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La zone de santé de Minova, dans le territoire de Kalehe, fait face à une recrudescence inquiétante du choléra. Plusieurs cas ont été enregistrés, notamment dans les aires de santé de Mucibwe et Bulenga, avec des décès signalés en raison du manque d’infrastructures sanitaires et de la distance vers les centres de traitement. Ces constats ont été revelés lors de la visite programmatique de l’UNICEF et ses partenaires à Minova ( du 25 au 31 mai 2025) à travers une serie des focus groupes organisé par la SBC.

Pour répondre à cette urgence, l’UNICEF, en collaboration avec l’Observatoire des Droits Humains (ODH), a mis en œuvre une nouvelle approche communautaire de prévention et de lutte contre la maladie.

Grâce à l’expertise d’Aimé Kasereka, chargé de SBC venu de Bukavu, et de Francis Adoum, spécialiste SBC/ERT (Emergency Response Team) venu de Goma, toutes les couches de la population ont été consultées.
« Avant, les humanitaires venaient sur le terrain avec des solutions qu’ils avaient réfléchies eux-mêmes et qu’ils appliquaient… Mais cette fois, notre nouvelle approche est centrée sur le design centré sur l’humain. Ensemble avec la communauté, nous avons réfléchi avec elle sur des pistes de solutions faisables, viables et peu coûteuses qu’elle-même va adopter et qui vont amener un changement de comportement », explique Jonathan Cherubala, chargé du projet CREC choléra au sein de l’ODH.

Lors de la sensibilisation, les jeunes, les femmes et les hommes ont contribué à identifier les causes locales du choléra dans la zone de santé de Minova.

Dans l’aire de santé de Mucibwe, les problèmes relevés sont notamment : l’absence de toilettes par ménage, le manque d’eau potable, et la méconnaissance de la gravité de la maladie et des mesures préventives ou curatives. Ces problèmes ont été exposés lors de travaux de groupe.

« En tant que jeune, je suis ravi de cette sensibilisation sur le choléra. Ce qui est sûr, c’est qu’ici chez nous, à Mucibwe, nous souffrons beaucoup de cette maladie des mains sales. C’est une maladie qui n’épargne personne : vieux, enfants, jeunes, tout le monde peut en souffrir. Et moi, en tant que jeune, après cette rencontre où j’ai acquis plus de connaissances, je m’engage à mener des sensibilisations dans ma communauté. Étant représentant des jeunes, je vais porter le message aux autres : respecter les cinq étapes du lavage des mains, boire de l’eau propre… mais aussi inciter chacun à propager le message », déclare Ushindi Matthieu.

Lors des groupes de discussion, les participants ont cartographié les problèmes et proposé des pistes de solutions. Parmi les recommandations figurent l’accès à l’eau potable pour tous et la sensibilisation générale.

« Au-delà de ce qui a déjà été dit, je demanderai que les partenaires nous aident à avoir un centre de traitement du choléra à proximité. Nous souffrons ici à Mucibwe parce que, quand quelqu’un attrape le choléra, il faut l’amener jusqu’à Bulenga. C’est une très grande distance, et cette distance est aussi à l’origine de plusieurs décès dus au choléra », demande Riziki Sanvura.

Parmi les mesures d’urgence enseignées figurent la fabrication de sérum oral et la vaccination contre le choléra, qui constitue une prévention à long terme.

Cette sensibilisation a touché 180 personnes dans les aires de santé de Minova, Bulenga et Mucibwe.

Emmanuella Bahindwa

Auteur/autrice

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