POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES
Au Sud-Kivu, il a actuellement des milliers d’enfants zéro dose, c’est-à-dire qui ne se sont jamais fait vacciner, et d’autres sous-vaccinés, c’est-à-dire qu’ils ont manqué plusieurs doses prévues dans le calendrier vaccinal. Cette situation qui met en danger la vie de ces enfants, a été […]
La mode ne se limite plus à une simple affaire de goût ou d’élégance : elle est devenue, pour de nombreux jeunes, un puissant outil d’affirmation de soi. À Bukavu, comme dans d’autres villes africaines, un phénomène se dessine avec force : des jeunes qui […]
Environ 40 journalistes, enfants journalistes du RJAE et enfants reporters de l’UNICEF, s’engagent à contribuer aux efforts visant l’amélioration de la couverture vaccinale en RDC. Ils l’ont dit ce mercredi 30 août 2023, à l’issue d’une formation organisée à Bukavu au Sud-Kivu, par le Programme […]
Chaque année, des millions d’enfants sont protégés grâce aux vaccins contre des maladies graves comme la rougeole, la polio ou la coqueluche. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, vacciner un enfant reste un combat. Manque d’information, rumeurs, résistances culturelles : les obstacles sont nombreux […]
Un drame s’est produit à Bukavu tôt dans la matinée de ce jeudi 3 juillet 2025. Un incendie, dont l’origine reste encore inconnue, a coûté la vie à Eliyachim Amani, un écolier de 7 ans inscrit en première année à l’école primaire Bugabo, située dans […]
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Un drame s’est produit à Bukavu tôt dans la matinée de ce jeudi 3 juillet 2025. Un incendie, dont l’origine reste encore inconnue, a coûté la vie à Eliyachim Amani, un écolier de 7 ans inscrit en première année à l’école primaire Bugabo, située dans la commune de Kadutu.
Le sinistre s’est déclaré aux alentours de 1h30 du matin dans le quartier Nyakaliba, sur l’avenue Kadurhu. Buroko Faustin, chef de quartier, a confirmé l’information lors d’un entretien avec un reporter de Watoto News, présent sur les lieux.
En plus des dégâts matériels importants, c’est surtout la perte tragique de ce jeune garçon, plein d’avenir et porteur d’espoir pour sa famille, qui marque les esprits.
Alertés rapidement, des membres de la Croix-Rouge de la RDC sont intervenus pour extraire le corps sans vie de l’enfant des décombres. Ils ont également pris les dispositions nécessaires pour que son inhumation se fasse dans la dignité.
Il convient de rappeler qu’un incendie similaire avait déjà frappé la ville le 27 septembre 2021, laissant de nombreuses familles sans abri.
Patient Bulangalire Volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
L’école maternelle Godefroid Ngongo a célébré en beauté la fin de l’année scolaire 2024-2025 à Bugarula, dans la chefferie de Rubenga, paroisse de Bumpeta mercredi 2 juillet 2025. La cérémonie de proclamation des résultats s’est tenue en présence des parents, des enfants et de plusieurs […]
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L’école maternelle Godefroid Ngongo a célébré en beauté la fin de l’année scolaire 2024-2025 à Bugarula, dans la chefferie de Rubenga, paroisse de Bumpeta mercredi 2 juillet 2025. La cérémonie de proclamation des résultats s’est tenue en présence des parents, des enfants et de plusieurs invités.
Au total, 90 enfants étaient inscrits cette année, dont 5 au crèche et 85 répartis de la première à la troisième année maternelle, a confirmé Sœur Angeline Cizungu, directrice de l’établissement.
« Nous sommes très heureuses d’avoir clôturé cette année en beauté. Nous avons reçu une bénédiction particulière de l’archevêque de Bukavu qui nous a offert deux vaches pour que, dès l’an prochain, les enfants puissent bénéficier de lait. En plus, trois de nos enseignantes ont donné naissance cette année et une autre s’est mariée », a-t-elle déclaré avec fierté.
Elle a également annoncé que 31 enfants ont reçu leurs certificats de fin de cycle maternel et rejoindront l’école primaire en 2025-2026.
Parmi les moments forts de la journée : des productions poétiques, récitations et sketches éducatifs présentés par les enfants, notamment Machumu Vuningoma (5 ans) et Angèle Ilunga (4 ans), sous les regards émus des invités.
Sœur Cizungu a profité de l’occasion pour inviter les parents à inscrire leurs enfants dans son établissement, afin de leur garantir une base solide avant l’entrée à l’école primaire. Elle a aussi lancé un appel à la vigilance et à l’encadrement parental pendant les vacances.
L’école maternelle Godefroid Ngongo, placée sous la gestion de l’Église catholique, continue de jouer un rôle essentiel dans la formation des tout-petits sur l’île d’Idjwi.
Richelieu Byamana volontaire pour les enfants et les jeunes à idjwi
À Bukavu et dans ses environs, de nombreux enfants, parfois âgés de seulement 15 ans, se retrouvent contraints de travailler dans la pêche sur le lac Kivu. Cette activité, exigeante et dangereuse, compromet non seulement leur santé et leur sécurité, mais aussi leur avenir, les […]
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À Bukavu et dans ses environs, de nombreux enfants, parfois âgés de seulement 15 ans, se retrouvent contraints de travailler dans la pêche sur le lac Kivu. Cette activité, exigeante et dangereuse, compromet non seulement leur santé et leur sécurité, mais aussi leur avenir, les privant d’une enfance épanouie et d’un accès à l’éducation. Chaque jour, ils affrontent les dures réalités de ce métier risqué.
Le mercredi 4 juillet, Watoto News s’est rendu à Kalengera, une station de pêche située dans la commune de Bagira, pour recueillir les témoignages poignants de ces jeunes pêcheurs.
Daniel Murhula, 15 ans, originaire de l’île d’Idjwi, raconte son parcours :
« Nous avons quitté le port de Bugarula à Idjwi hier matin. J’étais avec mon oncle, propriétaire d’une pirogue. Nous sommes venus à Bukavu vendre les sambaza que nous avons pêchés dans la nuit de samedi. »
Il confie ensuite : « Les conditions de pêche sont vraiment pénibles, mais nous n’avons pas le choix. »
Daniel évoque les dangers auxquels il est exposé :
« Il fait très froid la nuit, et lorsqu’il y a des tempêtes, le risque de noyade est élevé. »
Il parle aussi des privations qu’il subit au quotidien :
« Quand la pêche est mauvaise, on mange difficilement. J’ai arrêté l’école en 4e primaire, car mes parents n’ont plus les moyens de payer les frais. »

François, un autre garçon vivant à Mulambula (commune de Bagira), partage un vécu similaire.
« Les nuits sont les plus dures. Il fait très froid, et parfois les vagues sont si fortes qu’elles peuvent faire chavirer nos pirogues. »
Il explique la peur constante, mais aussi la nécessité de continuer :
« Si on ne pêche pas, on ne mange pas. »
Comme beaucoup d’enfants dans sa situation, François a dû renoncer à l’école pour subvenir aux besoins de sa famille :
« Mes parents n’ont pas les moyens de m’inscrire à l’école, alors je viens ici pour les aider. »
Celui-ci il exprime avec émotion son souhait d’un avenir meilleur :
« J’aimerais tellement pouvoir étudier et devenir enseignant. Mais pour l’instant, mon seul métier, c’est la pêche. »
Les défis quotidiens que rencontrent les enfants pêcheurs du lac Kivu ne sont pas de simples difficultés passagères, mais de véritables menaces pour leur développement physique, mental et social. Au-delà des risques immédiats comme la noyade ou le froid intense, ces enfants sont privés d’une enfance digne et de l’accès à l’éducation, qui pourrait pourtant transformer leur vie. Cette réalité les enferme dans un cycle de pauvreté et d’exclusion, réduisant à néant leurs rêves, comme celui de devenir enseignant. Il est urgent d’agir pour leur offrir des alternatives concrètes, assurant leur protection et leur droit fondamental à un avenir digne et prometteur.
Ces témoignages soulignent l’urgence de protéger ces enfants et de leur offrir des alternatives éducatives et économiques durables.
Gabriel Cubaka, volontaire pour les enfants et les jeunes
Souvent perçu comme marginal ou rebelle, l’art de rue est aujourd’hui un espace de parole puissant, surtout pour les jeunes. Graffitis, fresques murales, slam, danse urbaine, théâtre de rue… ces formes d’expression permettent aux jeunes de s’approprier l’espace public pour dénoncer, sensibiliser ou revendiquer. Dans […]
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Souvent perçu comme marginal ou rebelle, l’art de rue est aujourd’hui un espace de parole puissant, surtout pour les jeunes. Graffitis, fresques murales, slam, danse urbaine, théâtre de rue… ces formes d’expression permettent aux jeunes de s’approprier l’espace public pour dénoncer, sensibiliser ou revendiquer. Dans un contexte où les canaux traditionnels de participation sont souvent inaccessibles, l’art de rue devient un outil civique, un miroir de la société et un cri collectif.
Patrick Mutingamo, 24 ans, graffeur à Kinshasa :
« Pour moi, chaque mur est une page blanche. J’y peins des visages de femmes pour dénoncer les violences sexuelles, ou des slogans pour rappeler aux jeunes de voter. L’art me permet de parler sans crier. »
Nadine Lwaboshi, 22 ans, slameuse à Bukavu :
« Je monte souvent sur scène dans les rues du marché. Je parle des enfants de la rue, des injustices sociales, des jeunes sans emploi. Les passants s’arrêtent, écoutent, certains pleurent. C’est ça ma force. »
Davy Kakule, 26 ans, danseur urbain à Goma :
« Nos chorégraphies racontent la souffrance des déplacés, les tensions politiques, la vie dans nos quartiers. C’est de la danse, mais c’est aussi un message. On nous écoute plus quand on danse que quand on parle. »
L’art de rue, aussi appelé art urbain, désigne l’ensemble des formes artistiques qui s’expriment dans l’espace public, généralement en dehors des cadres institutionnels. Il inclut des pratiques comme les graffitis, les fresques murales, le slam, le théâtre de rue, la danse urbaine ou encore les performances spontanées. C’est un art libre, souvent engagé, qui permet aux artistes, notamment les jeunes, de faire passer des messages sociaux, politiques ou culturels, directement au cœur de la population.
Avis des spécialistes
Dr Chantal Mukeba, anthropologue :
« L’art de rue joue un rôle crucial dans la participation citoyenne des jeunes. Il permet de briser le silence et de créer un dialogue entre les jeunes et leur environnement sociopolitique. »
Prof. Dieudonné Bashige, sociologue :
« C’est une forme d’engagement civique non conventionnel, mais très influente. Les messages passés à travers l’art sont souvent plus percutants et mémorisés que les discours politiques classiques. »
Noé Balume, expert en éducation artistique :
« Il faut encourager les municipalités à intégrer l’art de rue dans leur politique culturelle. Quand les jeunes s’expriment librement, ils se sentent écoutés, valorisés, et cela renforce la cohésion sociale. »
Déborah Ilunga, curatrice d’art urbain :
« Le street art est un langage universel. Même sans mots, il touche. Il permet aux jeunes des milieux populaires d’exister, de se faire entendre et de revendiquer leur droit à la ville. »
Moïse Kavusa, éducateur civique :
« Ce que beaucoup de décideurs ne comprennent pas, c’est que l’art de rue est une forme d’éducation citoyenne. Il sensibilise, il forme, et il responsabilise les jeunes acteurs. »
Les spécialistes s’accordent à reconnaître l’art de rue comme une véritable forme d’expression civique. Il éveille les consciences, éduque la société et offre aux jeunes un espace libre et symbolique pour s’affirmer et agir.
L’art de rue, bien plus qu’une forme de divertissement, est un levier de transformation sociale. Il redonne aux jeunes une voix dans l’espace public, les implique dans les débats citoyens et les aide à construire une société plus juste. Soutenir ces formes d’expression, c’est ouvrir la voie à une jeunesse engagée, créative et responsable.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
Pendant les vacances scolaires, de nombreux enfants sont exposés à divers dangers : accidents de circulation, tentatives de kidnapping, dépendance aux écrans, vagabondage, ou encore délinquance. Dans ce contexte, plusieurs initiatives visent à offrir un encadrement utile et sécurisé aux enfants durant cette période sensible. […]
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Pendant les vacances scolaires, de nombreux enfants sont exposés à divers dangers : accidents de circulation, tentatives de kidnapping, dépendance aux écrans, vagabondage, ou encore délinquance. Dans ce contexte, plusieurs initiatives visent à offrir un encadrement utile et sécurisé aux enfants durant cette période sensible.
Interrogé à ce sujet, Thaïs Akole Kisangala, promoteur de la bibliothèque pour enfants Adov ASBL, insiste sur l’importance de bien accompagner les enfants après la période scolaire. Selon lui, sa bibliothèque joue un rôle fondamental en offrant un cadre d’apprentissage et de développement à travers la lecture et des activités éducatives adaptées.
« Notre bibliothèque joue un rôle crucial pendant les vacances. Elle aide à lutter contre le vagabondage des enfants et constitue une forme d’éducation post-scolaire. Cela permet aux enfants de rester occupés, de ne pas oublier ce qu’ils ont appris à l’école et de mieux se préparer pour la rentrée », explique Thaïs Akole Kisangala.

De son côté, Fortune Ansima, mère de trois enfants, souligne également l’importance d’inscrire les enfants dans des activités éducatives ou sportives pendant les vacances, afin d’éviter l’oisiveté.
« Ce que j’attends des encadreurs, c’est qu’ils offrent aux enfants des espaces de créativité. Aujourd’hui, certains rêvent seulement de posséder des smartphones, oubliant les activités manuelles. Il faut leur donner envie de créer, d’apprendre, les orienter vers des jeux de concentration, des jeux mathématiques, pour développer leur logique », déclare-t-elle.
Elle lance enfin un appel aux autres parents, les invitant à s’impliquer davantage dans le suivi de leurs enfants durant cette période : « Nous devons aussi trouver du temps pour être présents dans leur éducation, même en dehors de l’école. »
En encadrant les enfants avec attention, créativité et bienveillance, familles, éducateurs et communautés transforment ce temps libre en véritable tremplin vers l’épanouissement.
Rehema Namegabe Esther volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
Dans une ville où les jeunes femmes sont encore trop souvent enfermées dans des stéréotypes ou limitées par des attentes sociales rigides, Ruth Célestine fait figure d’exception. Belle, indépendante et ambitieuse, elle incarne une nouvelle génération de femmes congolaises décidées à briser les normes traditionnelles. […]
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Dans une ville où les jeunes femmes sont encore trop souvent enfermées dans des stéréotypes ou limitées par des attentes sociales rigides, Ruth Célestine fait figure d’exception. Belle, indépendante et ambitieuse, elle incarne une nouvelle génération de femmes congolaises décidées à briser les normes traditionnelles.
Alors que bon nombre de ses contemporaines font face au chômage ou à la dépendance financière, Ruth a pris un chemin audacieux : elle s’est engagée dans le domaine de l’électricité, un secteur technique encore majoritairement masculin dans la région.
« Je veux prouver qu’une femme peut aussi réussir dans les métiers techniques. L’électricité n’est pas réservée aux hommes. J’ai choisi ce domaine parce que j’aime les défis et je crois en mon avenir », confie-t-elle, le sourire franc et le regard déterminé.
Mais Ruth ne se limite pas à ses compétences professionnelles. Elle est aussi un modèle d’autonomie. Loin des clichés qui associent la réussite féminine à l’aide masculine, elle trace sa propre voie. « Je travaille pour réaliser mes rêves, pas pour plaire ni pour dépendre. Chaque femme devrait pouvoir choisir librement son chemin, sans compromis », affirme-t-elle avec conviction.

Toujours célibataire, Ruth ne considère pas son statut comme un souci. « Je suis concentrée sur ma carrière et ma formation. L’amour viendra en son temps. Pour l’instant, je construis mon avenir. »
Dans un Goma en pleine transformation, des jeunes femmes comme Ruth Célestine incarnent l’espoir d’une société plus équitable, où chaque fille peut rêver grand et bâtir son avenir grâce à sa détermination, son travail et son talent.
Kweli Birindwa volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
Dans de nombreuses familles et écoles, les enfants ne sont pas toujours consultés lorsqu’il s’agit de décisions importantes liées à leur éducation : choix de l’établissement, de la filière ou encore des activités extrascolaires. Pourtant, leur implication dans ces choix est essentielle pour renforcer leur […]
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Dans de nombreuses familles et écoles, les enfants ne sont pas toujours consultés lorsqu’il s’agit de décisions importantes liées à leur éducation : choix de l’établissement, de la filière ou encore des activités extrascolaires. Pourtant, leur implication dans ces choix est essentielle pour renforcer leur développement personnel, leur confiance en eux et leur motivation.
Un manque d’écoute qui freine l’engagement
Lorsqu’on décide à la place des enfants sans leur demander leur avis, ces derniers peuvent se sentir ignorés ou incompris. Cela peut entraîner un sentiment de frustration et un détachement vis-à-vis des objectifs imposés. L’enfant, ne se reconnaissant pas dans ces décisions, perd peu à peu le goût d’apprendre ou de s’investir pleinement.

Plusieurs auteurs congolais soulignent l’importance d’impliquer l’enfant dans ses choix scolaires. Aimé Rufin Ngagnon, dans son ouvrage « Motivation en milieu scolaire congolais », insiste sur le rôle crucial de la motivation dans le processus d’apprentissage. Il met en lumière le lien entre la réussite scolaire et la prise en compte des besoins, des intérêts et des aspirations de l’élève.
Impliquer, ce n’est pas céder, c’est dialoguer
Impliquer un enfant ne signifie pas le laisser tout décider. C’est lui offrir un espace d’écoute, lui permettre de poser des questions, de comprendre les raisons des choix proposés et d’y adhérer en conscience. Cette approche favorise un climat de confiance et de respect mutuel, et donne à l’enfant le sentiment d’être acteur de son avenir.
Témoignage d’Esther Bisimwa, 14 ans, élève au C.S. Horizon à Bukavu :
« Je voulais étudier la biochimie et faire médecine pour devenir docteur et aider les gens de mon quartier. Mais mes parents ont choisi pour moi la pédagogie, disant que c’était plus facile pour trouver un emploi. Je fais des efforts, mais je n’ai pas la même motivation. Parfois, je vais à l’école juste pour leur faire plaisir, pas parce que j’aime ce que j’apprends. J’ai l’impression qu’on m’a volé mon rêve. »
Décider sans l’enfant peut sembler plus rapide, mais c’est rarement plus bénéfique. Pour qu’un enfant s’épanouisse à l’école et réussisse, il doit se sentir impliqué dans son propre parcours. Écoutons-le, accompagnons-le, orientons-le, mais ne le réduisons pas au silence. Sa voix compte.
Clarisse Zihalirwa volontaire pour les enfants les jeunes à Watoto News
Dans un monde souvent marqué par les conflits, les disputes ou les guerres, il est essentiel de se rappeler que la paix ne dépend pas uniquement des adultes ou des dirigeants. Elle commence dans les gestes simples du quotidien : une parole bienveillante, un jeu […]
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Dans un monde souvent marqué par les conflits, les disputes ou les guerres, il est essentiel de se rappeler que la paix ne dépend pas uniquement des adultes ou des dirigeants. Elle commence dans les gestes simples du quotidien : une parole bienveillante, un jeu partagé sans violence, une main tendue. Et surtout, la paix commence avec l’enfant.
Un enfant apprend ce qu’il vit, il grandit dans un environnement paisible, où les conflits sont résolus par le dialogue plutôt que par la violence, deviendra naturellement une personne pacifique. À l’inverse, s’il est témoin de disputes fréquentes, de cris ou d’agressions, il risque de reproduire ces comportements.
C’est pourquoi l’éducation à la paix doit commencer dès le plus jeune âge*, à la maison, à l’école, à l’église ou dans la communauté.
Samuel Iragi, 12 ans, habitant de Bukavu, confie à Watoto News :
« Avant, je croyais que la paix, c’était seulement quand il n’y avait pas de guerre. Mais un jour, j’ai vu mon ami pleurer parce que ses parents s’étaient disputés très fort. Ce jour-là, j’ai compris que la paix commence à la maison, à l’école, entre nous les enfants.
Depuis, je parle souvent à mes camarades pour qu’on évite les bagarres, qu’on se respecte. Je veux devenir celui qui parle de paix, pas seulement pour mon quartier, mais pour tout le pays. Parce que sans la paix, on ne peut pas apprendre, ni jouer, ni rêver grand. Moi, je choisis de semer la paix partout où je vais. »
L’enfant est un puissant messager, même si sa voix est souvent sous-estimée. Lorsqu’un enfant dit « ce n’est pas bien de se battre », il peut toucher les cœurs plus fort que bien des discours. En proposant de partager ou de pardonner, il devient un exemple.
L’enfant peut être un véritable petit ambassadeur de paix, en encourageant ses amis à dialoguer, à s’entraider, à se tolérer.
Un environnement paisible favorise son épanouissement. La guerre, au contraire, prive l’enfant de ses droits fondamentaux : sécurité, éducation, santé, loisirs. Elle le pousse parfois à fuir, à vivre dans la peur, à quitter l’école ou à subir des traumatismes.
Un enfant qui grandit dans la paix a plus de chances de réussir, de rêver, et de contribuer positivement à sa société. Construire la paix, c’est protéger l’enfance.
Kolelas Pascal
Auteur et éducateur, Kolelas Pascal a consacré plusieurs de ses récits pour enfants à la paix et au vivre-ensemble, notamment dans des contextes post-conflits. Il insiste sur l’importance d’enseigner la paix dès le plus jeune âge comme moyen de prévenir les violences futures.
Sony Labou Tansi
Dans ses œuvres engagées pour la liberté et la dignité humaine, Sony Labou Tansi dénonce les ravages de la guerre sur les populations, y compris les enfants. Il plaide pour un monde où chaque enfant peut rêver sans peur et souligne l’urgence d’inculquer la culture de la paix dès l’enfance.
L’école, un lieu d’apprentissage de la paix
L’école ne se limite pas à l’enseignement des mathématiques ou du français. Elle est aussi un espace où l’enfant apprend à vivre avec les autres. Respect, tolérance, écoute et gestion des conflits s’y cultivent au quotidien. Des jeux coopératifs, des cercles de parole ou des clubs de paix peuvent transformer les élèves en véritables acteurs du changement.
L’enfant, vecteur de paix à la maison, quand un enfant parle de paix, il peut transformer son environnement. Par ses mots ou ses gestes, il peut inspirer ses parents à dialoguer autrement, à respecter davantage, à construire un climat plus apaisé. Le respect commence par l’exemple, même venant des plus jeunes.
Une vision biblique de la paix par les enfants
La Bible souligne aussi la valeur des enfants dans la construction de la paix. Dans Ésaïe 54:13, il est écrit : « Tous tes enfants seront disciples de l’Éternel, et grande sera la paix de tes enfants. » Ce verset montre que des enfants instruits dans la voie du bien vivent dans la paix et la sécurité.
L’enfant n’est pas un simple témoin : il est un pilier de la paix.Former aujourd’hui des enfants pacifiques, ouverts et respectueux, c’est bâtir une société plus humaine pour demain. Chaque enfant porte une lumière, une voix, une force. Ne l’éteignons pas. Nourrissons-la.
Offrons aux enfants un monde de paix, écoutons-les, protégeons-les, impliquons-les car un enfant qui grandit dans la paix deviendra un adulte qui construit la paix.
La paix commence avec les enfants, grandir en paix est leur droit, les éduquer à la paix, c’est un devoir des adultes.
Clarisse Zihalirwa volontaire pour les enfants et les jeunes au sud kivu
À Goma, comme dans toute la République Démocratique du Congo, les élèves de sixième année primaire viennent de terminer l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFFEP). Ce moment crucial de leur parcours scolaire est souvent teinté de stress, mais aussi d’une grande fierté et d’un […]
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À Goma, comme dans toute la République Démocratique du Congo, les élèves de sixième année primaire viennent de terminer l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFFEP). Ce moment crucial de leur parcours scolaire est souvent teinté de stress, mais aussi d’une grande fierté et d’un fort désir d’avenir. Watoto News est allé à la rencontre de ces jeunes candidats pour recueillir leurs impressions après les épreuves.
Sur le chemin du retour, les discussions sont animées, les émotions encore fraîches.
« Je suis très content d’avoir passé cet examen. J’avais peur de ne pas y arriver à cause de la guerre. Les cours n’ont pas toujours été faciles, mais les épreuves se sont bien passées. Je remercie les autorités qui nous ont permis de passer l’examen malgré la situation difficile dans la ville », confie Ephraïm, 13 ans, le sourire timide.
Un examen, symbole de résilience face à l’insécurité
Au-delà du soulagement, c’est un véritable sentiment de victoire qui se lit sur les visages des enfants et de leurs familles. Réussir à se présenter à l’examen, malgré les interruptions de cours, les déplacements forcés et l’instabilité sécuritaire, est déjà en soi un exploit.
« On est vraiment contents d’avoir pu passer les examens », explique Hugues. « À cause de la guerre, on a souvent manqué les cours, et nos parents n’avaient plus les moyens. Mais aujourd’hui, on a pu les faire, et nous remercions le ministère de l’Enseignement. »
Cette gratitude est largement partagée. Les familles saluent l’opportunité donnée à leurs enfants d’avancer malgré les difficultés. Le maintien de l’ENAFFEP est vu comme un pas important vers un retour à la normalité, tant espérée.
Quelle que soit l’issue des résultats, cette édition de l’ENAFFEP restera une expérience marquante pour les enfants de Goma un premier pas vers leurs rêves, portés par l’espoir, la persévérance et la résilience.
Ornella Wamungu volontaire pour les enfants et les jeunes à Goma
Dans les zones rurales, les conflits familiaux ne sont pas rares : disputes fréquentes entre conjoints, séparations, polygamie, stress financier, alcoolisme ou violences verbales et physiques. Si ces tensions sont souvent considérées comme des « affaires d’adultes », elles ont pourtant un impact direct sur […]
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Dans les zones rurales, les conflits familiaux ne sont pas rares : disputes fréquentes entre conjoints, séparations, polygamie, stress financier, alcoolisme ou violences verbales et physiques. Si ces tensions sont souvent considérées comme des « affaires d’adultes », elles ont pourtant un impact direct sur les enfants. Dans le silence ou à travers leur comportement, ceux-ci tentent d’interpréter ce qu’ils vivent. Leur perception est souvent marquée par l’incompréhension, la peur ou la culpabilité, influençant profondément leur développement émotionnel et social.
Clarisse Zagabe, 12 ans, village de Mugogo :
« Quand mes parents se disputent, je me cache sous le lit. J’ai peur qu’ils se fassent du mal. Je pense que c’est ma faute, peut-être que j’ai mal fait quelque chose. »
Moïse Bitakwira, 11 ans, Katana :
« Mon père rentre souvent tard, il crie sur maman. Quand ça arrive, je n’arrive plus à bien étudier. J’ai toujours la tête ailleurs à l’école. »
Chantal Bugende, 13 ans, Walungu :
« Parfois, maman pleure en silence après une dispute. Moi aussi je pleure, mais je fais semblant que tout va bien. À la maison, on ne parle pas de ces choses. »
Papa Désiré, père de quatre enfants :
« On se dispute souvent avec ma femme à cause de l’argent. Mais maintenant, je vois que les enfants deviennent plus nerveux. Ils nous observent, même si on ne le remarque pas. »
Maman Espérance, veuve :
« Mes enfants ont beaucoup changé depuis que leur père nous a quittés. L’un d’eux parle peu, l’autre est devenu très agressif. Je ne sais pas comment les aider. »
Les conflits familiaux désignent les tensions, disputes ou désaccords persistants qui surviennent entre les membres d’une famille. Ils peuvent être causés par des problèmes financiers, des incompréhensions, l’infidélité, l’alcoolisme, les différences d’éducation ou encore les responsabilités mal partagées. Ces conflits peuvent être verbaux, émotionnels ou physiques, et ont un impact direct sur l’équilibre de la cellule familiale.
Avis des spécialistes
Dr Nathalie Bahati, psychologue familiale :
« Les enfants perçoivent tout. Même sans comprendre les mots, ils ressentent la tension. Ils peuvent se sentir responsables ou vivre dans une peur constante. Cela se traduit par des cauchemars, une baisse du rendement scolaire ou des troubles émotionnels. »
Claire Musafiri, assistante sociale :
« Dans les zones rurales, il y a peu d’espace pour exprimer ce qu’on ressent. Les enfants se renferment, pensant que c’est normal. Il faut des clubs d’écoute dans les écoles ou les villages. »
Prof. Jean-Marc Lukusa, sociologue :
« Les conflits familiaux deviennent parfois un modèle que les enfants reproduisent. Un garçon qui voit son père crier sur sa mère peut répéter ce comportement plus tard, croyant que c’est acceptable. »
Benoît Kavira, enseignant en milieu rural :
« On voit des enfants perturbés en classe. Certains deviennent agités, d’autres très silencieux. Souvent, après discussion, on découvre des problèmes à la maison. Les enseignants doivent être formés pour repérer ces signes. »
Sœur Violette Bisimwa, éducatrice :
« La solution passe par l’éducation des parents : ils doivent apprendre à gérer les conflits sans violence. Et surtout, considérer leurs enfants comme des êtres sensibles, pas comme des témoins passifs. »
Dr Aimée Nyangoma, psychiatre :
« L’impact à long terme peut être grave : troubles de la personnalité, difficultés relationnelles à l’âge adulte. L’État et les ONG doivent renforcer le soutien psychosocial en milieu rural. »
Les spécialistes s’accordent à dire que les conflits familiaux ne laissent aucun enfant indifférent. Dans les zones rurales, où les ressources d’accompagnement sont rares, les enfants sont encore plus vulnérables. Ils absorbent les tensions, souvent en silence, ce qui affecte leur comportement, leur scolarité et leur avenir psychologique. Les experts recommandent une approche globale : sensibiliser les parents, renforcer la formation des enseignants, mettre en place des espaces d’écoute dans les communautés et intégrer un accompagnement psychosocial dans les services de base. Protéger les enfants, c’est aussi soigner les relations familiales.
Les enfants ne sont pas aveugles face aux tensions familiales. Dans les zones rurales, leur vulnérabilité est accrue par le manque de soutien psychologique, de dialogue et d’espaces sûrs. Pour préserver leur équilibre émotionnel, il est urgent d’impliquer les familles, les écoles et les autorités locales dans la prévention des violences familiales. Préserver la paix à la maison, c’est construire un avenir plus sain pour toute la société.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu