
Depuis toujours, le chant accompagne les peuples dans leur quotidien. Il est à la fois un mode de communication, un outil de mémoire, un espace d’émotion et un vecteur d’engagement. Dans la communauté chrétienne, la musique gospel n’est pas seulement artistique : il véhicule la culture et les valeurs chrétiennes. Chez les jeunes, le chant devient un espace d’expression personnel et collectif, leur permettant de revendiquer leur identité, leurs espoirs et leurs douleurs et de témoigner dans le cas du gospel de leur vie spirituelle. C’est pour cette raison que Watoto News a rencontré deux jeunes artistes engagés dans le Gospel.
Daniella Mazambi, présidente du groupe gospel ENA (Enfants de la Nouvelle Alliance) à Bukavu, confie que le chant a toujours occupé une place centrale dans sa vie. Elle croit fermement que l’art est un moyen puissant d’exprimer les émotions et la foi.
« Le chant, pour moi, c’est un langage. A travers les chants de notre groupe, nous transmettons des messages d’encouragement, de paix, d’amour et de justice. Dans chaque concert, nous abordons des thèmes qui touchent les jeunes : la souffrance, les conflits familiaux, la pauvreté et beaucoup plus la foi. Pour moi, chanter, c’est servir. Le chant donne aux jeunes la force de parler sans peur. »

Elle insiste aussi sur le rôle du chant dans la construction de l’identité :
« Il offre aux jeunes un espace pour s’exprimer et explorer leur identité culturelle. Dans notre groupe, des enfants de différents milieux se réunissent pour chanter ensemble. Cela renforce leur confiance en eux et leur sentiment d’appartenance. Nous avons vu comment le chant peut changer des vies, en offrant une échappatoire et en tissant des liens solides entre les membres de la communauté. »
Daniella conclut en soulignant que le chant n’est pas seulement une forme d’art, mais aussi un moyen de créer du dialogue intergénérationnel et de susciter des réflexions profondes à la lumière des saintes écritures de la Bible. Elle espère inspirer d’autres jeunes à s’engager dans cette univers artistique et spirituel.
Le chant est également un pilier des traditions orales. Dans de nombreuses cultures africaines, contes, proverbes, récits historiques, règles de conduite et messages moraux sont transmis à travers les chansons. Les enfants apprennent leur langue maternelle en chantant, tandis que les anciens partagent leur vécu à travers les mélodies populaires. Le chant lie les générations et renforce le sentiment d’appartenance à une communauté.
Sœur Joyce Kaegeya, chanteuse à l’église Laborne de Bukavu, partage cette même passion pour la musique.
« La musique est un don que nous devons partager avec notre communauté. À travers mes prestations à l’église, je cherche à inspirer et encourager grâce à des chants qui parlent de foi et de résilience. »

Elle souligne l’importance du chant dans la vie spirituelle des fidèles :
« Il leur permet de s’exprimer librement et de vivre pleinement leur spiritualité. C’est une façon d’honorer nos traditions tout en y intégrant une touche moderne. Le chant est aussi un outil d’éducation et de sensibilisation. »
En somme, le chant est une force douce mais puissante. Il permet de préserver la culture, d’éduquer, d’unir, d’apaiser et de revendiquer. Dans un monde de plus en plus bruyant, offrir aux jeunes la possibilité de chanter, c’est leur permettre de s’exprimer autrement, de rêver, de résister, de construire. Il est donc essentiel au delà des églises, de promouvoir les espaces d’expression musicale dans les écoles, les centres culturels et les initiatives communautaires.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
