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John, jeune de 17 ans, natif de Runingu, dans la plaine de la Ruzizi, a été initié au métier des armes à seulement 14 ans, alors qu’il était sans occupation, ne sachant pas quoi faire de sa misérable vie.

Dans un entretien avec Watoto News jeudi 28 septembre 2023, ce jeune au teint noirâtre, le regard vif, explique qu’embrigadé dans un groupe armé, les adultes lui ont appris à tuer, voler et répandre le mal autour de lui.

Selon son témoignage , à force de le faire, il en prenait dégoût car conscient que sa place n’est pas dans cette vie de brigand.

« J’ai arrêté mes études en 5ème année primaire par manque de moyens financiers. Je commençais à vagabonder dans le quartier jusqu’à ce qu’un jour mes amis me prosposent de m’amener hors de mon village. Disant qu’ils allaient dans un deal des grands là où je vais trouver un emploi et avoir de l’argent pour résoudre mes besoins. Je les ai suivi, malheureusement je vais me rendre compte qu’il ne s’agissait pas vraiment d’emploi tel que je croyais mais je venais d’intégrer malgré moi un groupe armé. J’avais 14 ans à l’époque et on m’a appris à faire que du mal aux autres,», explique-t-il, avec regret.

A l’âge de 16 ans, alors envoyé en opération de vol au village, John tombe sur les mobilisateurs terrain du projet de résilience en éducation, dans son volet non formel, qui identifie les jeunes et adolescents vulnérables et les enregistre pour leur donner une seconde chance dans l’apprentissage de métier.

Processus d’identification des bénéficiaires du projet de résilience dans la plaine de la ruzizi

Il décide d’abandonner son ancienne vie meurtrière et grâce à l’ UNICEF, il est démobilisé et commence l’apprentissage des métiers.

Le jeune adolescent choisit la coupe et couture comme filière, et grâce au projet de résilience en éducation non formelle, le voilà bénéficiaire d’une formation de 10 mois suivie de la pratique.

Au final, ce projet financé par UNICEF avec le fonds du Ministère allemand de la coopération économique et du développement (BMZ), le dote d’une nouvelle arme pour gagner sa vie : la machine à coudre et ses accessoires.

L’espoir est revenu pour cet adolescent.

« Aujourd’hui je gagne mon propre argent , je ne manque plus de rien. Quand j’étais dans la brousse, je ne pouvais avoir ni soulier, ni de bons vêtements. Même le lait de beauté il y ‘en avais pas. Mais à partir de mon nouveau travail de couturier, tout a changé, même la couleur de ma peau a changé. Dans la brousse j’étais plus noir mais aujourd’hui c’est plus le cas mon vrai teint est ressorti, à travers la couture qui paie bien et avec honorabilité ! Aujourd’hui je suis respecté et très sollicité ! Grâce à la couture, je prend en charge tous mes besoins,» confie-t-il.

John invite les autres jeunes à quitter la vie de la brousse et s’engager dans les métiers.

«J’invite les autres adolescents et jeunes à quitter les groupes armés. A l’UNICEF d’aider aussi mes amis qui restent dans la brousse comme ça été fait pour moi. Qu’ils rentrent à la maison et vivent leur enfance normalement ! Parce que moi depuis que je n’y suis plus et que j’ai la possibilité de me prendre en charge, je me suis rendu compte que ce n’était pas une bonne vie la bas ! On mange mal, on manque des habits, on vit dans le stress et des dangers, on fait des choses pas bien, et le pire il n’y a pas de salaire, si ce n’est un jour se faire tuer ou se faire lyncher,” insiste-t-il.

Sage conseil de John, qui poursuit en souriant : “Certains peuvent faire la mécanique ou la menuiserie, ou encore la maçonnerie et pourquoi pas la coupe et couture comme moi.»

L’adolescent John fait partie de la deuxième cohorte des adolescents formés dans ce projet de résilience en éducation dans son volet non formel, qui implique un travail en synergie des organisations non gouvernementales et l’Etat congolais (EPST et Divisions de la jeunesse, Affaires sociales, Formation professionnelle et metiers) avec l’appui technique et financier de l’UNICEF.

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