Au Sud-Kivu, il a actuellement des milliers d’enfants zéro dose, c’est-à-dire qui ne se sont jamais fait vacciner, et d’autres sous-vaccinés, c’est-à-dire qu’ils ont manqué plusieurs doses prévues dans le calendrier vaccinal. Cette situation qui met en danger la vie de ces enfants, a été […]
La mode ne se limite plus à une simple affaire de goût ou d’élégance : elle est devenue, pour de nombreux jeunes, un puissant outil d’affirmation de soi. À Bukavu, comme dans d’autres villes africaines, un phénomène se dessine avec force : des jeunes qui […]
Environ 40 journalistes, enfants journalistes du RJAE et enfants reporters de l’UNICEF, s’engagent à contribuer aux efforts visant l’amélioration de la couverture vaccinale en RDC. Ils l’ont dit ce mercredi 30 août 2023, à l’issue d’une formation organisée à Bukavu au Sud-Kivu, par le Programme […]
Chaque année, des millions d’enfants sont protégés grâce aux vaccins contre des maladies graves comme la rougeole, la polio ou la coqueluche. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, vacciner un enfant reste un combat. Manque d’information, rumeurs, résistances culturelles : les obstacles sont nombreux […]
Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a renouvelé son engagement à soutenir l’éducation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Comme l’année précédente, l’État a décidé de prendre en charge la totalité des frais de participation aux évaluations certificatives de l’édition 2025 […]
Le gouvernement de la République Démocratique du Congo a renouvelé son engagement à soutenir l’éducation dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Comme l’année précédente, l’État a décidé de prendre en charge la totalité des frais de participation aux évaluations certificatives de l’édition 2025 pour les élèves de ces deux régions de l’Est du pays, dont une partie significative est sous contrôle de l’AFC/M23.
Cette mesure vise à garantir l’accès à l’éducation et à une évaluation équitable pour tous les élèves, malgré le contexte sécuritaire difficile. La note d’information, présentée par le vice-ministre de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Jean-Pierre Kezamudru Musisiri, lors de la 44e réunion du conseil des ministres, confirme que cette prise en charge concerne l’Examen National de Fin d’Études Primaires (ENAFEP), le Test National de Sélection et d’Orientation Scolaire et Professionnelle (TENASOSP), ainsi que les épreuves hors session et la session ordinaire de l’Examen d’État (Exetat) pour l’édition 2025.
Cette décision, prise suite aux instructions du Président de la République lors de la 35e réunion du conseil, est une réponse directe à la situation sécuritaire, jugée encore plus préoccupante en 2025. Elle a pour objectif de rassurer les parents d’élèves et de préserver le droit à l’éducation pour les 718 558 candidats finalistes concernés.
Dans les collines de Bukavu, entre les marchés poussiéreux et les maisons faites de tôles et de briques, l’enfance essaie de se frayer un chemin. Mais dans les quartiers défavorisés, grandir devient un défi quand la nourriture manque, quand le repas du jour est incertain, […]
Dans les collines de Bukavu, entre les marchés poussiéreux et les maisons faites de tôles et de briques, l’enfance essaie de se frayer un chemin. Mais dans les quartiers défavorisés, grandir devient un défi quand la nourriture manque, quand le repas du jour est incertain, et que la malnutrition s’infiltre dans les corps fragiles des plus petits.
Dans les rues de Kadutu, Bagira(Mushekere) et Ciriri, on croise des enfants aux joues creuses, au ventre gonflé, à la taille trop courte pour leur âge. Derrière ces signes, une réalité : la malnutrition chronique, souvent invisible aux yeux des politiques, mais bien réelle dans les foyers.
Watoto News est allé à la rencontre de ces familles pour écouter leurs voix.
Mama Aline, mère de 4 enfants à Ciriri, raconte avec lassitude : « Le matin, on leur donne un peu d’eau chaude. Parfois une bouillie sans rien. Le soir, si j’ai un peu d’argent, j’achète du manioc. Mais je sais que ce n’est pas suffisant. Mon dernier a trois ans, mais il ne parle pas encore. »
À Karhale, Papa Désiré, ouvrier occasionnel, décrit une spirale inquiétante : « Quand on mange mal, les enfants tombent souvent malades. Moi je n’ai pas l’argent pour l’hôpital. On attend que ça passe. Mais parfois, ça ne passe pas. »
Dans une petite école communautaire de Cimpunda appelée « Nouvelle Alliance, une enseignante déplore un problème trop fréquent : « Plusieurs élèves s’endorment en classe, surtout le matin. Ils n’ont rien avalé. Comment voulez-vous qu’ils apprennent ? »
Les soignants du centre de santé SOS confirment : les cas de malnutrition modérée et sévère se multiplient. Manque de protéines, carences en fer, retards de croissance. Et surtout, un déficit d’information chez les familles, qui font ce qu’elles peuvent avec très peu.
La pauvreté, le chômage des parents, l’exode rural, et les prix élevés des aliments nutritifs créent une situation explosive. Les enfants sont les premières victimes d’un système qui ne protège pas les plus vulnérables. Et pourtant, il suffirait parfois de peu : une cantine scolaire bien gérée, un programme de sensibilisation sur la nutrition, un centre de santé accessible, une aide alimentaire ciblée. Dans ces quartiers, la débrouillardise est quotidienne, mais elle ne suffit pas à combler les assiettes vides.
Malgré tout, l’espoir persiste. Mama Chantal, vendeuse de légumes chez Mwachi dit doucement : « Même si on n’a pas grand-chose, on ne veut pas que nos enfants restent comme ça. Il faut qu’ils vivent mieux que nous. »
Ces mots résonnent comme un appel. Un appel à agir, à investir dans l’alimentation, dans l’éducation, dans la santé. Parce qu’un enfant bien nourri aujourd’hui, c’est un adulte debout demain.
Les jeunes Ambassadeurs de la Paix de Kadutu se sont réunis ce samedi 24 mai 2025 à l’Université Officielle de Bukavu. Objectif, souhaiter la bienvenue aux nouveaux formés et affiner leur feuille de route pour les activités des mois à venir. A travers des échanges […]
Les jeunes Ambassadeurs de la Paix de Kadutu se sont réunis ce samedi 24 mai 2025 à l’Université Officielle de Bukavu. Objectif, souhaiter la bienvenue aux nouveaux formés et affiner leur feuille de route pour les activités des mois à venir.
A travers des échanges interactifs mais engagés, ces jeunes venus des différents quartiers de Kadutu ont dressé le bilan de leurs dernières interventions communautaires, tout en identifiant les principaux défis qui freinent leur efficacité sur le terrain. L’échange a permis d’évaluer les actions de sensibilisation menées autour de la cohabitation pacifique, du civisme et de la prévention des conflits.
Cette rencontre était aussi l’occasion de renforcer la cohésion au sein du groupe, améliorer la coordination des actions et relancer les campagnes de proximité dans les zones sensibles de la commune.
« Nous devons être visibles et actifs, car les jeunes de nos quartiers attendent de nous des initiatives concrètes pour renforcer la paix », a confié un membre du groupe.
La rencontre a également servi de cadre pour accueillir les nouveaux volontaires et réfléchir à des partenariats avec d’autres structures locales œuvrant dans le domaine de la paix et du développement communautaire.
À l’issue des échanges, les participants ont exprimé leur volonté commune de redoubler d’efforts et de rester mobilisés pour faire face aux enjeux sociaux croissants dans la ville de Bukavu, en particulier à Kadutu.
Dans les rues poussiéreuses du quartier Nkafu, sur avenue Georges Defour, commune de Kadutu, de nombreux enfants et ados arpentent chaque jour les dépotoirs, les caniveaux et les bords de route à la recherche de bouteilles en plastique.Leur choix est porté en particulier sur celles […]
Dans les rues poussiéreuses du quartier Nkafu, sur avenue Georges Defour, commune de Kadutu, de nombreux enfants et ados arpentent chaque jour les dépotoirs, les caniveaux et les bords de route à la recherche de bouteilles en plastique. Leur choix est porté en particulier sur celles de 1,5 litre. Une question de survie pour ces enfants et ados.
Ces bouteilles, revendues pour quelques francs congolais, permettent à certains enfants de se procurer de quoi manger ou d’apporter un soutien à leur famille. Ils parcourent plusieurs kilomètres, souvent pieds nus, exposés à la circulation, aux maladies et aux violences pour collecter assez de bouteilles à revendre.
Cette réalité constitue une violation flagrante de la convention relative aux droits de l’enfant, notamment l’article 32, qui engage les États à protéger les enfants de toute forme d’exploitation économique. L’article 27, quant à lui, garantit à chaque enfant un niveau de vie suffisant pour son développement global.
Pourtant à Bukavu, ces droits restent largement bafoués. L’absence d’accès à l’éducation, à la sécurité sociale et à un environnement familial stable pousse ces enfants vers des pratiques risquées et humiliantes.
Moïse, 13 ans, croisé sur avenue Georges Defour, témoigne : « Mes parents n’ont pas les moyens de payer ma prime à scolaire. Alors je passe mes journées à chercher des bouteilles plastiques d’un litre et demie. Je les revends à 50 francs congolais, la pièce. Franchement, c’est difficile d’en réunir 20 par jour et le pire ce que dans cette recherche, certaines personnes pensent qu’on est des enfants de la rue. »
Il est urgent que les autorités locales, les ONG et le gouvernement congolais renforcent leurs interventions pour garantir aux enfants l’accès gratuit à l’éducation au secondaire, l’accès à la santé et à un environnement sécurisé.
Un enfant contraint de survivre en ramassant des bouteilles est un enfant privé de son droit à l’enfance.
Face à la montée de la délinquance, le scoutisme se présente comme une réponse éducative efficace pour encadrer et orienter les jeunes vers une vie responsable et épanouie. Chef Elie Munguakonkwa, connu sous le totem Oryx-Déterminé, souligne que le mouvement scout vise à former, éclairer […]
Face à la montée de la délinquance, le scoutisme se présente comme une réponse éducative efficace pour encadrer et orienter les jeunes vers une vie responsable et épanouie. Chef Elie Munguakonkwa, connu sous le totem Oryx-Déterminé, souligne que le mouvement scout vise à former, éclairer et guider la jeunesse afin de la détourner de la délinquance et de l’ignorance, en les orientant vers le droit chemin de la vie.
Le scoutisme joue un rôle essentiel dans le développement des jeunes en leur offrant des opportunités d’apprentissage, de croissance personnelle et de contribution positive à la société. Il favorise l’autonomie, le leadership et l’esprit de service tout en cultivant des valeurs fondamentales a ajouté ce encadreur des scouts.
Ce mouvement éducatif fondé par Baden Powell contribue à l’éducation des jeunes et favorise leur développement personnel en les encourageant à devenir des citoyens responsables et engagés.
Parmi les nombreux avantages du scoutisme, on note le développement de compétences pratiques, techniques et intellectuelles telles que la débrouillardise, le travail en équipe, la résolution de problèmes et le leadership.
Les jeunes scouts acquièrent également une confiance en soi renforcée en relevant des défis dans des activités de groupe.
Selon chef Oryx, il offre aux jeunes une opportunité de grandir à travers des expériences de plein air, des rencontres et des défis, en développant leur personnalité. Ces compétences acquises permettent aux jeunes d’être plus autonomes, débrouillards et capables de faire face aux difficultés de la vie.
Il est important de noter que les scouts agissent activement dans la société en réalisant des actions telles que les travaux communautaires, les apostolats dans les hôpitaux et les prisons, les actions de lutte contre l’insalubrité et les érosions,etc.
À travers ses chansons, l’artiste compositrice et chantre gospel Ange Mudekereza transmet un message de Jésus, de bénédictions et d’encouragement à son entourage. Dans une interview accordée à Watoto News, l’artiste montre que son don pour le chant et sa conviction de l’appel du Saint-Esprit […]
À travers ses chansons, l’artiste compositrice et chantre gospel Ange Mudekereza transmet un message de Jésus, de bénédictions et d’encouragement à son entourage. Dans une interview accordée à Watoto News, l’artiste montre que son don pour le chant et sa conviction de l’appel du Saint-Esprit l’ont conduite vers la carrière musicale gospel afin de servir son Dieu et de transmettre son message à son public.
« En tant qu’adorateur, nous transmettons Jésus. On ne peut pas transmettre ce qu’on n’a pas reçu de base. Alors je cultive ma vie d’intimité avec mon créateur. Donc, j’entends, j’écoute ce que le Seigneur me dit de faire, j’écoute ses orientations en intimité, c’est-à-dire en prière, et les orientations qu’il me donne m’inspirent des chants, des paroles. Il peut le faire de multiples manières : à travers le paysage, la parole… Et au travers de cela, je les place dans ma musique pour communiquer quelque chose au public qui m’entend. Je pars aussi d’expériences personnelles, des situations que nous traversons au quotidien, et au travers de ces choses, je peux avoir une inspiration et j’écris des lignes qui permettront au public de pouvoir se positionner, se situer dans leur propre vécu » a expliqué Ange Mudekereza.
Ange Mudekereza indique que la musique gospel est souvent négligée et parfois attribuée à une seule catégorie de personnes. Elle explique que cela ne devrait pas être le cas, car le gospel est destiné à tous.
« Le gospel veut dire Évangile. C’est quelque chose qui doit nécessairement traverser les frontières, toucher chaque vie au quotidien, parce que ça parle de la vision de Dieu, de sa mission pour une vie spécifique. Ça ne doit pas être centré dans le cadre de certaines personnes, mais pour tout un chacun de nous »a-t-elle ajouté.
Isaac Ozué et Kérène Bashizi, deux jeunes ayant écouté les chansons d’Ange Mudekereza, témoignent des bénédictions et de la grâce reçues à travers sa musique.
« L’ensemble de ses chansons m’a marqué en deux points : le premier, c’est la prière. L’ensemble de ses chansons sont des prières. Le deuxième point, c’est l’encouragement. Grâce à sa chanson Oins-moi, je me rappelle à tout moment qu’il y a certaines dimensions qu’on ne peut pas atteindre, ou certaines choses qu’on ne peut pas faire si on n’a pas l’onction de Dieu », ont-ils témoigné.
Rappelons que l’artiste Ange Mudekereza prépare actuellement un album à paraître prochainement.
Une petite fille âgée de 3 ans aurait été violée par un homme d’une quarantaine d’années révolu dans le groupement de Bakua tshishimbula ,chef lieu du secteur de luebo-kabemba dans le territoire de luebo en province du kasaï.Selon Neville Nkongolo,coordinateur de la societé civil force […]
Une petite fille âgée de 3 ans aurait été violée par un homme d’une quarantaine d’années révolu dans le groupement de Bakua tshishimbula ,chef lieu du secteur de luebo-kabemba dans le territoire de luebo en province du kasaï. Selon Neville Nkongolo,coordinateur de la societé civil force vive de Luebo contacté par nos confrères du media kabalisolo.com, une vive tension à regné dans la communauté ce jeudi 22 mai 2025, jusqu’à l’intervention des forces de l’ordre. » un bébé de 3ans a été victime du viol par un monsieur d’environs 40 ans. L’enfant était à la maison avec ses soeurs adolescentes pendant que ses parents vaquaient aux activités champêtres. C’est alors que le violeur a profité pour abuser de la petite », renseigne Naville Nkongolo. »le bourreau est actuellement en fuite poursuit-il, cependant une enquête judiciaire a été ouverte à son encontre. Nous demandons par ailleurs la multiplication des séances de sensibilisation sur les violences basées sur le genre(VGB) dans nos communautés, ainsi qu’un accompagnement médical pour les victimes. Signalons que cebcas de viol s’ajoute a un autre signalé dans l’espace de cinq jours. Cette situation montre à suffisance que ces actes ne sont pas isolés. Une mobilisation collective des autorités, des ONGs, des leaders locaux et religieux est nécessaire pour palier tant soit peu c’est fléau qui prends de l’ampleur dans la communauté kasaïenne. Deogratias kulila, volontaire pour les enfants avec(kabalisolo.com)
Un drame tragique s’est produit le jeudi 22 mai 2025 dans le quartier Odia David, commune de Bipemba, à proximité du marché Maréchal à Mbujimayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental. Un jeune homme d’environ 20 ans, marié depuis à peine trois mois, s’est donné […]
Un drame tragique s’est produit le jeudi 22 mai 2025 dans le quartier Odia David, commune de Bipemba, à proximité du marché Maréchal à Mbujimayi, chef-lieu de la province du Kasaï-Oriental.
Un jeune homme d’environ 20 ans, marié depuis à peine trois mois, s’est donné la mort par pendaison à la suite d’une vive altercation avec son père biologique.
Selon plusieurs témoignages, le jeune homme avait rendu visite à sa mère, récemment séparée de son père. Ce geste aurait provoqué la colère de la part du père. Ce dernier l’aurait sévèrement réprimandé, avant de poser un acte considéré comme humiliant par des témoins: “se dénuder devant lui et lui tourner le dos. »
Profondément atteint par cet épisode, le jeune homme a été retrouvé pendu quelques heures plus tard.
La nouvelle de son décès a provoqué une onde de choc dans le quartier. Des habitants en colère ont pris pour cible la maison du père, arrachant la toiture et pillant plusieurs de ses biens. Une autre maison, appartenant à une femme considérée comme proche du père, a également été saccagée.
À ce stade, les autorités locales ne se sont pas encore prononcées officiellement sur les circonstances du drame. Le père, d’abord interpellé, aurait été libéré après le paiement d’une amende, selon des sources locales.
Dans un contexte marqué par l’instabilité économique et un chômage endémique, les jeunes du Sud-Kivu refusent de céder au découragement. À travers une immersion au cœur du territoire de Kabare, Watoto News est allé à leur rencontre. Petits métiers, agriculture, petites initiatives, efforts communautaires: ces […]
Dans un contexte marqué par l’instabilité économique et un chômage endémique, les jeunes du Sud-Kivu refusent de céder au découragement. À travers une immersion au cœur du territoire de Kabare, Watoto News est allé à leur rencontre. Petits métiers, agriculture, petites initiatives, efforts communautaires: ces jeunes font preuve d’une ingéniosité et d’une résilience remarquables pour tracer leur propre voie. Ce reportage met en lumière leurs trajectoires, entre difficultés quotidiennes et rêves tenaces.
Le Sud-Kivu abrite une population majoritairement jeune, confrontée à un chômage chronique et à la hausse constante du coût de la vie. Malgré ce contexte difficile, de nombreux jeunes s’engagent dans des initiatives locales pour construire leur avenir. Watoto News s’est rendu dans le territoire de Kabare afin de comprendre comment ces jeunes innovent, s’adaptent et résistent.
Au cœur du Sud-Kivu, le territoire de Kabare combine marais fertiles, centres marchands et pistes poussiéreuses. Les jeunes y mènent souvent une triple journée: agriculture à l’aube, commerce à midi, services numériques en soirée. Plusieurs témoignages recueillis par Watoto News illustrent cette réalité.
Jules Kadekemo (Kavumu) exploite l’unique champ familial. Faute d’engrais chimiques, il mise sur le compost de résidus de bananiers. Il vend maïs et haricots sur l’axe Bukavu–Kavumu pour financer la saison suivante. «J’ai compris que si je ne valorise pas cette terre, personne ne le fera à ma place.»
Mapenzi Augustin (Kavumu) enseigne le matin. Dès 16 heures, il transforme sa véranda en secrétariat public, équipé de deux imprimantes et de deux ordinateurs. Il y imprime CV, attestations et dossiers scolaires ou administratifs pour les habitants du quartier. «Ce que je gagne ici complète mon maigre salaire. Mais surtout, je rends service à ma communauté.»
Cubaka Tembo (Miti) a lancé un élevage porcin grâce aux revenus d’un petit commerce. Conscient des risques, il maintient les deux activités en parallèle pour limiter les pertes potentielles. «Un cochon peut tomber malade du jour au lendemain. Le commerce, c’est ma sécurité.»
Jean de Dieu Bigabwa (Bushumba) cultive des choux dans un marais irrigué à la houe. Il rêve d’acquérir un jour une forte main-d’oeuvre pour tripler sa production, mais reste dépendant des intermédiaires qui fixent les prix des produits sur les marchés. «Je travaille dur, mais ce sont d’autres qui décident du prix de ma sueur. Ça fait mal quand on a travaillé comme ça et qu’à la fin, il n’y a pas d’argent. On vend toujours à des prix trop bas.»
Amani Birhingingwa (Bushumba) enseigne au secondaire le matin. Le soir, il cultive canne à sucre, haricots et patates douces sur une étendue considérable. «Pour moi, l’enseignement nourrit l’esprit, la terre que je cultive nourrit la famille.», résume-t-il.
Olivier Imani Ludunge (Bushwira) s’est spécialisé dans la culture maraîchère. Il cultive oignons, tomates, aubergines et piments. Il vend aux marchés de Mudaka, de Cirunga,… ou directement aux ménages. Entre juillet et août, il sèche une partie de ses récoltes pour les conserver ou les vendre plus cher. «Mon rêve, c’est gagner ma vie à travers cette agriculture, produire même quand il fait trop sec. Je veux que mes légumes soient là toute l’année.»
Les jeunes rencontrés identifient plusieurs freins à leur développement. Le plus criant reste l’accès au financement : aucun microcrédit n’est accessible sans garantie. Pour contourner cela, certains créent des tontines avec des cotisations hebdomadaires de 1 000 FC.
Éphrem Mugisho Zagabe, économiste de formation et consultant en entrepreneuriat rural, propose une feuille de route pragmatique : «Kabare dispose d’atouts: terres arables, main-d’œuvre jeune et demande locale. Pour transformer ce potentiel en revenus durables, il faut diversifier, se regrouper et se former.»
Diversifier: transformer une partie des récoltes (maïs en farine, porc en boudin) permet de réduire l’impact des variations de prix. Se regrouper: les coopératives permettent d’acheter des intrants à moindre coût et de mieux négocier les prix. Se former: même une vidéo de deux minutes sur téléphone peut doubler un rendement. «L’entrepreneuriat est un marathon. Chaque récolte, chaque porcelet, c’est une brique de savoir-faire que personne ne pourra enlever à ces jeunes entrepreneurs.»
Des formations courtes et ciblées en agriculture, élevage, gestion: avec ces leviers modestes, soutenus par l’énergie et la résilience déjà visibles sur le terrain, les efforts des jeunes peuvent s’intégrer dans une véritable chaîne de valeur locale. Si chaque jeune transforme ne serait-ce qu’un quart de sa production et vend en groupe plutôt qu’individuellement, les revenus pourraient doubler sans élargir les surfaces cultivées.
La balle est désormais dans le camp des décideurs, des bailleurs et de la communauté: investir dans ces jeunes, c’est investir dans la stabilité et la sécurité alimentaire du Sud-Kivu. Watoto News continuera à suivre leur évolution, car l’avenir économique de la province s’écrit chaque jour…
Pascal Marhegane Ki-Moon, Volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu
Dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, plusieurs familles du groupement Mbinga-Nord, chefferie de Buhavu, sont actuellement exposées à une insécurité alimentaire aiguë après de fortes pluies accompagnées de grêle survenues entre le 19 et le 21 mai 2025. Selon Benjamin Mungazi, président de la […]
Dans le territoire de Kalehe, au Sud-Kivu, plusieurs familles du groupement Mbinga-Nord, chefferie de Buhavu, sont actuellement exposées à une insécurité alimentaire aiguë après de fortes pluies accompagnées de grêle survenues entre le 19 et le 21 mai 2025.
Selon Benjamin Mungazi, président de la Nouvelle Société Civile Congolaise dans cette région, les dégâts sont considérables. « Les localités de Mukwidja, Kalangala, Muganzo, Kanenge et Sanzi sont les plus touchées. Les champs de maïs, haricots et manioc sont complètement détruits, plongeant les habitants dans une situation de précarité alimentaire critique », a-t-il déclaré.
Face à cette catastrophe naturelle, il lance un appel urgent aux organisations humanitaires et aux personnes de bonne volonté pour venir en aide à la population sinistrée.
Cette nouvelle catastrophe s’ajoute à celle enregistrée entre les 10 et 11 mai dans le même groupement, où de violentes pluies avaient déjà détruit plus de 51 maisons, une église de la communauté CECA40 et l’Institut Bulungu dans le centre de Kiniezire.
La répétition de ces intempéries souligne la vulnérabilité croissante des communautés rurales face aux effets du changement climatique.