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À l’occasion de la Journée mondiale des micro, petites et moyennes entreprises (MPME), célébrée chaque 27 juin, Watoto Newsmet en lumière le parcours inspirant de Byoshi Cirhigana Mathilde, une jeune entrepreneure du Sud-Kivu. Fondatrice de l’initiative non formelle Mathilde Fashion, elle incarne la détermination et la créativité de la jeunesse congolaise face au chômage. Entre robes de mariée, accessoires, bouquets et produits capillaires, elle développe une activité diversifiée avec audace et passion.

Entretien avec Mathilde

Watoto News: Bonjour Mathilde. Parlez-nous de Mathilde Fashion: Que proposez-vous concrètement ?

Mathilde: Bonjour, merci pour cette opportunité. Mathilde Fashion est une petite entreprise que j’ai créée par passion. Je propose la vente et la location de robes de mariée, des accessoires pour cérémonies comme les voiles, bijoux et gants. Je confectionne aussi des bouquets – naturels, artificiels ou en argent très appréciés pour les mariages et anniversaires. Enfin, je commercialise une huile capillaire naturelle, destinée à renforcer et nourrir les cheveux.

Watoto News : Comment est née l’idée de cette entreprise ?

Mathilde: C’est à la fois une passion et une réponse au manque d’emploi. J’ai toujours aimé l’esthétique, les décorations et les habits de fête. N’ayant pas d’emploi formel, j’ai décidé de me lancer avec les moyens du bord. J’ai commencé par louer une robe, puis deux… Aujourd’hui, je reçois des commandes de divers quartiers de Bukavu, voire au-delà.

Watoto News : En tant que jeune femme entrepreneure, quels défis rencontrez-vous ?

Mathilde: D’abord, mon activité étant non formelle, je n’ai pas accès à certains soutiens comme les crédits ou les formations officielles. Ensuite, il y a les préjugés : certains ne prennent pas une jeune fille au sérieux. Mais mes clientes fidèles savent que je travaille avec professionnalisme. J’ai aussi des difficultés à trouver les matériaux à bon prix et à assurer les livraisons, surtout à distance.

Watoto News : Et vos réussites, vos moments de fierté ?

Mathilde: Il y en a plusieurs. Quand une mariée me dit que sa robe lui allait à merveille ou qu’un bouquet a ému la personne qui l’a reçu, ça me donne du courage. Une fois, j’ai décoré une salle de fiançailles avec mes créations, et les invités étaient émerveillés. Pour moi, chaque sourire d’un·e client·e est une véritable victoire.

Watoto News: Quels sont vos projets pour l’avenir de Mathilde Fashion ?*

Mathilde: J’aimerais formaliser mon entreprise, ouvrir un petit atelier, recruter d’autres jeunes filles pour travailler avec moi, et un jour lancer une boutique physique à Bukavu. Mon rêve, c’est que Mathilde Fashion devienne une référence en matière de beauté et d’élégance, ici et ailleurs.

Watoto : Quel message souhaitez-vous adresser aux jeunes, surtout aux jeunes filles, qui hésitent à entreprendre ?

Mathilde: Je leur dirais : commencez avec ce que vous avez, même si c’est peu. La passion, la discipline et la prière m’ont énormément soutenue. Il faut croire en soi, ne pas avoir honte de travailler, même si ce n’est pas encore reconnu officiellement. Le succès ne vient pas en un jour, mais chaque pas compte.

À travers Mathilde Fashion, Byoshi Cirhigana Mathilde incarne la preuve que l’innovation, le travail et la créativité peuvent émerger de la jeunesse, même en dehors des cadres formels. En cette Journée mondiale des MPME, son parcours rappelle que soutenir les petites initiatives, c’est bâtir l’avenir économique du pays… un bouquet après l’autre.

Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu

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