POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES
Au Sud-Kivu, il a actuellement des milliers d’enfants zéro dose, c’est-à-dire qui ne se sont jamais fait vacciner, et d’autres sous-vaccinés, c’est-à-dire qu’ils ont manqué plusieurs doses prévues dans le calendrier vaccinal. Cette situation qui met en danger la vie de ces enfants, a été […]
La mode ne se limite plus à une simple affaire de goût ou d’élégance : elle est devenue, pour de nombreux jeunes, un puissant outil d’affirmation de soi. À Bukavu, comme dans d’autres villes africaines, un phénomène se dessine avec force : des jeunes qui […]
Environ 40 journalistes, enfants journalistes du RJAE et enfants reporters de l’UNICEF, s’engagent à contribuer aux efforts visant l’amélioration de la couverture vaccinale en RDC. Ils l’ont dit ce mercredi 30 août 2023, à l’issue d’une formation organisée à Bukavu au Sud-Kivu, par le Programme […]
Chaque année, des millions d’enfants sont protégés grâce aux vaccins contre des maladies graves comme la rougeole, la polio ou la coqueluche. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, vacciner un enfant reste un combat. Manque d’information, rumeurs, résistances culturelles : les obstacles sont nombreux […]
Le Club U-Reporters Filles Bukavu a prouvé son engagement citoyen en organisant une activité d’assainissement communautaire ( Salongo ) Spécial ce samedi 26 juillet au Rond-Point Irambo. Munis de gants et de sacs, ces jeunes filles déterminées ont mené une opération de nettoyage d’envergure, visant […]
ACTUALITÉS
Le Club U-Reporters Filles Bukavu a prouvé son engagement citoyen en organisant une activité d’assainissement communautaire ( Salongo ) Spécial ce samedi 26 juillet au Rond-Point Irambo.
Munis de gants et de sacs, ces jeunes filles déterminées ont mené une opération de nettoyage d’envergure, visant à sensibiliser la population à l’importance de la propreté, de l’hygiène et de l’engagement communautaire.

« Un simple geste peut sauver une vie. Chaque déchet jeté dans la rue est un danger pour notre santé et notre environnement. Ensemble, gardons nos quartiers propres pour éviter les inondations, les maladies et vivre dignement » a déclaré Merci Véronique, soulignant la vision inspirante derrière cette action.

Par ce geste concret, le Club des filles U-Report a démontré que la participation citoyenne ne passe pas forcément par de grands discours, mais par des actions simples pouvant entraîner de grands changements. Elles sont un véritable exemple pour la communauté.

U-report est un ensemble des jeunes bénévoles pour impacter positivement la communauté à travers leurs actions.
Pour s’enregistrer sur la plateforme Il suffit d’envoyer Go par SMS au 101.
Lumière Kashafali, Volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
Face à la recrudescence de l’épidémie de choléra dans la zone de santé de Rutshuru, les jeunes de la communauté U-Reporter de Kiwanja se sont mobilisés pour agir. Ce vendredi 25 juillet 2025, ils ont mené une campagne de sensibilisation porte-à-porte dans la localité de […]
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Face à la recrudescence de l’épidémie de choléra dans la zone de santé de Rutshuru, les jeunes de la communauté U-Reporter de Kiwanja se sont mobilisés pour agir. Ce vendredi 25 juillet 2025, ils ont mené une campagne de sensibilisation porte-à-porte dans la localité de Kahunga, située dans le groupement Bukoma, territoire de Rutshuru. Plus de 200 ménages ont été touchés par cette initiative.
L’objectif principal de cette action est de renforcer la prévention dans les zones les plus affectées, où l’accès limité à l’eau potable, l’absence de latrines et l’insalubrité générale favorisent la propagation du choléra, une maladie d’origine hydrique.

Lors de cette sensibilisation, les jeunes ont rappelé les gestes essentiels pour se protéger : se laver régulièrement les mains avec du savon, traiter l’eau avant consommation, bien cuire les aliments et utiliser des latrines propres.

Cette mobilisation citoyenne intervient alors que de nouveaux cas de choléra continuent d’être signalés dans la région, menaçant particulièrement les familles les plus vulnérables. À travers leur engagement, les jeunes U-Reporters souhaitent contribuer activement à briser la chaîne de transmission du choléra dans une zone déjà fragilisée par les conflits et une précarité persistante.
Sophie Mavuta volontaire pour les enfants et les jeunes à Rutshuru
Les vacances scolaires devraient être synonymes de repos, de loisirs et de liberté pour les enfants. Pourtant, dans de nombreux foyers à Bukavu, cette période devient un moment de surcharge domestique, en particulier pour les filles. Du lever au coucher du soleil, nombre d’enfants se […]
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Les vacances scolaires devraient être synonymes de repos, de loisirs et de liberté pour les enfants. Pourtant, dans de nombreux foyers à Bukavu, cette période devient un moment de surcharge domestique, en particulier pour les filles. Du lever au coucher du soleil, nombre d’enfants se voient confier des tâches ménagères éprouvantes : vaisselle, lessive, cuisine, corvée d’eau, surveillance des plus jeunes.
Autant de responsabilités qui les privent de leur droit au repos et au jeu.
Rachel Andema, 13 ans, témoigne :
« Dès 6 heures, je suis debout. Je fais la vaisselle, je balaie, je vais chercher de l’eau, je prépare à manger et ça dure toute la journée. Je n’ai même pas le temps de jouer. »
José Iragi, 11 ans:
« Moi, je dois toujours accompagner ma mère au champ pendant les vacances. Je porte les outils, je l’aide à biner, et on ne rentre qu’à 15 heures. Ensuite, je dois encore aller chercher du bois. »
Véronique Waso, 14 ans:
« Pendant les vacances, j’ai l’impression d’être la domestique de la maison. Je fais tout, surtout quand maman est au marché. Mes petits frères jouent, moi je travaille. »
Didier Ruhigita, 12 ans :
« Quand mon oncle est là, je dois tout faire pour lui : laver ses habits, le servir, même lui masser les pieds. Si je refuse, il me crie dessus. »
Ces témoignages révèlent une pratique souvent banalisée : le remplacement des adultes par les enfants dans les tâches domestiques. Ce surmenage, loin d’une simple aide familiale, devient abusif lorsqu’il empiète sur leur temps libre, leur repos ou leur développement personnel. À Bukavu, pour beaucoup d’enfants, les vacances ne sont plus qu’un enchaînement de corvées, au détriment de leur droit à l’enfance.
Rachel Andema, 13 ans:
« Dès 6 heures, je suis debout. Je fais la vaisselle, je balaie, je vais chercher de l’eau, je prépare à manger… et ça continue toute la journée. Je n’ai même pas le temps d’aller jouer. »
José Iragi, 11 ans:
« Moi, je dois toujours accompagner ma mère au champ pendant les vacances. Je porte les outils, je l’aide à biner, et on ne revient qu’à 15 heures. Après ça, je dois encore aller chercher le bois. »
Didier Ruhigita, 12 ans:
« Quand mon oncle vient chez nous, je dois tout faire pour lui : laver ses habits, lui servir, même masser ses pieds. Si je refuse, il me crie dessus. »
Avis des spécialistes
Dr. Jean-Claude Bulambo, pédiatre: « Certains enfants arrivent à la rentrée avec des douleurs musculaires, des signes de stress physique, ou même d’anémie à force de porter des charges et travailler sans pause. »
Mme Nicole Bashige, éducatrice spécialisée:
« On oublie souvent que le jeu est un droit fondamental de l’enfant. Le priver de loisirs nuit à son développement émotionnel, sa créativité et sa confiance en soi. »
Frère David Mugisho, conseiller en discipline scolaire:
« On retrouve beaucoup d’enfants en échec scolaire après les vacances parce qu’ils n’ont pas pu réviser, ni se reposer. Le surmenage domestique joue un grand rôle dans cette baisse de performance. »
Sr. Huguette Kabuo, formatrice en protection de l’enfance:
« Le problème, c’est que beaucoup de parents pensent que l’enfant doit être ‘utile’ tout le temps. Mais cette utilité devient une maltraitance silencieuse quand elle dépasse les limites. »
M. Alain Musafiri, animateur jeunesse:
« Certains enfants développent un rejet du foyer ou une colère intérieure parce qu’ils se sentent exploités. Ça affecte aussi leurs relations avec leurs parents à long terme. »
Les spécialistes sont unanimes : les tâches ménagères doivent être encadrées et adaptées à l’âge de l’enfant. Quand elles deviennent excessives et constantes, surtout pendant les vacances, elles nuisent à son développement physique, émotionnel et scolaire. Le repos, le loisir et le jeu ne sont pas des luxes pour les enfants : ce sont des droits reconnus.
Les vacances ne doivent pas être une punition ou une période d’épuisement pour les enfants. Aider à la maison est normal, mais être utilisé comme une main-d’œuvre gratuite et permanente ne l’est pas. Les familles doivent revoir leurs pratiques pour respecter les droits de l’enfant, même dans le cadre familial. Offrir du repos à un enfant, c’est investir dans son équilibre, sa santé mentale et sa réussite future.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes au sud kivu
À l’approche de la rentrée scolaire à Bukavu, dans l’Est de la RDC, les vacances ne riment pas avec repos pour de nombreux enfants. Ce qui devrait être une pause bien méritée devient une période de lutte quotidienne pour rassembler le strict minimum : cahiers, […]
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À l’approche de la rentrée scolaire à Bukavu, dans l’Est de la RDC, les vacances ne riment pas avec repos pour de nombreux enfants. Ce qui devrait être une pause bien méritée devient une période de lutte quotidienne pour rassembler le strict minimum : cahiers, uniformes, frais scolaires.
Dans les rues, les marchés ou les garages de fortune, des dizaines d’enfants se battent chaque jour pour aider leur famille ou subvenir eux-mêmes à leurs besoins. Une réalité qui met en lumière les profondes inégalités sociales et l’absence de dispositifs d’aide efficaces pour les plus vulnérables.
Grâce Nyabatumba, 12 ans, vend des sachets de beignets faits maison.
« Je vends pour aider maman à acheter mes cahiers. Sinon, je vais rater la rentrée. Je préfère ça que de rester à la maison sans aller à l’école. »
Malgré sa détermination, ses yeux trahissent une fatigue inhabituelle pour son âge.
Moïse Akonkwa 15 ans, est apprenti dans un petit garage.
Allongé sous une voiture, il passe une clé à son formateur.
« Je ne suis pas payé tous les jours. Parfois, j’ai juste un billet ou à manger. Mais j’économise pour m’acheter des chaussures pour la rentrée. »
Lui rêve de devenir ingénieur et dit vouloir « sacrifier ses vacances pour investir dans l’école ».
Mado, 10 ans, aide une voisine dans les tâches ménagères.
« Je lave les habits, je balaie, je prépare à manger. Elle m’a promis un cartable et une tenue. »
Elle espère que sa bonne conduite lui permettra de retourner à l’école.
Jean-Paul Mulume, sociologue, alerte :
« Dans ce contexte, l’enfant devient un soutien économique plutôt qu’un élève en vacances. Cela banalise le travail infantile et normalise une forme de survie précoce. »
Alors que de nombreux enfants passent leurs vacances à travailler pour financer leur rentrée scolaire, la psychologue Mireille Kavugho alerte sur les conséquences psychologiques de cette réalité trop souvent banalisée.
« Même lorsqu’ils agissent volontairement, ces enfants subissent une pression immense. La peur d’échouer ou de décevoir leur famille génère une anxiété constante. Ils grandissent trop vite, au détriment de leur équilibre émotionnel »,explique-t-elle.
Elle souligne également le risque d’épuisement, de démotivation scolaire, voire d’abandon pur et simple des études.
Pour les spécialistes, il ne suffit pas d’admirer le courage de ces enfants : des mesures structurelles s’imposent, notamment :l’élimination des frais cachés de l’école gratuite, la mise à disposition de kits scolaires subventionnés, un accompagnement accru des familles vulnérables, et des activités éducatives accessibles pendant les vacances.
À Bukavu, les vacances sont devenues pour des milliers d’enfants un moment de lutte, de responsabilité précoce, et parfois de sacrifice. Si leur résilience force le respect, elle ne doit pas masquer l’injustice de leur condition.
Face à cette dure réalité, la rentrée scolaire apparaît pour beaucoup d’enfants non pas comme un droit, mais comme un combat.
Louise bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes au sud kivu
À Baraka, les vacances de juillet et août devient chaque année une période difficile pour de nombreux jeunes élèves. Privés d’activités éducatives, plusieurs d’entre eux sont contraints de se livrer à des travaux physiques éprouvants fabrication de briques, port de charges lourdes, travaux champêtres dans […]
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À Baraka, les vacances de juillet et août devient chaque année une période difficile pour de nombreux jeunes élèves. Privés d’activités éducatives, plusieurs d’entre eux sont contraints de se livrer à des travaux physiques éprouvants fabrication de briques, port de charges lourdes, travaux champêtres dans l’objectif de se procurer des effets scolaires pour la rentrée.
Le commissariat de la Police nationale congolaise (PNC), via son escadron de protection de l’enfance et de prévention des violences sexuelles, se dit profondément préoccupé par cette situation. Le commissaire Kicha Walengamina, en poste à Katanga, déplore l’exploitation des enfants durant les vacances et appelle les parents à assumer pleinement leurs responsabilités. Il met en garde : « Si cette pratique continue, la loi s’appliquera. »
Everina Mwanu’e, une élève de 15 ans en 7e année du cycle terminal de l’éducation de base, confie qu’elle vend de la canne à sucre qu’elle va chercher à Mushilwa, à plus de 8 kilomètres. Ses camarades, eux aussi, se débrouillent : certains façonnent des briques, deviennent cyclistes, aides-maçons, bûcherons, serveurs ou encore pêcheurs, pour se procurer des uniformes, des cahiers, ou des chaussures.
« Les vacances sont devenues synonymes de labeur pour les enfants. Pire encore, certains parents les exploitent davantage aux champs, sachant qu’ils ne seront plus disponibles après la reprise des cours », témoigne un habitant.
Cette situation, répétée chaque année, interpelle les autorités locales, qui appellent à des solutions concrètes pour garantir aux enfants un véritable droit au repos, à la protection et à l’éducation.
Mihali Cordontch volontaire pour les enfants et les jeunes depuis Baraka
À Bukavu, les vacances scolaires ne riment pas toujours avec détente. Alors que certains enfants profitent de cette pause pour jouer ou se reposer, d’autres endossent des rôles d’adultes dans les rues, les marchés ou les salons de coiffure. Leur but : réunir de quoi […]
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À Bukavu, les vacances scolaires ne riment pas toujours avec détente. Alors que certains enfants profitent de cette pause pour jouer ou se reposer, d’autres endossent des rôles d’adultes dans les rues, les marchés ou les salons de coiffure. Leur but : réunir de quoi financer la prochaine rentrée scolaire. Dans une ville marquée par la pauvreté, ces enfants se battent, parfois au prix de leur enfance, pour rester sur le chemin de l’éducation.
Junior Burasa, 13 ans, vendeur de pain
« Je quitte le quartier de Kadutu avec mon plateau de petits pains dès 6 h du matin. Je vends jusqu’au centre-ville. Parfois, je gagne 5 000 à 6 000 francs congolais par jour. J’économise pour mes cahiers et les frais scolaires. »
Nadine Shabani, 11 ans, aide-coiffeuse: Dans un salon du quartier Nyawera, elle balaie, trie les mèches, prépare de l’eau chaude.
« Je ne suis pas payée, mais la patronne va m’acheter des chaussures. C’est déjà ça. »
Elle sourit timidement. Elle n’a jamais connu de vacances sans travail.
Patrick Murhula, 14 ans, porteur au marché de Nguba: « Je gagne selon le poids. Ce n’est pas facile, mais ça me permet de payer l’uniforme sans trop dépendre de mes parents. »
Il souffre parfois de maux de dos, mais préfère cela à rester à la maison sans aller à l’école.
L’avis des spécialistes
Pour le sociologue Clément Bisimwa, « ces situations traduisent l’échec des politiques sociales. Les familles, livrées à elles-mêmes, en viennent à mobiliser leurs enfants comme source de revenu. Cela crée un cycle de pauvreté et d’échec scolaire. »
La psychologue Sylvie Kavira ajoute :
« Ces enfants développent très tôt un sens des responsabilités, mais aussi une anxiété profonde : peur de l’échec, culpabilité, honte… Ils n’ont pas droit à l’insouciance. »
Elle appelle à des mesures concrètes : espaces d’écoute, soutien psychologique, allègement des charges scolaires.
Pour l’ONG locale Enfance Active, l’État porte une part de responsabilité :
« L’école est dite gratuite, mais les frais dits “annexes” (uniforme, cahiers, participation parentale) restent élevés. Tant que ces frais existeront, les enfants continueront à travailler. »
L’organisation plaide pour un système réellement gratuit, avec un appui direct aux familles.
Tous les spécialistes sont unanimes : une réponse urgente et structurée s’impose. Cela passe par :une prise en charge sociale réelle des familles en détresse, l’élimination des coûts cachés de la scolarité,des programmes de soutien scolaire et nutritionnel pendant les vacances,et une sensibilisation renforcée sur les droits de l’enfant.
Les enfants de Bukavu qui travaillent pendant les vacances ne sont pas des exceptions. Ils représentent une jeunesse déterminée, mais vulnérable. Leur courage à lutter pour aller à l’école est admirable, mais il ne devrait pas être nécessaire.
Offrir à chaque enfant un avenir passe par la garantie d’une éducation gratuite, d’un soutien familial, et d’une protection efficace contre le travail précoce. En les aidant aujourd’hui, c’est l’ensemble de la société que l’on renforce pour demain.
Derrière chaque plateau de pain ou balai, se cache un rêve d’école. Mais ce rêve ne devrait pas passer par tant de sacrifices.
Louise Bibentyo volontaire pour les jeunes et les enfants au sud kivu
Les violences domestiques, subies directement ou indirectement par les enfants, impactent sérieusement leur santé mentale. Elles entraînent plusieurs conséquences néfastes, notamment l’anxiété, la dépression et les traumatismes infantiles. Rencontré à ce sujet, Serge Ombeni Birhashoboka, psychologue clinicien, décrit les effets de ces violences sur la […]
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Les violences domestiques, subies directement ou indirectement par les enfants, impactent sérieusement leur santé mentale. Elles entraînent plusieurs conséquences néfastes, notamment l’anxiété, la dépression et les traumatismes infantiles.
Rencontré à ce sujet, Serge Ombeni Birhashoboka, psychologue clinicien, décrit les effets de ces violences sur la santé psychologique et physique des enfants, ainsi que leurs répercussions à l’âge adulte :
« Lorsqu’on parle de violences domestiques, on fait référence à des violences intrafamiliales. Cela peut être des violences conjugales ou de la maltraitance envers les enfants.
Sur le plan psychologique, ces violences ont un impact sévère sur l’enfant. Je peux citer la genèse de troubles mentaux chez l’enfant. L’enfant peut commencer à développer des problèmes comme : l’anxiété, la dépression, des troubles de concentration, d’insomnie et d’appétit.
Il y a beaucoup de problèmes qui peuvent se développer chez l’enfant. Aujourd’hui, dans l’approche psychosomatique, il a été démontré qu’il existe des troubles d’ordre psychologique qui génèrent des troubles d’ordre somatique, c’est-à-dire physique. Lorsqu’on soumet l’enfant à un environnement stressant, cela peut entraîner chez lui des problèmes de santé. C’est ainsi qu’on trouve des enfants qui souffrent, par exemple, de diabète ou de problèmes cardiaques. »
Pour le psychologue, ces effets dépassent l’enfance et peuvent marquer l’individu toute sa vie.
« Au-delà de ces conséquences, cela peut avoir des répercussions à l’âge adulte. Des études menées en psychologie ont démontré que la plupart des troubles que nous observons à l’âge adulte trouvent leur origine dans la petite enfance », explique Serge Ombeni.
Il souligne que l’enfant peut être victime directe ou indirecte de la maltraitance ou des violences domestiques. Il illustre cela par le cas où l’un des parents subit des violences en présence de l’enfant, ce qui l’affecte :
« Je donne l’exemple de mon expérience professionnelle à l’hôpital général de Panzi où j’ai reçu le cas d’un enfant admis en soins intensifs au service de pédiatrie. Il s’agissait d’un bébé de trois mois présentant un problème cardiaque. Après évaluation, le pédiatre constate qu’il n’y a aucune cause médicale apparente. Mais lors de mon entretien avec la mère, je découvre que depuis la naissance de l’enfant, elle vit dans un climat de violence domestique infligée par son mari. L’enfant a développé ce problème pour exprimer sa douleur. »
Serge Ombeni ajoute que ces violences ont également un impact sur le développement social, intellectuel et émotionnel de l’enfant :
« Le mouvement des enfants dans la rue tire ses origines de ce que vivent les enfants dans leurs familles respectives. Lorsque les enfants sont soumis à ces violences, ils ne se sentent plus en sécurité chez eux et finissent par fuir le toit familial pour vivre dans la rue.
Sur le plan social, ce phénomène conduit à l’insécurité, au vagabondage, au désordre social, au vol, au retrait social. On observe aussi une baisse du rendement scolaire.
Sur le plan émotionnel, l’enfant évolue avec une carence affective. Ce sont des enfants qui, plus tard, auront du mal à construire des relations sociales solides à l’âge adulte. »
Serge Ombeni insiste sur le rôle des psychothérapeutes, qui doivent éduquer la communauté sur les conséquences des violences domestiques sur les enfants, mais aussi rester en contact avec les victimes pour prévenir ces effets. Il lance un appel à la communauté :
« Les voisins, par exemple, doivent protéger ces enfants, notamment en alertant sur ce qui se passe. »
Rehema Namegabe Esther, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu.
À quelques semaines de la rentrée 2025-2026, l’École Primaire Bonsomi, située dans la sous-division de la ville de Zongo, fait face à une dégradation avancée de ses infrastructures, compromettant sérieusement les conditions d’apprentissage de centaines d’élèves. Les bâtiments de cette école sont vétustes, fissurés, et […]
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À quelques semaines de la rentrée 2025-2026, l’École Primaire Bonsomi, située dans la sous-division de la ville de Zongo, fait face à une dégradation avancée de ses infrastructures, compromettant sérieusement les conditions d’apprentissage de centaines d’élèves.
Les bâtiments de cette école sont vétustes, fissurés, et nécessitent des travaux urgents de réhabilitation. Les salles de classe, déjà trop petites, sont surchargées, et manquent cruellement d’équipements de base. Faute de mobilier scolaire, certains enfants sont contraints de s’asseoir à même le sol ou de partager les rares manuels disponibles. Cette situation met en péril la qualité de l’enseignement et l’avenir éducatif des élèves.
Parents, enseignants et responsables locaux tirent la sonnette d’alarme. Des initiatives communautaires commencent à émerger pour tenter de remédier à la situation. Quelques ONG et parents d’élèves ont lancé des campagnes de sensibilisation dans l’espoir de mobiliser des soutiens matériels et financiers.
Si aucune solution rapide n’est trouvée, la rentrée scolaire à l’E.P Bonsomi risque de s’effectuer dans des conditions précaires, voire d’être reportée.
Edouard Rogose volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
Depuis la publication de la note circulaire du ministère de l’Éducation nationale autorisant les jeunes filles enceintes à poursuivre leur scolarité, les établissements scolaires de Kinshasa sont confrontés à un dilemme : concilier l’obligation d’inclusion avec les réalités pédagogiques et culturelles. Clémentine Ngalula Mukeba, préfète […]
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Depuis la publication de la note circulaire du ministère de l’Éducation nationale autorisant les jeunes filles enceintes à poursuivre leur scolarité, les établissements scolaires de Kinshasa sont confrontés à un dilemme : concilier l’obligation d’inclusion avec les réalités pédagogiques et culturelles.
Clémentine Ngalula Mukeba, préfète du complexe scolaire Mokengeli, dans la commune de Lemba, affirme respecter la directive ministérielle, bien que cela constitue un tournant pour son établissement.
« Nous n’acceptions pas de filles enceintes auparavant. Mais puisque l’autorité l’exige, nous allons nous y conformer, tout en veillant au respect de nos valeurs chrétiennes », déclare-t-elle. Elle précise que les élèves concernées devront porter des vêtements amples pour plus de discrétion et éviter tout malaise en classe. Des mesures disciplinaires seront également prises pour prévenir toute forme de harcèlement ou de moqueries.
Cependant, elle admet que la présence de jeunes filles enceintes en classe pourrait influencer les autres élèves :« À Kinshasa, les enfants observent tout. Il est donc nécessaire de les sensibiliser afin qu’ils ne prennent pas cela comme un modèle. »
De son côté, Corneille Tshiolo Nteta, inspecteur de l’enseignement, insiste sur la préparation de l’environnement scolaire :
« La décision doit être comprise à deux niveaux : la jeune fille doit apprendre à affronter les regards, et les autres élèves doivent être éduqués pour ne pas stigmatiser. Une fille qui vomit en classe peut susciter des réactions. Il faut anticiper. »
Un autre chef d’établissement, préférant garder l’anonymat, exprime pour sa part des inquiétudes morales :
« Cela risque de banaliser les grossesses précoces et d’envoyer un mauvais message. »
« De notre côté, nous considérons aussi l’aspect moral. Surtout que l’éducation à la sexualité soulève encore de nombreuses difficultés. On ne peut pas libéraliser la sexualité au niveau secondaire, alors que la majorité des élèves sont encore mineurs. Une fille enceinte qui revient à l’école sera gênée, car le regard de ses camarades ne sera plus le même. L’école doit également transmettre des valeurs humaines et spirituelles », explique-t-il.
Il propose une alternative : que les filles prennent une pause, accouchent, puis retournent à l’école, afin d’éviter tout effet d’encouragement perçu par les autres élèves.
Le Secrétariat général du Ministère de l’Éducation nationale et de la Nouvelle Citoyenneté a publié, le lundi 14 juillet dernier, une note circulaire appelant au respect du droit à l’éducation pour les élèves enceintes, dans le souci de promouvoir l’inclusion scolaire et l’égalité des chances entre les sexes. Dans ce document officiel (Note circulaire n°MINEDU-NC/SG/80/DPVC/00/2345/2025), adressé aux directeurs provinciaux de l’Éducation, le ministère insiste sur l’impératif de garantir le maintien dans le système éducatif des filles enceintes, sans discrimination ni exclusion.
Le ministère rappelle que les grossesses précoces représentent un facteur majeur de déscolarisation chez les jeunes filles, compromettant leur avenir et accentuant les inégalités de genre. Pour y remédier, les établissements scolaires sont désormais tenus de mettre en œuvre des mesures facilitant la continuité de la scolarisation de ces élèves, sans leur imposer de conditions administratives ou académiques discriminatoires. Aucune sanction ne devra être appliquée en raison d’une grossesse.
Entre devoir d’inclusion, cadre disciplinaire et sensibilisation, les écoles de Kinshasa s’adaptent à une mesure encore sensible mais cruciale pour garantir le droit à l’éducation pour toutes.
Michael Lufungulo volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto avec Actualité.cd
Une mission conjointe de vérification et de certification des Enfants Associés aux Groupes Armés (EAGA) a été menée à Lambo-Katenga, une localité située à 150 km au nord-ouest de Kalemie, dans la province du Tanganyika du 21 au 24 juillet 2025. Cette mission était conduite […]
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Une mission conjointe de vérification et de certification des Enfants Associés aux Groupes Armés (EAGA) a été menée à Lambo-Katenga, une localité située à 150 km au nord-ouest de Kalemie, dans la province du Tanganyika du 21 au 24 juillet 2025.
Cette mission était conduite par la coordination provinciale du Programme de Désarmement, Démobilisation, Relèvement Communautaire et Stabilisation (P-DDRCS), en collaboration avec l’UNICEF, AVREO, le SECAS et d’autres membres du Groupe de Travail pour la Protection de l’Enfant (GTPE).

Au terme de cette opération, 72 enfants 34 filles et 38 garçons, âgés de 10 à 17 ans ont été officiellement retirés des rangs du groupe armé « Apa na Pale », dirigé par le chef twa Bebeto Shindano. Ces enfants, parmi les 102 mineurs initialement identifiés, ont reçu des kits de sortie, première étape vers leur réinsertion sociale.
Cette libération est le fruit d’un travail de sensibilisation mené auprès de Bebeto Shindano, ex-chef d’opérations du groupe, qui a accepté de déposer les armes et libérer les enfants. Ce geste marque une avancée dans les efforts pour mettre fin au recrutement d’enfants dans une région encore marquée par l’activisme de groupes armés tels que Bishambuke, Wazalendo et d’autres milices locales.
La mission sur le terrain a été dirigée par Madame Florence Kikasa, cheffe de la section EAFGA du P-DDRCS Tanganyika. Les autorités locales, dont le chef de groupement de Lambo-Katenga, ont salué cette initiative et réitéré leur engagement à soutenir la réintégration des enfants dans leurs communautés.

Cette action s’inscrit dans le cadre du projet : « Réponse d’urgence aux besoins prioritaires de protection des enfants affectés par la crise humanitaire », mis en œuvre par AVREO avec l’appui de l’UNICEF et sous la supervision du P-DDRCS. Elle témoigne d’un pas concret vers la restauration de la paix et la protection durable des enfants dans les zones de santé de Kalemie, Nyemba et Kiambi.
Michael Lufungulo volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News avec P-DDRCS