
À Bukavu, les rues sont débordées de sachets et de bouteilles plastiques abandonnées ainsi que de déchets ménagers. À chaque pluie, les ordures sont entraînées dans les caniveaux, qu’elles obstruent, favorisant ainsi l’apparition d’épidémies évitables comme le choléra ou la typhoïde. Face à cette situation devenue chronique, des organisations locales rivalisent d’ingéniosité.

Parmi elles, l’association ORVUS (Orphelins et Veuves Unis pour la Solidarité) propose une solution audacieuse : transformer les bouteilles plastiques en pavés écologiques, et les papiers usagés en briquettes de cuisson. Ce projet vise non seulement à lutter contre l’insalubrité, mais aussi à créer des emplois pour les orphelins, les veuves et d’autres personnes vulnérables.
« Ce que d’autres considèrent comme des déchets, nous en faisons une opportunité pour vivre dignement et protéger notre environnement », explique Faida Nathalie, présidente de l’association ORVUS.
Baptisé Fabrication de briquettes et pavés dans la ville de Bukavu, le projet s’inscrit dans une logique d’économie verte, un pilier souvent négligé dans la planification urbaine locale. Outre son impact environnemental, il constitue un levier d’émancipation sociale pour des centaines de familles.

Mais l’initiative ne se limite pas à la production : des campagnes de sensibilisation sont menées dans les écoles et les quartiers populaires. Elles visent à encourager le tri des déchets et à promouvoir des comportements respectueux de l’environnement.
Cependant, les défis restent considérables : absence d’une politique publique cohérente en matière de gestion des déchets, manque de financements durables, infrastructures urbaines défaillantes… Les acteurs comme ORVUS appellent à une collaboration sincère avec les autorités locales ainsi qu’avec les partenaires techniques et financiers pour pérenniser leurs efforts.

Dans un contexte où la crise écologique se conjugue à une urgence sociale croissante, les habitants de Bukavu prouvent que les solutions locales existent, à condition qu’on leur donne les moyens d’agir.
Par Kweli Birindwa, volontaire pour les enfants et Jeunes à Watoto News
