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Des jeunes filles adolescentes vulnérables, qui vivaient jadis dans la précarité, marchent aujourd’hui sur la voie de l’autonomisation, grâce à des formations professionnelles en métiers dont elles bénéficient à Bukavu au Sud-Kivu, dans le cadre d’un projet de résilience appuyé par l’UNICEF.

Dans un entretien avec Watoto News, l’une d’elles, Espérance Kanane, affirme que ses parents n’avaient pas de moyens de la scolariser. Âgée de 16 ans, celle-ci a finalement pu commencer une formation professionnelle en septembre dernier, grâce au projet de résilience en éducation formelle et non formelle, exécuté notamment par la Division provinciale de l’EPST.

Je passais mes journées à la maison sans rin faire. C’est pourquoi, quand je suis tombée sur cette opportunité, je n’ai pas hésité parce que je savais que cette formation va beaucoup m’aider. Que l’UNICEF continue avec ces bonnes actions, en faveur de plusieurs autres enfants et jeunes de nos quartiers qui manquent d’encadrement” a-t-elle confiée.

C’est la même impression que donne Rachel Bitangila, apprenante en coupe et couture, qui voit déjà un meilleur avenir, grâce à cette formation. “Nous avons commencé à apprendre depuis septembre. Je sais déjà coudre la jupe, la robe, des boubou. Cette formation va beaucoup m’aider. Parce que je passais mes journées à la maison sans travailler. Je n’allais pas non plus à l’école. Mais j’ai eu cette chance de construire mon avenir grâce à l’UNICEF,” nous explique-t-elle.

Au début de la formation qui prend 10 mois, ces jeunes adolescents reçoivent des kits d’apprentissage qui leur permettent de marier les théories apprises à la pratique. A la fin de la formation, ces derniers reçoivent des kits de réinsertion, qui leur permettent de démarrer leur vie en toute autonomie.

Le 8 janvier dernier, environ 300 apprenants ont reçu leurs kits d’apprentissage dans les sites de Bukavu et ses environs. Mireille Masirika, l’une ses bénéficiaires, est une apprenante en Salon de coiffure. Pour elle, il s’agit d’une aubaine.

J’ai reçu des mèches, le produit, des plantes, et un cahier. Ces matériels vont m’aider pour le tressage, le produit et plusieurs autres. Nous avons commencé en septembre, et nous évoluons très bien. Avant la formation je n’avais pas comment trouver même 100 FC, parce que je n’avais pas d’occupation. Mais depuis que j’ai commencé, je ne fais plus une semaine sans trouver 10 mil francs. Là je peux subvenir à mes besoins, mais en même temps j’apprends de plus en plus,” déclare-t-elle.

En RDC, les jeunes filles non scolarisées sont souvent victimes de discrimination et de violences basées sur le genre. Celles-ci font souvent face à des grossesses précoces et des mariages forcés dès leur jeune âge.

Les 3 dernières années, le projet de résilience en éducation formelle et non formelle a formé un peu plus de 3.348 jeunes du Sud-Kivu en coupe et couture, menuiserie, maçonnerie, savonnerie, salon de coiffure, vannerie, restaurant, pèche, sérigraphie et autres. Plus de la moitié sont des jeunes filles.

Ces chiffres sont en dépassement des adolescents attendus dans le cadre de ce projet (1.200). Mais ils ne représentent que 3% des enfants en dehors du circuit scolaire à ce jour au Sud-Kivu, selon les estimations de l’EPST.

D’où des appels aux partenaires de ce programme, notamment l’UNICEF, de poursuivre son appui pour que des milliers d’autres enfants et jeunes adolescents identifiés, puissent avoir la chance d’être pris en charge.

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