
Alors que la planète célèbre la Journée mondiale du perroquet, le 2 juin, un silence inquiétant gagne les forêts de la République démocratique du Congo. Le perroquet gris d’Afrique, jadis si présent dans les canopées congolaises, est aujourd’hui une espèce menacée. Un cri qui autrefois animait les forêts tropicales disparaît lentement, emporté par la déforestation et le trafic illégal.
Un emblème en voie d’extinction
Psittacus erithacus, de son nom scientifique, est l’un des perroquets les plus intelligents au monde. Réputé pour sa capacité à imiter la voix humaine, il est aussi un acteur clé de l’équilibre écologique : il disperse les graines, participe à la pollinisation et joue un rôle crucial dans la régénération des forêts.
Mais aujourd’hui, l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) l’a classé en danger d’extinction. Et pour cause : en RDC, les menaces s’accumulent.
Les forêts congolaises, un habitat en péril
Chaque jour, des hectares de forêts disparaissent. L’exploitation forestière illégale, l’agriculture itinérante et l’expansion urbaine grignotent l’habitat naturel du perroquet. Ce phénomène est aggravé par le commerce illégal d’espèces sauvages : chaque année, des milliers de perroquets sont capturés et exportés clandestinement vers des pays où leur capacité à parler amuse, fascine… et enrichit un réseau criminel bien structuré.
Ces captures, souvent brutales, brisent les familles animales, laissent les nids vides et participent à un drame silencieux. La forêt se tait, et avec elle, un pan de la biodiversité s’éteint.
« Perdre le perroquet, c’est perdre une voix de la forêt », affirment les écologistes.
Un combat à mener, ensemble
Face à cette urgence, des solutions existent, mais elles nécessitent un engagement collectif et durable :
Appliquer les lois contre la déforestation et le braconnage ;
Renforcer la surveillance des filières illégales de commerce animalier ;
Soutenir les associations de conservation qui œuvrent pour la protection des espèces ;
Sensibiliser les communautés locales à l’importance écologique et culturelle du perroquet gris ;
Refuser d’acheter des animaux sauvages issus du trafic.
Chaque citoyen peut devenir acteur de ce combat : signaler les trafics, soutenir les ONG, éduquer les enfants à la biodiversité locale… Autant de gestes simples pour préserver un trésor vivant.
Un patrimoine sonore, écologique et culturel à préserver
Le cri du gris d’Afrique n’est pas qu’un bruit dans la forêt. C’est un appel à la conscience, une voix millénaire qui raconte l’histoire d’un écosystème en équilibre. En laissant disparaître ce perroquet, c’est notre propre rapport à la nature que nous laissons s’effondrer.
Kweli Birindwa, volontaire pour les enfants et les jeunes chez Watoto News
