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Dans le territoire de kabare en province du Sud-Kivu, un fléau discret mais dévastateur s’installe parmi les jeunes : le diabète. Longtemps considéré comme une maladie des adultes ou des personnes aisées, il touche aujourd’hui de plus en plus d’enfants et d’adolescents, souvent dans l’indifférence générale.

À Miti Murhesa, Bashwira Mwerwe Stanislas, responsable du comité des diabétiques, tire la sonnette d’alarme. Contacté par Watoto News, il déclare :
« Ce qui nous inquiète aujourd’hui, c’est que de plus en plus d’enfants et d’adolescents sont concernés. Le problème n’est pas uniquement médical, il est aussi social. Le manque d’information, les tabous et la pauvreté aggravent la situation. »

Il appelle à la mobilisation des organisations humanitaires et des personnes de bonne volonté pour soutenir les enfants atteints, tant sur le plan financier que psychologique.

Mubarasa Mashingirwa 21 ans, vit avec le diabète depuis l’âge de 17 ans. Il raconte :
« J’ai commencé à me sentir faible, je perdais du poids sans comprendre. Après plusieurs consultations, le diagnostic est tombé : diabète. C’était un choc. Mais aujourd’hui, j’essaie de vivre normalement, même si les médicaments coûtent très cher. »

Malgré les obstacles, Dieudonné garde espoir. Il rêve de devenir infirmier pour soutenir d’autres jeunes atteints de la même maladie.

Certaines familles, conscientes du danger, font de la prévention une priorité. C’est le cas de Nayla Ally, issue d’une lignée marquée par le diabète.
« Chez nous, le diabète est héréditaire. Ma grand-mère, mon père et deux oncles sont malades. Alors, dès l’enfance, on nous a appris à limiter le sucre, éviter les boissons industrielles, rester actifs. On veut briser le cycle. »

Un médecin local, ayant requis l’anonymat, confirme :
« La prévention est essentielle, surtout dans les familles à risque. Mais l’information manque cruellement. Même dans certains centres de santé, les soignants ne savent pas toujours détecter les signes précoces du diabète chez les enfants. »

Il précise que le principal défi reste l’accès aux soins :
« L’insuline, les bandelettes pour mesurer la glycémie… ce sont des produits rares ici. Et quand on en trouve, ils coûtent très cher. »

À l’école, les jeunes vivant avec le diabète ne sont pas toujours compris. Certains sont moqués, d’autres stigmatisés en raison de leur régime alimentaire particulier ou de leurs absences répétées. Pour la Ligue, il devient urgent d’organiser des séances de sensibilisation non seulement dans les écoles, mais aussi dans les églises et au sein des familles.

Malgré les obstacles, un vent de changement commence à souffler. L’engagement de jeunes comme Mubarasa ou Nayla, qui osent parler, sensibiliser et agir, ouvre une nouvelle voie. Une voie où la maladie ne définit plus la personne, mais où la communauté s’unit pour transformer la douleur en force.

Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare

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