POUR LES ENFANTS ET LES JEUNES
Au Sud-Kivu, il a actuellement des milliers d’enfants zéro dose, c’est-à-dire qui ne se sont jamais fait vacciner, et d’autres sous-vaccinés, c’est-à-dire qu’ils ont manqué plusieurs doses prévues dans le calendrier vaccinal. Cette situation qui met en danger la vie de ces enfants, a été […]
La mode ne se limite plus à une simple affaire de goût ou d’élégance : elle est devenue, pour de nombreux jeunes, un puissant outil d’affirmation de soi. À Bukavu, comme dans d’autres villes africaines, un phénomène se dessine avec force : des jeunes qui […]
Environ 40 journalistes, enfants journalistes du RJAE et enfants reporters de l’UNICEF, s’engagent à contribuer aux efforts visant l’amélioration de la couverture vaccinale en RDC. Ils l’ont dit ce mercredi 30 août 2023, à l’issue d’une formation organisée à Bukavu au Sud-Kivu, par le Programme […]
Chaque année, des millions d’enfants sont protégés grâce aux vaccins contre des maladies graves comme la rougeole, la polio ou la coqueluche. Pourtant, dans de nombreuses régions du monde, vacciner un enfant reste un combat. Manque d’information, rumeurs, résistances culturelles : les obstacles sont nombreux […]
Le lait maternel reste l’aliment le plus précieux pour le nourrisson, mais sa qualité dépend en grande partie de l’alimentation de la mère.À Bukavu, de nombreuses femmes allaitent, souvent dans des conditions nutritionnelles précaires qui influencent directement ce que reçoit leur bébé. À Nkafu, Jeanne, […]
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Le lait maternel reste l’aliment le plus précieux pour le nourrisson, mais sa qualité dépend en grande partie de l’alimentation de la mère.
À Bukavu, de nombreuses femmes allaitent, souvent dans des conditions nutritionnelles précaires qui influencent directement ce que reçoit leur bébé.
À Nkafu, Jeanne, mère de trois enfants, allaite son dernier-né. Son menu quotidien est simple : « Le matin, je prends du thé avec du pain. À midi, souvent du foufou avec des légumes. La viande ou le poisson, c’est rare », confie-t-elle.
Pour Anna Balumisa, étudiante en nutrition à l’ISTM Bukavu, cette monotonie alimentaire peut nuire à la qualité du lait maternel :
« Quand une mère consomme régulièrement des aliments comme les haricots, les œufs, le poisson ou des légumes à feuilles vertes, son lait devient plus nutritif pour l’enfant »,explique-t-elle.
Dans plusieurs quartiers de la ville, les repas sont dominés par des aliments rassasiants mais peu diversifiés, souvent par manque de moyens ou par habitudes culturelles. Pourtant, les spécialistes insistent : même avec des ressources limitées, il est possible d’améliorer la qualité nutritionnelle des repas.
Des efforts simples, comme intégrer des produits locaux riches en nutriments, peuvent faire une réelle différence dans la croissance et le développement des bébés allaités.
Gabriel Cubaka, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse célébrée chaque 12 août, de nombreux jeunes entrepreneurs de la ville de Bukavu tirent la sonnette d’alarme sur les obstacles qu’ils rencontrent.Le manque de financement, l’absence de soutien technique et la faible considération de leurs initiatives […]
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À l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse célébrée chaque 12 août, de nombreux jeunes entrepreneurs de la ville de Bukavu tirent la sonnette d’alarme sur les obstacles qu’ils rencontrent.
Le manque de financement, l’absence de soutien technique et la faible considération de leurs initiatives par la communauté figurent parmi les principaux défis auxquels ils font face.
Augustin Masirika et Aline Mwinja, tous deux engagés dans l’élevage de poulets et l’agroalimentaire, témoignent des ambitions qu’ont les jeunes pour développer leurs entreprises, mais qui se heurtent à un manque cruel de moyens.
« Les jeunes ont de grands objectifs, mais très peu de moyens pour les atteindre. Le financement reste notre plus grand défi », explique Augustin Masirika.
De son côté, Aline Mwinja renchérit :« J’ai fait face à plusieurs difficultés, notamment l’absence de financement adapté et le manque de soutien technique continu. Ces obstacles freinent la croissance de mon entreprise et limitent notre capacité à innover. »
Jean-Marc, un jeune entrepreneur engagé dans la transformation des déchets plastiques en pavés écologiques, mise sur la créativité et l’autofinancement pour avancer : « Nous nous autofinançons, ce qui couvre environ 50 % de nos besoins. C’est ainsi que nous tentons de surmonter les défis. »
En cette journée symbolique, Patient Asifiwe lance un message d’espoir à ses pairs : « À chaque jeune, je dis : ne laisse personne te faire croire que ton rêve est trop grand ou qu’il est trop tard. Commence là où tu es, avec ce que tu as. Ce que tu construis aujourd’hui pourrait éclairer ton avenir. »
Pour rappel, le thème retenu cette année pour la Journée internationale de la jeunesse est : L’autonomisation des jeunes grâce à l’intelligence artificielle et aux compétences numériques.
Car si les défis sont nombreux, la détermination des jeunes de Bukavu à bâtir un avenir meilleur l’est encore plus. Il suffit parfois d’un peu de soutien pour transformer un rêve en réalité.
Rehema Namegabe Esther, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
Ce 13 août, le monde célèbre la Journée internationale des gauchers, une occasion de valoriser celles et ceux qui utilisent majoritairement leur main gauche.Bien qu’ils représentent environ 10 % de la population mondiale, les gauchers évoluent souvent dans un monde pensé pour les droitiers, ce […]
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Ce 13 août, le monde célèbre la Journée internationale des gauchers, une occasion de valoriser celles et ceux qui utilisent majoritairement leur main gauche.
Bien qu’ils représentent environ 10 % de la population mondiale, les gauchers évoluent souvent dans un monde pensé pour les droitiers, ce qui peut parfois être un vrai défi.
À l’école, de nombreux outils comme les ciseaux, les stylos, les bancs ou les cahiers sont rarement adaptés. Pourtant, les enfants gauchers sont tout aussi intelligents, créatifs et talentueux.
Il est essentiel que parents, enseignants et camarades prennent en compte cette réalité et encouragent chaque enfant, quel que soit le côté qu’il utilise.
Témoignage :Noé, 11 ans, élève à Bukavu:
« On me critique parfois parce que j’écris différemment. Mais moi, je suis fier d’être gaucher. Même Messi l’est »
Cette journée nous rappelle que la différence est une richesse. Être gaucher, ce n’est pas être en marge, c’est simplement penser et agir autrement. De grands noms du sport, des arts et des sciences sont gauchers, et ils ont changé le monde à leur manière.
Soyez fiers de votre main gauche. Elle porte en elle votre singularité, votre potentiel et vos rêves. Continuez à créer, apprendre et imaginer à votre façon.
Ce n’est pas la main qu’on utilise qui compte, mais la passion qu’on y met.
Gloria Bakulikira volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
Chaque 12 août, le monde célèbre la Journée internationale de la jeunesse. Cette journée nous rappelle que les jeunes ne sont pas seulement l’avenir : ils sont le présent, et leur voix compte aujourd’hui plus que jamais. À travers l’Afrique, des jeunes innovent, s’expriment, créent […]
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Chaque 12 août, le monde célèbre la Journée internationale de la jeunesse.
Cette journée nous rappelle que les jeunes ne sont pas seulement l’avenir : ils sont le présent, et leur voix compte aujourd’hui plus que jamais.
À travers l’Afrique, des jeunes innovent, s’expriment, créent et s’engagent. À Kigali, Bukavu, Bujumbura ou Kinshasa, des milliers de jeunes prennent la parole pour défendre la justice, l’environnement, l’égalité et la paix.
« Je veux montrer que la jeunesse congolaise est capable de faire entendre sa voix sans violence, par la créativité. »
Patrick, 25 ans, activiste et artiste à Bukavu: « Le changement commence quand un jeune ose rêver »
Aline, 22 ans, étudiante:Cette journée est aussi un appel à soutenir l’éducation, la santé mentale, l’emploi et la participation politique des jeunes.
Car une jeunesse ignorée est un avenir fragilisé.
Message d’espoir d’une jeune fille de 21 ans : « Nous, les jeunes d’Afrique, ne voulons plus être spectateurs. Nous voulons agir. C’est notre monde aussi. »
À tous les jeunes, continuez de rêver, de créer, de revendiquer. À tous les adultes, institutions et gouvernements : écoutez, soutenez et faites confiance à votre jeunesse.
Les jeunes sont les étincelles d’aujourd’hui qui allumeront les flammes du changement de demain.
Gloria Bakulikira volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
Le coup d’envoi du Tournoi pour la Paix a été donné ce dimanche 10 août 2025 au terrain de Panzi, dans la ville de Bukavu.Cette compétition sportive rassemble plusieurs équipes issues des différents coins du quartier Panzi et se poursuivra jusqu’au 23 août, date prévue […]
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Le coup d’envoi du Tournoi pour la Paix a été donné ce dimanche 10 août 2025 au terrain de Panzi, dans la ville de Bukavu.
Cette compétition sportive rassemble plusieurs équipes issues des différents coins du quartier Panzi et se poursuivra jusqu’au 23 août, date prévue pour la grande finale.
Lors du match d’ouverture, l’équipe Umoja s’est imposée face au FC Le Sage sur le score de 2 buts à 0.

Organisé par La Chronique de James Mukeshaba, ce tournoi vise à promouvoir la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble parmi les jeunes du quartier.
« Nous avons initié ce tournoi pour mobiliser les jeunes autour d’une activité positive, et leur rappeler l’importance du vivre-ensemble pour bâtir une paix durable », explique Blaise Ntabala, reporter au sein de l’équipe organisatrice. Il annonce également que d’autres éditions sont envisagées dans différents quartiers de Bukavu.

Trésor Muhimuzi, habitant de Mulungulungu, salue cette initiative :« Nous sommes très heureux de participer. Le sport n’est pas seulement un loisir, il renforce les liens entre les communautés. »
Bakole Cubaka, joueur du FC Le Sage, se réjouit également : « Pendant ces vacances, ce tournoi nous éloigne des mauvaises influences. Nous allons nous concentrer sur cette belle activité. Merci aux organisateurs, et que d’autres suivent cet exemple »

Au-delà de la compétition, ce tournoi devient un véritable levier d’unité et d’espoir, où chaque coup de sifflet résonne comme un appel à la paix dans les cœurs des jeunes de Panzi.
Michael Lufungulo volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
Une vingtaine de jeunes de Goma, blogueurs, journalistes et influenceurs ont pris part à un workshop axé sur la création de contenus digitaux pour contrer la désinformation, un fléau grandissant dans les médias et sur les réseaux sociaux organisé par Soma lab média. Intervenant à […]
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Une vingtaine de jeunes de Goma, blogueurs, journalistes et influenceurs ont pris part à un workshop axé sur la création de contenus digitaux pour contrer la désinformation, un fléau grandissant dans les médias et sur les réseaux sociaux organisé par Soma lab média.

Intervenant à cette activité.
Augustin Mosange, chercheur en communication et correspondant de Radio Vatican, a insisté sur l’importance cruciale de lutter contre la désinformation à travers l’usage rigoureux des outils de vérification.
Il a notamment cité Google Lens, Hive Moderation, InVID et d’autres ressources numériques utiles pour identifier les fausses images, vidéos ou affirmations circulant en ligne.
« La désinformation menace la paix et la cohésion sociale. Nous avons besoin de jeunes formés et engagés à produire et partager des contenus crédibles », a-t-il déclaré.

De son côté Fidèle Kitsa, journaliste fact-checker et correspondant de France 24 à Goma, a présenté de manière pratique les méthodes de vérification.
À travers des cas concrets, il a guidé les participants dans l’utilisation de ces outils pour démystifier des contenus trompeurs.

Parmi les participants, Shukrani Muhindo s’est dit satisfait : « Je ne savais pas comment vérifier une image ou une vidéo avant aujourd’hui. Désormais, je vais toujours vérifier avant de partager une information. »

Ce workshop, salué par les participants, vient renforcer les capacités des jeunes de Goma à devenir des acteurs clés dans la lutte contre la désinformation, en produisant des contenus responsables et factuels sur les plateformes numériques.
Michael Lufungulo volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
La ville de Bukavu a été endeuillée dans la nuit du dimanche 10 au lundi 11 août 2025, après de fortes pluies qui se sont abattues sur la majeure partie de la ville. À Buholo 3, dans la commune de Kadutu, une mère et ses […]
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La ville de Bukavu a été endeuillée dans la nuit du dimanche 10 au lundi 11 août 2025, après de fortes pluies qui se sont abattues sur la majeure partie de la ville.
À Buholo 3, dans la commune de Kadutu, une mère et ses trois enfants ont tragiquement perdu la vie suite à l’écroulement d’un mur de leur maison. Ce drame met une nouvelle fois en évidence la vulnérabilité des enfants face aux catastrophes naturelles, souvent aggravées par l’urbanisation anarchique et le non-respect des normes de construction.
En plus de ces pertes humaines, plusieurs maisons ont été détruites. Deux personnes ont été sorties vivantes des décombres et acheminées d’urgence vers une structure sanitaire.
David Cikuru, habitant de la ville, confirme la situation et signale qu’un autre décès a été enregistré à Ciriri, dans la commune de Bagira, où un jeune garçon a été foudroyé la même nuit.
Face à ces drames, David Cikuru lance un appel aux autorités : « Nous demandons l’interdiction de la construction sur des sites inappropriés, pour protéger nos enfants et nos familles. »
Il invite également la population à faire preuve de prudence durant cette période de pluies abondantes, afin d’éviter d’autres tragédies.
Michael Lufungulo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
Une pluie torrentielle s’est abattue sur une grande partie du territoire de Walungu ce dimanche 10 août 2025, causant d’importants dégâts humains et matériels. Trois personnes, dont une jeune femme de 27 ans, ont été blessées après avoir été frappées par la foudre alors qu’elles […]
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Une pluie torrentielle s’est abattue sur une grande partie du territoire de Walungu ce dimanche 10 août 2025, causant d’importants dégâts humains et matériels.
Trois personnes, dont une jeune femme de 27 ans, ont été blessées après avoir été frappées par la foudre alors qu’elles se trouvaient au marché de Mudwanga, dans le groupement de Walungu. Les victimes ont été conduites à l’hôpital général de référence de Walungu pour des soins médicaux.
Sur le plan agricole, les eaux de ruissellement ont emporté plusieurs cultures dans les champs des habitants de Walungu-Centre et de Mwirama, dans le groupement de Kaniola. Les agriculteurs se retrouvent ainsi face à d’importantes pertes.
Le studio de la RTNC/Walungu a également été endommagé, notamment son émetteur radio, ainsi que plusieurs équipements et matériels de travail.
Face à cette situation, la population de Walungu, en particulier les agriculteurs sinistrés, lancent un appel à l’aide aux humanitaires et aux personnes de bonne volonté pour bénéficier d’une assistance en semences afin de relancer leurs activités.
À noter que la pluie a débuté à 15 heures et s’est arrêtée aux environs de 18 heures, heure locale.
Fiston Aganze volontaire pour les enfants et les jeunes à Walungu
Les grandes vacances sont pour nombreux enfants et jeunes, un moment tant attendu : plus de devoirs, plus de réveils matinaux et plus de stress lié aux examens. C’est enfin le temps de respirer, découvrir, rêver et apprendre autrement. À Kigali comme à Bukavu, les […]
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Les grandes vacances sont pour nombreux enfants et jeunes, un moment tant attendu : plus de devoirs, plus de réveils matinaux et plus de stress lié aux examens. C’est enfin le temps de respirer, découvrir, rêver et apprendre autrement.
À Kigali comme à Bukavu, les vacances offrent une opportunité unique de vivre autrement l’enfance. Pour certains, c’est le moment de retourner au village, passer du temps avec les grands-parents ou s’amuser avec les cousins. Pour d’autres, c’est l’occasion de suivre de petites formations, de participer à des camps d’apprentissage, ou même de faire du petit commerce pour aider la famille.
La voix des enfants :
« Moi je vais apprendre à coudre avec ma tante », confie Grâce, 13 ans.
« Moi je vends de la limonade avec mon frère et j’économise », sourit Junior, 15 ans.
Mais ces vacances sont aussi un moment pour se protéger et rester prudent. Certains enfants sont laissés sans surveillance, d’autres sont exposés à des risques comme les accidents, les abus ou les mauvaises fréquentations. Les parents, la communauté et les autorités ont donc un rôle important à jouer pour protéger les enfants, même pendant les vacances.
Un appel aux parents et à la communauté :
Encouragez les enfants à lire, à explorer leurs talents, à rêver plus grand, sans les surexploiter. Laissez-leur du temps pour être simplement… des enfants.
Les vacances, c’est aussi une école : pas celle des livres, mais celle de la vie. Apprenons, partageons, amusons-nous, restons prudents… et soyons solidaires !
« L’enfant qui joue aujourd’hui construit le monde de demain.»
Gloria Bakulikira, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
En République démocratique du Congo, la violence envers les enfants reste une réalité alarmante, souvent tolérée, voire justifiée sous couvert d’« éducation ». Pourtant, qu’elle soit physique, verbale, émotionnelle ou psychologique, elle constitue une atteinte grave aux droits de l’enfant. Les milieux censés offrir protection […]
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En République démocratique du Congo, la violence envers les enfants reste une réalité alarmante, souvent tolérée, voire justifiée sous couvert d’« éducation ». Pourtant, qu’elle soit physique, verbale, émotionnelle ou psychologique, elle constitue une atteinte grave aux droits de l’enfant. Les milieux censés offrir protection la maison et l’école deviennent parfois des lieux de peur et de souffrance.
Des paroles d’enfants qui brisent le silence
Esther Mulima, 13 ans, témoigne depuis Bukavu :
« À la maison, si je fais une erreur, mon oncle me frappe avec tout ce qu’il trouve. Parfois avec des câbles. Il dit que c’est pour m’éduquer. À l’école aussi, je suis toujours stressée. Je n’ai pas d’endroit où me sentir bien. »
Michel Maranatha, 11 ans :
« Un jour, j’avais oublié mon cahier. Le professeur m’a tiré les oreilles et m’a crié dessus devant tout le monde. J’ai eu honte. Depuis, j’ai toujours mal au ventre avant d’aller à l’école. »
Sifa Bimu, 14 ans, de Kadutu, vit dans un climat familial instable :
« Mes parents crient tout le temps. Quand ils se battent, je me cache avec mes petits frères. On ne mange pas, on ne dort pas. Parfois j’aimerais partir loin. »
Patrick Kibasa, 12 ans, à Uvira :
« Mon père boit beaucoup. Quand il rentre, il me dit que je ne vaux rien. Même si je travaille bien à l’école, il ne me félicite jamais. Je me sens inutile. »
Agir maintenant pour changer la donne
Ces témoignages révèlent l’urgence d’agir. La normalisation de la violence bloque l’épanouissement des enfants et détruit leur estime de soi. Il est essentiel de sensibiliser les familles, former les enseignants à des approches positives, et renforcer les dispositifs d’écoute et de protection.
Avis des spécialistes
Dr. Nadine Kalume, psychologue pour enfants: « La violence affecte profondément le développement cognitif et affectif de l’enfant. Les enfants battus ou humiliés développent des troubles de l’estime de soi, de l’anxiété, et peuvent devenir agressifs à leur tour. Un enfant qui vit dans la peur n’apprend pas bien. »
Me. Joseph Musafiri, avocat en droits humains: « Le droit congolais, notamment le Code de la famille et la loi portant protection de l’enfant, interdit tout traitement cruel, inhumain ou dégradant. Un enseignant ou un parent n’a pas le droit de frapper ou d’humilier un enfant. Les cas de violence doivent être signalés aux autorités compétentes. »
Mme Chantal Bisusa, formatrice des enseignants: « Malheureusement, beaucoup d’enseignants ne connaissent pas les méthodes d’éducation non violentes. On pense encore qu’on doit frapper pour corriger. Il faut un travail de fond : former, sensibiliser et accompagner les enseignants. »
Aimé Bahati, assistant social à la DPJJ: « Il est urgent de créer des dispositifs de signalement accessibles aux enfants. Il faut également responsabiliser les parents et les encadreurs sur l’impact de leurs actes. Une simple parole blessante peut marquer à vie. »
Sr. Carine Katungu, éducatrice en milieu rural: « Nous devons réapprendre à éduquer sans traumatiser. Il y a une différence entre discipline et violence. Une éducation fondée sur l’écoute, l’exemple et la patience donne de bien meilleurs résultats. »
Tous les spécialistes s’accordent : la violence à l’égard des enfants ne doit plus être tolérée ni minimisée. La prévention passe par la formation, la sensibilisation, mais aussi par l’action juridique et sociale. Il ne suffit pas de condamner la violence : il faut équiper les adultes de méthodes alternatives et protéger les enfants par des structures efficaces d’écoute et de réponse rapide.
Un environnement sûr, sans violence, est un droit fondamental pour chaque enfant. Pour l’assurer, il faut briser les tabous, responsabiliser les familles et former les professionnels. Chaque adulte doit devenir un protecteur et non un danger pour l’enfant. La prévention de la violence, c’est garantir un avenir plus sain, plus juste, et plus humain pour les générations futures.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes au sud kivu