner l’école pour travailler. La pauvreté des familles les pousse vers des activités informelles et éprouvantes, souvent au péril de leur santé et de leur sécurité.
Chaque jour, certains enfants traversent la rivière Ubangi vers Bangui, en République centrafricaine, pour vendre des produits divers. Un trajet périlleux pour ces mineurs livrés à eux-mêmes, dans l’espoir de rapporter quelques francs pour nourrir leur foyer.
Cette indifférence institutionnelle face à leur sort soulève des questions : qui protégera les enfants de Zongo ?
La Journée du 12 juin aurait pu être une occasion d’agir. Elle ne devrait pas être une simple date de plus sur le calendrier, mais un cri d’alarme pour mobiliser les autorités, les ONG et les citoyens autour de la cause des enfants travailleurs.
Il est temps de regarder en face cette réalité et de replacer les enfants au cœur des priorités, car un enfant qui travaille est un avenir qu’on sacrifie.
Édouard Rogose volontaire pour les enfants au sud-ubangi
Ce 12 juin 2025, un drame fluvial a endeuillé le territoire de Bikoro, en province de l’Equateur, dans le nord-ouest de la République Démocratique du Congo. Selon l’agence Associated Press (AP), au moins 30 personnes ont trouvé la mort dans le naufrage d’un bateau sur […]
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Ce 12 juin 2025, un drame fluvial a endeuillé le territoire de Bikoro, en province de l’Equateur, dans le nord-ouest de la République Démocratique du Congo. Selon l’agence Associated Press (AP), au moins 30 personnes ont trouvé la mort dans le naufrage d’un bateau sur le lac Tumba, survenu dans la nuit du mardi 11 au mercredi 12 juin. Parmi les victimes, plusieurs étudiants revenaient d’un marché local et d’autres rentraient chez eux après les cours.
L’accident s’est produit lorsque deux embarcations en bois ont chaviré sous l’effet de vents violents et de fortes pluies, précise le site officiel d’AP News : www.apnews.com.
Justin Mputu, administrateur du territoire de Bikoro, a indiqué que la surcharge des bateaux était également en cause.
« Beaucoup de jeunes, y compris des étudiants, faisaient partie du voyage. Ils tentaient de rallier des localités voisines pour vendre des produits ou rentrer après leurs études. Malheureusement, tous n’ont pas survécu.», a confié un témoin à Radio Okapi, qui a relayé les propos des survivants sur www.radiookapi.net.
Les naufrages de ce type sont fréquents en RDC, notamment dans les provinces reculées où le transport fluvial demeure vital mais peu sécurisé. Le gouvernement, déjà interpellé lors d’un naufrage similaire en mai sur le lac Mai-Ndombe, est une nouvelle fois sommé d’agir.
Des ONG comme Médecins Sans Frontières (MSF) appellent à la mise en place urgente de mesures de sécurité, de formation des bateliers et de contrôle des embarcations dans ces zones isolées.
Pascal Marhegane Ki-Moon, Volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News ( avec AP News et Radio Okapi)
En ville de Bukavu, 16 enseignants du complexe scolaire Blanco Bujera tous les cycles confondus (maternelle, primaire et secondaire) ont participé à une séance de sensibilisation sur la prévention des conflits en milieu scolaire. Cette activité de la dynamique des jeunes ambassadeurs de la paix […]
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En ville de Bukavu, 16 enseignants du complexe scolaire Blanco Bujera tous les cycles confondus (maternelle, primaire et secondaire) ont participé à une séance de sensibilisation sur la prévention des conflits en milieu scolaire. Cette activité de la dynamique des jeunes ambassadeurs de la paix s’est déroulé ce jeudi 12 juin 2025 à labotte dans la commune d’ibanda.
Étienne Wetewabo, aspirant ambassadeur de la paix et facilitateur de cette activité, a précisé que l’objectif était de doter les enseignants d’outils pratiques pour prévenir les tensions et instaurer un climat d’apprentissage serein.

« L’idée, c’est d’aider les enseignants à identifier les sources de conflits et à adopter des mécanismes efficaces de prévention.
Une école en paix favorise l’épanouissement des enfants et renforce les relations entre élèves », a-t-il expliqué a Watoto News.
La session a abordé diverses thématiques, notamment les causes fréquentes de conflits à l’école (jalousie, exclusions, malentendus), ainsi que des stratégies telles que le dialogue, l’écoute, le pardon et l’acceptation des différences pour y faire face.
« J’ai senti un réel engagement, les enseignants ont posé des questions pertinentes.
Leur participation active m’a rassuré : le message a été bien reçu », a confié Étienne Wetewabo.

Parmi les participants, Jean-Luc Amuli, enseignant, a partagé son enthousiasme :
« J’ai compris que pour éviter les conflits, il faut en connaître les causes et cultiver l’écoute, le pardon et la tolérance. Je compte transmettre ces valeurs à mes élèves dès le plus jeune âge. »
Dans un contexte où les tensions sont parfois normalisées à l’école, cette initiative vient à point nommé. Elle marque un premier pas vers des établissements plus pacifiques, propices à un apprentissage de qualité.
Cette activité s’incrit dans le cadre du stage des jeunes aspirants ambassadeurs de la paix après leur formation par les pairs ambassadeurs de la paix.
Gabriel Cubaka, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
Depuis toujours, le chant accompagne les peuples dans leur quotidien. Il est à la fois un mode de communication, un outil de mémoire, un espace d’émotion et un vecteur d’engagement. Dans la communauté chrétienne, la musique gospel n’est pas seulement artistique : il véhicule la […]
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Depuis toujours, le chant accompagne les peuples dans leur quotidien. Il est à la fois un mode de communication, un outil de mémoire, un espace d’émotion et un vecteur d’engagement. Dans la communauté chrétienne, la musique gospel n’est pas seulement artistique : il véhicule la culture et les valeurs chrétiennes. Chez les jeunes, le chant devient un espace d’expression personnel et collectif, leur permettant de revendiquer leur identité, leurs espoirs et leurs douleurs et de témoigner dans le cas du gospel de leur vie spirituelle. C’est pour cette raison que Watoto News a rencontré deux jeunes artistes engagés dans le Gospel.
Daniella Mazambi, présidente du groupe gospel ENA (Enfants de la Nouvelle Alliance) à Bukavu, confie que le chant a toujours occupé une place centrale dans sa vie. Elle croit fermement que l’art est un moyen puissant d’exprimer les émotions et la foi.
« Le chant, pour moi, c’est un langage. A travers les chants de notre groupe, nous transmettons des messages d’encouragement, de paix, d’amour et de justice. Dans chaque concert, nous abordons des thèmes qui touchent les jeunes : la souffrance, les conflits familiaux, la pauvreté et beaucoup plus la foi. Pour moi, chanter, c’est servir. Le chant donne aux jeunes la force de parler sans peur. »

Elle insiste aussi sur le rôle du chant dans la construction de l’identité :
« Il offre aux jeunes un espace pour s’exprimer et explorer leur identité culturelle. Dans notre groupe, des enfants de différents milieux se réunissent pour chanter ensemble. Cela renforce leur confiance en eux et leur sentiment d’appartenance. Nous avons vu comment le chant peut changer des vies, en offrant une échappatoire et en tissant des liens solides entre les membres de la communauté. »
Daniella conclut en soulignant que le chant n’est pas seulement une forme d’art, mais aussi un moyen de créer du dialogue intergénérationnel et de susciter des réflexions profondes à la lumière des saintes écritures de la Bible. Elle espère inspirer d’autres jeunes à s’engager dans cette univers artistique et spirituel.
Le chant est également un pilier des traditions orales. Dans de nombreuses cultures africaines, contes, proverbes, récits historiques, règles de conduite et messages moraux sont transmis à travers les chansons. Les enfants apprennent leur langue maternelle en chantant, tandis que les anciens partagent leur vécu à travers les mélodies populaires. Le chant lie les générations et renforce le sentiment d’appartenance à une communauté.
Sœur Joyce Kaegeya, chanteuse à l’église Laborne de Bukavu, partage cette même passion pour la musique.
« La musique est un don que nous devons partager avec notre communauté. À travers mes prestations à l’église, je cherche à inspirer et encourager grâce à des chants qui parlent de foi et de résilience. »

Elle souligne l’importance du chant dans la vie spirituelle des fidèles :
« Il leur permet de s’exprimer librement et de vivre pleinement leur spiritualité. C’est une façon d’honorer nos traditions tout en y intégrant une touche moderne. Le chant est aussi un outil d’éducation et de sensibilisation. »
En somme, le chant est une force douce mais puissante. Il permet de préserver la culture, d’éduquer, d’unir, d’apaiser et de revendiquer. Dans un monde de plus en plus bruyant, offrir aux jeunes la possibilité de chanter, c’est leur permettre de s’exprimer autrement, de rêver, de résister, de construire. Il est donc essentiel au delà des églises, de promouvoir les espaces d’expression musicale dans les écoles, les centres culturels et les initiatives communautaires.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
Le mercredi 11 juin 2025, à labotte, dans le quartier Ndendere en commune d’Ibanda à Bukavu, neuf étudiants de l’Université Libre des Pays des Grands Lacs (ULPGL) ont participé à une séance de sensibilisation sur la résolution pacifique des conflits en milieu universitaire et communautaire. […]
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Le mercredi 11 juin 2025, à labotte, dans le quartier Ndendere en commune d’Ibanda à Bukavu, neuf étudiants de l’Université Libre des Pays des Grands Lacs (ULPGL) ont participé à une séance de sensibilisation sur la résolution pacifique des conflits en milieu universitaire et communautaire. Cette activité s’inscrit dans le cadre des stages pratiques des aspirants ambassadeurs de la paix.

Jean Ngoyi, l’un des jeunes engagés dans cette dynamique, a animé cette rencontre. « Lors de cette activité interactive, les participants ont été initiés à des approches concrètes de médiation fondées sur l’écoute active, le dialogue constructif, la réconciliation et les principes de non-violence », a-t-il expliqué.

Les étudiants ont salué l’initiative, soulignant la pertinence des enseignements reçus. Mireille, étudiante en deuxième année de droit, témoigne : « Cet atelier m’a ouvert les yeux sur la manière dont un simple malentendu peut dégénérer. Avec des techniques simples, on peut prévenir le pire. Je me rends compte que la paix commence avec moi. »

À l’issue de cette activité, Jean Ngoyi a lancé un appel fort à la jeunesse : « J’invite d’autres jeunes à rejoindre massivement la dynamique des ambassadeurs de la paix. Ensemble, construisons la paix, consolidons une culture non-violente, et œuvrons pour une Afrique unie et prospère. »
Cette action prouve une fois de plus que le changement durable commence par des initiatives locales portées par une jeunesse engagée.
Gabriel Cubaka, Volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu.
Ce 12 juin 2025, à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, Loni Irenge Joël, journaliste et défenseur des droits de l’enfant au Sud-Kivu, a sensibilisé la communauté aux dangers que représente le travail des enfants pour leur santé physique, psychologique, ainsi […]
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Ce 12 juin 2025, à l’occasion de la Journée mondiale contre le travail des enfants, Loni Irenge Joël, journaliste et défenseur des droits de l’enfant au Sud-Kivu, a sensibilisé la communauté aux dangers que représente le travail des enfants pour leur santé physique, psychologique, ainsi que pour leur éducation et leur développement personnel.
Ce dernier, devant une foule nombreuse, a donné des exemples concrets de cette pratique :
« Par exemple, sur des chantiers, on observe des enfants qui transportent de lourds fardeaux parfois plus lourds qu’eux, d’autres sont exploités dans le commerce, avec tous les dangers auxquels ils sont exposés : accidents de circulation, délinquance. Il y a aussi des jeunes filles utilisées dans la prostitution. Ces enfants sont privés de leur droit à l’éducation, car le temps d’aller à l’école est consacré à ces activités »

Irenge déplore que, malgré la présence de lois et de textes garantissant la protection des droits de l’enfant, l’exploitation des mineurs dans les travaux lourds continue de prendre de l’ampleur dans la ville de Bukavu.
« La Constitution de 2006 de la RDC précise que l’enfant a droit à la protection, que sa vie est sacrée. Il doit être protégé contre tout ce qui peut nuire à sa dignité et à sa santé. Il y a aussi le Code du travail congolais qui interdit l’emploi de personnes de moins de dix-huit ans dans divers travaux, ainsi que la Convention relative aux droits de l’enfant qui proscrit toute forme de travail mettant en danger l’épanouissement, la santé et le développement de l’enfant », a-t-il ajouté.
Il lance un appel à la responsabilité des parents pour lutter contre cette pratique, tout en exhortant les enfants à prendre conscience des risques qu’ils encourent :
« Si nous trouvons des enfants dans ces activités ici à Bukavu, c’est parce que la plupart des parents ont abandonné leur responsabilité et ont laissé leurs enfants s’adonner à ces travaux pour subvenir à leurs besoins. Les employeurs doivent également engager des personnes majeures et ne pas profiter de la vulnérabilité des enfants. »

La lutte contre le travail des enfants reste un défi majeur à Bukavu, malgré les efforts de sensibilisation et les textes de loi existants. Elle nécessite une prise de conscience collective, une mobilisation des autorités, des familles et de toute la société pour garantir aux enfants un avenir digne, fondé sur l’éducation, la santé et la protection de leurs droits fondamentaux.
Rehema Namegabe Esther, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
La science a évolué, et des chercheurs ainsi que des ingénieurs en informatique ont créé des applications pour aider les humains à résoudre certains questionnements. Parmi elles figure l’intelligence artificielle (IA), qui transforme le monde, notamment dans le domaine de l’éducation. Les logiciels éducatifs basés […]
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La science a évolué, et des chercheurs ainsi que des ingénieurs en informatique ont créé des applications pour aider les humains à résoudre certains questionnements. Parmi elles figure l’intelligence artificielle (IA), qui transforme le monde, notamment dans le domaine de l’éducation. Les logiciels éducatifs basés sur l’IA identifient les lacunes et suggèrent des exercices ciblés. Aujourd’hui, les jeunes apprenants disposent de ces ressources intelligentes, capables de faciliter la compréhension, de personnaliser les parcours et de renforcer l’autonomie. Ce qui n’est pas toujours bénéfique, car l’IA représente un danger potentiel si son usage n’est pas responsable.
À Bukavu, un élève d’une école secondaire, approché par un reporter de Watoto News, déclare avoir déjà découvert l’IA et l’utiliser régulièrement. Grâce à elle, dit-il, il apprend beaucoup sans fournir beaucoup d’efforts :
« Il n’y a pas si longtemps, l’intelligence artificielle, en tout cas pour moi, c’était un peu comme un mystère. Pour faire mes recherches ou mes devoirs, je devais toujours aller à la bibliothèque. C’était parfois long et compliqué. Cet outil répond à toutes les questions. Que ce soit en culture générale, en maths, en langues ou même dans d’autres matières, ces applications sont là pour nous aider. »
Avis contraire d’un autre élève finaliste, qui peint un tableau sombre en qualifiant l’IA de bombe à retardement :
« J’ai remarqué que presque tout le monde commence à utiliser ces applications tout le temps à l’école. Certains de mes collègues ne lisent plus de livres, ne fréquentent plus les bibliothèques et ne cherchent plus à apprendre par eux-mêmes. C’est comme si ces applications faisaient tout le travail à leur place », regrette cet élève en phase terminale.
Pour Pascal Bisimwa, parent de son état, l’usage non encadré de l’IA comporte de graves risques pour les enfants :
« Je suis pour l’intégration des technologies dans nos vies, notamment l’IA, mais pas au point de tomber dans la paresse intellectuelle. Nous, à notre époque, avons étudié sans l’intelligence artificielle. On peut l’utiliser pour améliorer notre travail, mais elle ne remplace pas nos connaissances. C’est dangereux pour nos enfants, car ils n’ont pas encore terminé leur cycle d’apprentissage. En conséquence, l’IA peut réduire leur esprit critique, encourager la paresse intellectuelle et nuire à la maîtrise réelle des savoirs. En l’absence de l’IA, ces enfants peuvent devenir vulnérables », souligne ce père de famille.
L’IA est un outil prometteur pour l’apprentissage, mais son efficacité dépend de l’encadrement pédagogique. Il est essentiel d’éduquer les jeunes à un usage responsable, critique et éthique de ces technologies.
Deogratias Kulila, volontaire pour les enfants et les jeunes, depuis Bukavu
Avec l’essor des nouvelles technologies, l’attention des enfants est souvent perturbée. Téléphones, tablettes, jeux vidéo, dessins animés en continu… Les écrans se sont infiltrés dans la vie quotidienne des plus jeunes, souvent dès la petite enfance. Mais derrière le divertissement et l’apprentissage numérique se cache […]
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Avec l’essor des nouvelles technologies, l’attention des enfants est souvent perturbée. Téléphones, tablettes, jeux vidéo, dessins animés en continu… Les écrans se sont infiltrés dans la vie quotidienne des plus jeunes, souvent dès la petite enfance. Mais derrière le divertissement et l’apprentissage numérique se cache un danger invisible, mais bien réel : celui de la détérioration de la capacité de concentration.
Quand les écrans perturbent le cerveau
Selon les recherches effectuées par Watoto News, le cerveau d’un enfant est un terrain en construction. Ses circuits neuronaux sont malléables, influencés par les expériences quotidiennes. Or, les contenus numériques, avec leur rythme rapide, leurs couleurs vives et leurs récompenses immédiates, entraînent le cerveau à rechercher en permanence la nouveauté.
Conséquences : difficulté à rester concentré plus de quelques minutes, baisse de la capacité à lire ou écouter sans distraction, irritabilité et agitation en cas de retrait des écrans.
Des chercheurs comparent cela à une forme d’entraînement à la distraction permanente.
L’école en première ligne
Les enseignants constatent une évolution inquiétante : de plus en plus d’élèves ont du mal à terminer une tâche sans être tentés de se disperser. Même dans les écoles primaires, certains manifestent des signes d’hyperstimulation, liés à un usage excessif d’écrans à la maison.
Face à ce défi, certaines écoles mettent en place des initiatives
Séances de pleine conscience ou de méditation
Espaces sans écrans
Réintroduction de jeux traditionnels et de la lecture longue
À la maison, les habitudes comptent autant que les règles. Les experts recommandent :
D’éviter les écrans avant l’âge de 3 ans
De limiter l’usage des écrans à une heure par jour entre 3 et 10 ans
De privilégier des contenus lents, calmes et pédagogiques
De passer du temps ensemble hors écran : jeux, jardinage, promenades…
Créer un environnement riche en interactions humaines, c’est offrir au cerveau de l’enfant ce dont il a besoin pour bien se développer.
Ce problème ne concerne pas uniquement les familles. Il interpelle aussi :
Le système éducatif, qui doit intégrer l’éducation au numérique
Les gouvernements, appelés à encadrer les algorithmes et la publicité ciblée
Les chercheurs, qui doivent continuer à étudier l’impact réel des écrans
Les entreprises technologiques, qui ont un devoir éthique face aux jeunes publics
Protéger l’attention des enfants, c’est investir dans leur avenir. L’attention n’est pas seulement une fonction cognitive ; c’est une porte d’entrée vers la réflexion, l’apprentissage, la créativité et l’empathie.
Dans cette guerre silencieuse, chaque geste compte : un moment de lecture, une discussion sans téléphone, un dîner sans télé. Des gestes simples… mais puissants.
L’écran n’est pas l’ennemi. Mais l’excès, le manque de cadre et l’ignorance de ses effets peuvent avoir des conséquences durables. Une prise de conscience collective est urgente. Pour que les enfants d’aujourd’hui restent présents au monde, et non uniquement connectés à un écran.
Par Kweli Birindwa,
Volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu