POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES
Au Sud-Kivu, il a actuellement des milliers d’enfants zéro dose, c’est-à-dire qui ne se sont jamais fait vacciner, et d’autres sous-vaccinés, c’est-à-dire qu’ils ont manqué plusieurs doses prévues dans le calendrier vaccinal. Cette situation qui met en danger la vie de ces enfants, a été […]
La mode ne se limite plus à une simple affaire de goût ou d’élégance : elle est devenue, pour de nombreux jeunes, un puissant outil d’affirmation de soi. À Bukavu, comme dans d’autres villes africaines, un phénomène se dessine avec force : des jeunes qui […]
Environ 40 journalistes, enfants journalistes du RJAE et enfants reporters de l’UNICEF, s’engagent à contribuer aux efforts visant l’amélioration de la couverture vaccinale en RDC. Ils l’ont dit ce mercredi 30 août 2023, à l’issue d’une formation organisée à Bukavu au Sud-Kivu, par le Programme […]
Chaque année, des millions d’enfants sont protégés grâce aux vaccins contre des maladies graves comme la rougeole, la polio ou la coqueluche. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, vacciner un enfant reste un combat. Manque d’information, rumeurs, résistances culturelles : les obstacles sont nombreux […]
Dans la province du Sud-Kivu, les agriculteurs font face à une crise agricole majeure marquée par le manque de semences, l’insécurité persistante et les effets de la perturbation climatique. Cette situation affecte particulièrement les territoires de Walungu, Kabare et Kalehe, où la saison culturale B […]
ACTUALITÉS
Dans la province du Sud-Kivu, les agriculteurs font face à une crise agricole majeure marquée par le manque de semences, l’insécurité persistante et les effets de la perturbation climatique.
Cette situation affecte particulièrement les territoires de Walungu, Kabare et Kalehe, où la saison culturale B risque d’être compromise, aggravant davantage l’insécurité alimentaire.
Walungu : à Kamanyola, la sécheresse épuise les réserves agricoles
Dans la plaine de la Ruzizi, à Kamanyola, dans le territoire de Walungu, les cultivateurs peinent à relancer leurs activités agricoles après une saison culturale A marquée par de faibles rendements. Les cultures de maïs et de haricots ont été sévèrement touchées par l’absence prolongée des pluies, réduisant considérablement les récoltes et épuisant les semences habituellement conservées pour la saison suivante.
Rencontrés dans différents quartiers de la cité, plusieurs paysans expriment leurs inquiétudes :
« Nous n’avons plus de semences pour préparer la saison B. Si rien n’est fait rapidement, nous risquons de ne rien récolter dans les mois à venir »,
confie un agriculteur local.
Face à cette situation, les producteurs appellent à un appui urgent en semences adaptées, afin de sauver la saison culturale B et prévenir une détérioration de la situation nutritionnelle dans la région.
À Kabare, les agriculteurs déplacés sont sans terres ni semences
Dans le territoire de Kabare, notamment à Miti, les agriculteurs déplacés par les conflits armés font face à un double défi : le manque de terres arables et la pénurie de semences.
Janvier Bapurusi Masirika, agriculteur et habitant de Miti, explique que de nombreux déplacés n’ont pas accès à des champs propres pour cultiver.
« La majorité des agriculteurs déplacés n’ont pas de terres. Même ceux qui parviennent à en louer se heurtent au manque de semences. C’est un véritable casse-tête »,
déplore-t-il.
Selon lui, le choix des semences doit impérativement tenir compte du climat, du relief, de la nature du sol et de la courte durée de la saison culturale B, excepté pour certaines cultures maraîchères dans des zones irriguées.
« Sélectionner des semences adaptées et performantes est essentiel pour améliorer les rendements, renforcer la sécurité alimentaire et réduire la dépendance à l’aide humanitaire », insiste-t-il.
À Kalehe, conflits armés, maladies des plantes et vulnérabilité accrue
Dans le territoire de Kalehe, la situation est tout aussi préoccupante. Plusieurs déplacés et retournés manquent de semences et accèdent difficilement aux terres arables, notamment dans les plantations, pour préparer la saison culturale B. Beaucoup ont perdu leurs semences en fuyant les affrontements armés.
À ces difficultés s’ajoute l’apparition de maladies des plantes, telles que le flétrissement bactérien du bananier, les chenilles légionnaires du maïs et la pourriture du manioc, qui menacent gravement les moyens de subsistance des populations locales.
HABAMUNGO Muhumulira Bodson, retourné vivant dans le groupement de Mbinga Nord, à Mukwija, témoigne :
« Les maladies détruisent nos cultures, alors que nous n’avons déjà presque rien. La situation socio-économique devient de plus en plus difficile pour les familles qui vivent sur le littoral de Kalehe ».
Dans les territoires de Walungu, Kabare et Kalehe, les agriculteurs partagent une même crainte, voir la saison culturale B échouer faute de semences, de terres et d’un accompagnement adéquat.
Ils appellent à une réponse humanitaire urgente, axée sur la distribution de semences adaptées, l’accès à la terre pour les déplacés et la lutte contre les maladies des cultures, afin de renforcer la résilience agricole et prévenir une crise alimentaire plus profonde au Sud-Kivu.
Cet article a été produit dans le cadre du projet Habari za Mahali, une initiative du consortium RATECO, REMEL, avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencija.
Anaïs ANSIMA
Les habitants du groupement de Ziralo, situé dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu, font face à une situation humanitaire alarmante suite aux pluies torrentielles qui ont frappé la région du 27 au 29 décembre 2025.Ces fortes précipitations ont provoqué des inondations et des éboulements […]
ACTUALITÉS
Les habitants du groupement de Ziralo, situé dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu, font face à une situation humanitaire alarmante suite aux pluies torrentielles qui ont frappé la région du 27 au 29 décembre 2025.
Ces fortes précipitations ont provoqué des inondations et des éboulements de terre, causant de lourdes conséquences humaines et matérielles.
Selon le Comité humanitaire de base locale du groupement de Ziralo, le bilan provisoire fait état de plus de cinq personnes grièvement blessées, des champs de cultures vivrières détruits par l’érosion, des étangs piscicoles ravagés, plusieurs maisons inondées, ainsi que des ponts et routes de desserte agricole emportés, rendant difficile l’accès à plusieurs villages.
Parmi les cas les plus graves, figure celui d’un père de famille et de ses quatre fils, surpris par un éboulement de terre alors qu’ils travaillaient dans leur champ au village de Kisha. Les cinq victimes sont actuellement internées dans une structure sanitaire locale, où elles reçoivent des soins malgré des conditions sanitaires limitées.
Des infrastructures sanitaires et hydrauliques endommagées
Le président du Comité humanitaire de base de Ziralo, Bwale Kisoo, indique que les pluies ont endommagé les captages d’eau qui alimentent les centres de santé de Mututira et de Tushunguti. Cette situation perturbe gravement le fonctionnement de ces structures et contraint la population à consommer de l’eau non potable, augmentant ainsi les risques de maladies hydriques.
Cette nouvelle catastrophe naturelle vient aggraver la vulnérabilité des populations locales, déjà éprouvées par des conflits armés récurrents, des catastrophes naturelles successives et une situation socio-économique précaire, souligne Bwale Kisoo.
Un appel urgent à l’assistance humanitaire
Face à cette situation critique, le Comité humanitaire de base de Ziralo lance un appel urgent aux organisations humanitaires, aux autorités et aux partenaires techniques afin de fournir une assistance humanitaire immédiate aux sinistrés et de procéder à la réhabilitation des captages d’eau dans les aires de santé de Tushunguti et de Mututira.
En attendant une réponse appropriée, les familles affectées continuent de vivre dans des conditions difficiles, exposées à l’insécurité alimentaire, aux maladies hydriques et à la perte de leurs moyens de subsistance.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.
David Byadunia
À Bukavu, à l’aube de l’année 2026, le début d’une nouvelle année est pour de nombreux jeunes un moment de réflexion, de bilan et de projection. C’est l’occasion de repenser ses projets, de fixer de nouveaux objectifs et d’envisager des changements personnels. Mais quelles résolutions […]
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À Bukavu, à l’aube de l’année 2026, le début d’une nouvelle année est pour de nombreux jeunes un moment de réflexion, de bilan et de projection. C’est l’occasion de repenser ses projets, de fixer de nouveaux objectifs et d’envisager des changements personnels. Mais quelles résolutions les jeunes se fixent-ils réellement pour cette nouvelle année ? Sont-ils prêts à les tenir ? Quelles aspirations animent cette génération en pleine construction ?
Des résolutions entre espoir et prise de conscience
Pour de nombreux jeunes, l’année 2026 est perçue comme une opportunité de changement. Beaucoup souhaitent s’améliorer sur le plan personnel : mieux gérer leur temps, renforcer leur confiance en soi, prendre soin de leur santé mentale ou encore mieux concilier études, famille et vie sociale.
Ce que les jeunes se fixent comme résolutions pour 2026
Christelle Kajangu, 17 ans, élève à Bukavu :
« En 2026, je veux vraiment apprendre à mieux gérer mon temps. L’année passée, j’étais souvent en retard sur mes devoirs, stressée. Je veux être plus organisée. Et je me suis aussi promis de lire au moins un livre par mois. »
Kevin Maisha, 20 ans, jeune entrepreneur à Nyawera :
« Mon objectif pour cette année, c’est de développer mon petit business. Je veux aussi économiser, pas juste dépenser comme en 2025. Et j’ai pris la résolution de former deux autres jeunes qui, comme moi, veulent entreprendre. »
Grâce Bukaba, 16 ans, élève à Bukavu :
« Moi je veux mieux écouter mes parents et éviter de me laisser entraîner par les mauvaises fréquentations.Je veux changer d’attitude à l’école, être plus sérieuse. »
D’autres jeunes orientent leurs résolutions vers des objectifs académiques ou professionnels : décrocher un diplôme, intégrer une bonne école, trouver un petit emploi, développer un talent artistique ou encore se lancer dans l’entrepreneuriat.
Cette année, les engagements semblent également plus citoyens. Plusieurs jeunes expriment leur volonté de s’impliquer dans des causes sociales, de lutter contre les violences, de participer à la vie de leurs communautés ou encore de sensibiliser leur entourage à la protection de l’environnement.
Ces résolutions traduisent une prise de conscience : les jeunes reconnaissent à la fois leurs faiblesses et leur potentiel. Toutefois, le véritable défi reste la constance. Prendre une résolution est une étape, la tenir en est une autre. Les difficultés économiques, le manque d’encadrement ou de soutien moral peuvent rapidement freiner ces engagements.
C’est pourquoi l’accompagnement des parents, des éducateurs et des organisations œuvrant en faveur de la jeunesse demeure essentiel. Il ne s’agit pas seulement de formuler des vœux, mais d’aider les jeunes à transformer leurs résolutions en actions concrètes et durables.
Les résolutions de 2026 reflètent les espoirs, les blessures, mais aussi la maturité croissante de cette jeunesse. Qu’elles soient personnelles, académiques ou sociales, elles témoignent d’une réelle volonté de changement. Soutenir les jeunes, c’est les écouter, les encourager et leur rappeler que chaque petit pas compte.
Louise Bibentyo, Volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
Dans les territoires de Kalehe et Walungu, en province du Sud-Kivu, la crise humanitaire persistante expose des milliers de personnes déplacées à des conditions de vie précaires. Les femmes et les jeunes filles figurent parmi les plus touchées, en particulier en raison du manque d’accès […]
ACTUALITÉS
Dans les territoires de Kalehe et Walungu, en province du Sud-Kivu, la crise humanitaire persistante expose des milliers de personnes déplacées à des conditions de vie précaires. Les femmes et les jeunes filles figurent parmi les plus touchées, en particulier en raison du manque d’accès aux kits d’hygiène menstruelle, essentiels à leur santé, leur dignité et leur bien-être.
Des pratiques à risque faute de kits adaptés
Selon Anuarite Lite Kahindo, coordinatrice de l’association Femmes Unies pour l’Inclusion Sociale, de nombreuses femmes déplacées dans le territoire de Kalehe n’ont pas accès aux produits d’hygiène de base. Faute de moyens, elles sont contraintes d’utiliser des lingettes usagées ou des tissus inadaptés pendant leurs menstruations, ce qui les expose à un risque accru d’infections vaginales.
« Beaucoup de femmes n’arrivent plus à assurer une hygiène corporelle correcte, ce qui a de graves conséquences sur leur santé physique et mentale »,
alerte Mme Kahindo.
Elle lance un appel urgent aux organisations humanitaires et aux partenaires de développement pour fournir des kits hygiéniques dans les camps de déplacés.
Les camps de Mubuka, un foyer de vulnérabilités
Dans les camps de déplacés de Mubuka, la promiscuité et le manque d’installations sanitaires adaptées aggravent la situation. Agnès Sadiki, membre du mouvement Rien sans les Femmes, souligne que cette situation constitue un danger non seulement pour les femmes, mais aussi pour l’ensemble de la communauté.
« Ne pas avoir accès à des kits hygiéniques est un problème grave pour les filles et les femmes en âge de procréer. Cela affecte leur santé, leur dignité et leur vie sociale »,
explique-t-elle.
Elle appelle à une prise de conscience collective des acteurs humanitaires face à cette urgence silencieuse.
À Walungu, les femmes déplacées lancent un cri d’alarme
Dans la chefferie de Ngweshe, territoire de Walungu, les femmes déplacées rencontrées témoignent des difficultés rencontrées pour maintenir une hygiène minimale, en particulier durant leurs règles. Ayant fui avec peu ou pas d’effets personnels, elles peinent aujourd’hui à se procurer les produits les plus élémentaires.
« Nous avons tout perdu lors de notre fuite. Nous n’avons ni kits hygiéniques, ni médicaments. Nous demandons une aide urgente »,
témoigne une déplacée.
La peur de contracter des maladies infectieuses liées au manque d’hygiène est omniprésente dans les camps.
Une urgence humanitaire qui appelle à l’action
Dans les familles déplacées du Sud-Kivu, les kits hygiéniques ne relèvent plus du confort, mais d’une nécessité vitale. L’accès à ces produits est aujourd’hui une condition essentielle pour préserver la santé, la dignité et l’intégrité physique des femmes et des jeunes filles déplacées.
Les acteurs humanitaires sont appelés à renforcer leur présence et leur assistance, notamment en mettant en place des distributions régulières de kits hygiéniques adaptés, ainsi que des programmes de sensibilisation à la santé menstruelle.
Mme Agnès Sadiki exhorte les partenaires humanitaires à agir rapidement :
« Il est temps que les besoins spécifiques des femmes soient intégrés dans toutes les réponses humanitaires. Sans cela, nous continuerons à exposer ces femmes à des risques évitables. »
Cet article a été produit dans le cadre du projet Habari za Mahali, une initiative du consortium RATECO, REMEL, avec le soutien de Media4Dialogue de La Benevolencija.
Par David Byadunia
Au total, 4 710 enfants ont été réunifiés avec les membres de leurs familles au cours de l’année 2025 dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo. Ces actions de réunification familiale ont été menées […]
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Au total, 4 710 enfants ont été réunifiés avec les membres de leurs familles au cours de l’année 2025 dans les territoires de Rutshuru, Nyiragongo et Masisi, au Nord-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Ces actions de réunification familiale ont été menées par l’organisation Union pour la Paix et la Promotion des Droits de l’Enfant au Congo (UPDECO-ASBL), dans les villages des chefferies de Bwito et Bwisha (Rutshuru), Bukumu (Nyiragongo) et Bashali (Masisi). L’UPDECO est une organisation basée à Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru, œuvrant pour la promotion des droits de l’enfant, d’une citoyenneté responsable et de l’éducation à la paix.
Selon Alexis Kalungero, chargé des données au sein de cette organisation, les 4 710 enfants, dont 2 026 filles, figuraient parmi un total de 4 744 enfants séparés de leurs familles lors des différents mouvements de populations enregistrés dans un contexte de crise sécuritaire. Ils ont pu être réunifiés grâce aux efforts fournis par l’UPDECO et ses partenaires.
« Parmi les 4 710 enfants, il y a 2 026 filles. Nous les avons réunifiés principalement dans les chefferies de Bwisha et de Bwito. Certains enfants avaient quitté Goma lors de la prise de la ville, tandis que plusieurs autres sont venus du territoire de Nyiragongo vers Rutshuru. La majorité des enfants réunifiés avaient été séparés de leurs familles à la suite d’affrontements répétitifs, entraînant d’importants mouvements de populations »,
a-t-il expliqué.
Le chargé des données au sein de l’UPDECO interpelle la conscience des parents sur la nécessité de protéger leurs enfants en toute période de crise. Il souligne également que la connaissance de l’identité des parents est indispensable pour prévenir les cas de perte ou de séparation des enfants d’avec leurs familles.
« Il est important que l’enfant connaisse l’identité de ses parents. Cela facilite son identification ainsi que celle de sa famille. Les enfants doivent aussi éviter de se déplacer sans en informer leurs parents »,
a-t-il précisé.
À la suite des affrontements répétés, notamment dans plusieurs territoires du Nord-Kivu, de nombreuses organisations de défense des droits de l’enfant, dont l’UNICEF, ont alerté sur la séparation de centaines d’enfants de leurs familles lors des déplacements forcés. Certaines ont également indiqué que plusieurs de ces enfants ont été entraînés, au cours de leur errance, dans des groupes armés.
Dieu-Merci Mumbere volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
Une production de REMEL en partenariat avec LaBenevolencija dans le cadre de HABARI ZA MAHALI La Rédaction
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Une production de REMEL en partenariat avec LaBenevolencija dans le cadre de HABARI ZA MAHALI
La Rédaction
En dépit de l’escalade des conflits armés qui secouent la province du Sud-Kivu, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Pour contrer les effets dévastateurs de la crise humanitaire, consommer des aliments équilibrés n’est plus seulement un choix de santé, mais une nécessité pour […]
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En dépit de l’escalade des conflits armés qui secouent la province du Sud-Kivu, les professionnels de santé tirent la sonnette d’alarme. Pour contrer les effets dévastateurs de la crise humanitaire, consommer des aliments équilibrés n’est plus seulement un choix de santé, mais une nécessité pour la survie et la paix sociale.
Des experts encouragent à adopter une alimentation plus réfléchie et responsable.
Dans une interview exclusive accordée à HABARI ZAMAHALI ce jeudi 08 Janvier, les nutritionnistes de Bukavu ont exhorté la population à ne pas céder à la fatalité.
Madame Nabintu Chombé, nutritionniste et enseignante à l’Institut Supérieur Technique Médical (ISTM) Bukavu, souligne qu’en cette période de double crise sécuritaire et économique, la vigilance alimentaire est primordiale.
Selon elle, respecter la diversité alimentaire permet de prévenir la malnutrition. Elle classe les besoins en trois piliers essentiels dont la consommation des aliments énergétiques (maïs, féculents), les aliments de construction (protéines) et les aliments de protection (fruits et légumes) pour renforcer le système immunitaire.
Madame Chombé pointe du doigt un triste constat : alors que la région dépend fortement des importations des pays voisins, la production locale est souvent mal exploitée.
« Nous voyons des fruits comme les mangues ou les oranges jetés dans les rues pendant la pleine production, alors que nous sommes en zone d’insécurité alimentaire. Si nous pouvions transformer et conserver ces aliments localement, nous ne manquerions de rien durant les périodes difficiles »,
regrette-t-elle avec émotion.
Kabare : La prise en charge gratuite des enfants malgré les pénuries
Plus loin, dans le territoire de Kabare, le défi est clinique. Le Docteur Serge Munyahu, Médecin Chef de la Zone de Santé de Miti-Murhesa, rappelle que la malnutrition infantile reste une priorité absolue.
Il indique que conformément aux directives du Programme National de Nutrition (PRONANUT), les enfants souffrant de malnutrition aiguë ou modérée bénéficient de soins gratuits. Cette prise en charge inclut notamment un suivi médical rigoureux, une supplémentation nutritionnelle adaptée et des traitements médicaux pour les complications associées.
Toutefois, la réalité du terrain est complexe. La guerre a brisé les chaînes d’approvisionnement.
« La crise sécuritaire affecte directement nos structures. Nous faisons face à des ruptures de stocks d’intrants nutritionnels et à un manque criant de moyens logistiques »,
explique le Dr Munyahu.
Un appel à la solidarité internationale
Face à la hausse des cas, le médecin chef de zone lance un appel pressant aux partenaires humanitaires.
« Il est urgent de renforcer l’appui aux structures locales pour préserver la vie des enfants de Kabare, qui sont les premières victimes de ce contexte de précarité. »
Dr Munyahu.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia.
Josué Musole
L’adolescence, cette période délicate allant généralement de 10 à 19 ans, est marquée par une quête d’identité, un besoin d’appartenance et une soif d’acceptation. Durant cette phase de construction de soi, les amitiés jouent un rôle crucial. Pourtant, toutes ne sont pas bienveillantes : de […]
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L’adolescence, cette période délicate allant généralement de 10 à 19 ans, est marquée par une quête d’identité, un besoin d’appartenance et une soif d’acceptation. Durant cette phase de construction de soi, les amitiés jouent un rôle crucial. Pourtant, toutes ne sont pas bienveillantes : de nombreux adolescents se retrouvent liés à des « faux amis », des relations toxiques aux conséquences parfois profondes sur leur bien-être psychologique, émotionnel, voire physique.
Qu’est-ce qu’un faux ami ?
Un faux ami est une personne qui prétend être proche, mais dont les intentions sont souvent égoïstes, intéressées ou nuisibles. Cela peut être un camarade qui manipule, trahit, influence négativement ou profite d’une relation à sens unique. Chez les adolescents, ces relations peuvent se manifester par la pression à adopter des comportements nocifs (consommation de substances, violence, etc.), des moqueries, de la jalousie, la diffusion de rumeurs ou la trahison de secrets personnels.
Des conséquences lourdes
Ces relations peuvent entraîner :Perte de confiance en soi, Isolement, l’anxiété et autres
Des témoignages en disent long sur ces blessures invisibles : Clarisse Mungwalinda, 15 ans:
« J’ai tout partagé avec ma meilleure amie. Un jour, elle a raconté mes secrets à toute la classe. Depuis, j’ai peur de me confier à qui que ce soit. »
Junior Kamalebo, 17 ans:
« Mes amis me poussaient à fumer pour faire partie du groupe. J’ai fini par céder. Aujourd’hui, je regrette. »
Merveille Bulambo, 16 ans:
« Ils me faisaient croire que j’étais importante pour eux, mais ils se moquaient de moi derrière mon dos. »
Comment protéger les adolescents des faux amis ?
Face à ce fléau, plusieurs pistes peuvent aider :
L’éducation émotionnelle : apprendre aux jeunes à reconnaître les signes d’une relation toxique.
La communication ouverte: encourager le dialogue entre adolescents, parents et éducateurs.
Le renforcement de l’estime de soi: valoriser l’adolescent pour ce qu’il est, pas pour ce qu’il donne aux autres.
La promotion d’amitiés saines: à travers des clubs, activités sportives, culturelles ou communautaires.
Les faux amis peuvent laisser des cicatrices profondes. Il est donc essentiel d’apprendre aux jeunes à faire la différence entre les relations qui les élèvent et celles qui les détruisent. Grandir, c’est aussi apprendre à s’entourer de personnes qui soutiennent, respectent et inspirent.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
Dans un monde où l’argent influence presque tous les aspects de la vie, il devient crucial d’initier les enfants à la gestion financière dès le bas âge. Pourtant, dans de nombreuses familles, ce sujet est encore négligé, souvent jugé prématuré. Or, enseigner aux enfants la […]
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Dans un monde où l’argent influence presque tous les aspects de la vie, il devient crucial d’initier les enfants à la gestion financière dès le bas âge. Pourtant, dans de nombreuses familles, ce sujet est encore négligé, souvent jugé prématuré. Or, enseigner aux enfants la valeur de l’argent, l’épargne ou encore la distinction entre besoin et envie peut les aider à devenir des adultes responsables et équilibrés.
Pourquoi commencer tôt ?
Préparer l’enfant à l’autonomie: un enfant qui apprend à gérer de petites sommes devient progressivement apte à prendre des décisions réfléchies en grandissant.
Résister à la pression sociale: face aux modes, publicités ou comparaisons entre amis, une bonne éducation financière permet à l’enfant de faire des choix personnels, sans céder à la surconsommation.
Prévenir le surendettement futur: apprendre à économiser et à planifier avec peu de moyens réduit le risque de mauvaise gestion à l’âge adulte.
Les notions clés à transmettre
La valeur de l’argent: D’où vient-il ? Comment est-il gagné ? Pourquoi est-il important de l’utiliser avec soin ?
Différencier besoins et envies: Manger, se soigner ou aller à l’école sont des besoins. Avoir un nouveau téléphone ou des vêtements à la mode relève des envies.
L’épargne:même une tirelire suffit pour montrer qu’économiser petit à petit permet de réaliser des projets.
La générosité: l’argent peut aussi servir à aider les autres, une valeur essentielle à cultiver.
Des témoignages qui parlent
Naomie Kalunzi, 11 ans, Bukavu :
« Quand j’ai envie d’acheter une friandise, je pense à mes économies. Si je dépense tout, je ne pourrai pas m’acheter le jouet que je veux. »
Kevin Zagabe, 14 ans:
« Mes parents m’ont appris à noter ce que je reçois et ce que je dépense. Ça m’aide à réfléchir avant d’utiliser mon argent. »
Maman Aline, mère de deux enfants:
« Je donne à mes enfants de petites tâches à la maison. En retour, je leur donne un peu d’argent. Ils apprennent que l’argent se mérite. »
Les parents sont les premiers modèles. Être transparents sur les dépenses familiales ou impliquer les enfants dans de petits choix financiers les aide à comprendre.
Les écoles peuvent aussi jouer un rôle à travers des jeux de gestion, des activités pratiques ou des discussions simples sur l’économie.
L’éducation financière n’est pas réservée aux adultes. En initiant les enfants à la gestion de l’argent dès leur jeune âge, on leur offre des outils précieux pour leur avenir. Savoir épargner, dépenser avec sagesse, ou être généreux : autant de compétences à cultiver dès maintenant pour bâtir une génération plus consciente et responsable.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
La situation sanitaire dans les territoires de Kalehe, Kabare et Walungu demeure critique, dans un contexte de crise humanitaire persistante et de violences armées. L’accès aux soins de santé de base est de plus en plus difficile pour les populations locales, confrontées à une pénurie […]
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La situation sanitaire dans les territoires de Kalehe, Kabare et Walungu demeure critique, dans un contexte de crise humanitaire persistante et de violences armées. L’accès aux soins de santé de base est de plus en plus difficile pour les populations locales, confrontées à une pénurie de médicaments, à un manque d’appui humanitaire et à une précarité économique généralisée.
Kalehe : Urgence sanitaire face à la résurgence du paludisme
Dans le territoire de Kalehe, notamment dans la zone de santé de Bunyakiri, les structures sanitaires signalent une augmentation alarmante des cas de paludisme. Le groupement de Ziralo est particulièrement touché par cette recrudescence, alors que les centres de santé manquent cruellement d’intrants médicaux, d’anti-paludéens et de moustiquaires imprégnées d’insecticide.
« Nous recevons chaque jour de nombreux patients atteints de paludisme, mais nous n’avons ni médicaments ni moyens de prévention »,
explique Enock Judicieux, infirmier titulaire du centre de santé de Mianda.
« Cette pathologie n’est actuellement pas prise en charge par les projets en cours ».
En l’absence de médicaments, les soignants se voient contraints de délivrer des ordonnances, obligeant les patients à se procurer eux-mêmes des traitements dans des pharmacies privées, souvent inaccessibles financièrement pour les ménages vulnérables. Dans ce contexte, les tensions entre personnel soignant et patients se multiplient.
M. Enock Judicieux lance un appel pressant au consortium Médecins du Monde Belgique (MDM) et TPO, partenaires humanitaires actifs dans la zone, pour une assistance urgente aux malades du paludisme, en particulier dans les groupements de Ziralo et de Mbinga.
Kabare : Les déplacés internes privés de soins de santé
Dans le territoire de Kabare, les familles déplacées internes éprouvent de grandes difficultés à accéder aux soins de santé, principalement en raison de l’incapacité à assurer le paiement des frais médicaux. Déjà fragilisées par les violences armées et les déplacements forcés, ces familles vivent dans une précarité financière persistante.
Selon les témoignages recueillis, faute de moyens, certains déplacés recourent à l’automédication, tandis que d’autres se tournent vers les tradipraticiens, exposant ainsi leur santé à de sérieux risques. Les conséquences sont particulièrement graves pour les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées suite à leur vulnérabilité.
Face à cette situation, les déplacés lancent un appel aux organisations humanitaires afin de bénéficier d’un appui financier et médical susceptible de faciliter leur accès aux soins de santé de base.
Walungu : Appui insuffisant malgré la présence de MSF
À Kamanyola, dans le territoire de Walungu, seules deux structures sanitaires sur les six que compte la cité bénéficient de l’appui de Médecins Sans Frontières (MSF), permettant la gratuité des soins médicaux.
M. Buchekabiri Mugobozi, infirmier titulaire du Centre de Santé de Référence de Kamanyola, estime que cet appui reste insuffisant face à la forte demande de la population.
« Le personnel soignant travaille dans des conditions difficiles, avec une surcharge de travail et un manque chronique de médicaments, ce qui affecte la qualité de la prise en charge. Cette situation pousse certains patients à abandonner les structures publiques pour se tourner vers des établissements privés, où les soins sont payants et souvent inaccessibles pour les ménages vulnérables »,
dit-il.
Le personnel de santé appelle les partenaires humanitaires à élargir leur soutien à l’ensemble des structures sanitaires locales, afin d’assurer un accès équitable et durable aux soins pour tous les habitants de Kamanyola.
Article produit dans le cadre du projet « Habari za Mahali ». Un projet du consortium RATECO, REMEL avec le soutien de Media4Dialogue de LaBenévolencia
Séraphin Mapenzi