
À Beni, au Nord-Kivu, des jeunes se mobilisent pour dénoncer et prévenir le phénomène des « points sexuellement acquis » en milieu scolaire. La question a été au centre d’une production de l’émission « Le Potentiel des Apprenants en Milieu Éducatif ».
Emission tenue à l’Institut Kasanga, situé dans le quartier Kasanga, commune de Bungulu.
Cette activité éducative a réuni plusieurs participants, notamment des élèves et des enseignants, autour d’un débat visant à comprendre les causes de cette forme d’exploitation sexuelle et à identifier des pistes de solutions pour la décourager dans les établissements scolaires.
Des jeunes témoignent et analysent le phénomène
Au cours des échanges, plusieurs apprenants ont reconnu que ce phénomène existe dans certaines écoles, particulièrement après les évaluations scolaires. Certains élèves ont même affirmé avoir été témoins de cas où des faveurs sexuelles seraient proposées ou exigées en échange de bonnes notes.
Les participants ont évoqué différentes causes possibles. Pour certains élèves, il arrive que des jeunes filles qui ne prennent pas leurs études au sérieux tentent de séduire les enseignants après un échec, en proposant des relations sexuelles ou d’autres moyens illicites afin d’améliorer leurs résultats.
D’autres intervenants ont toutefois insisté sur le fait que la responsabilité de toute exploitation sexuelle ou de tout harcèlement en milieu scolaire incombe avant tout à l’adulte, en particulier à l’enseignant. Selon eux, une élève, souvent mineure, ne peut en aucun cas être tenue responsable d’un tel acte.
Certains apprenants ont également dénoncé des comportements d’enseignants mal intentionnés qui compliqueraient volontairement leurs évaluations pour provoquer l’échec des élèves et les pousser à solliciter leur intervention afin d’obtenir de meilleurs résultats.
La familiarité excessive entre enseignants et élèves, ainsi que la pression exercée par certains parents sur leurs enfants en cas d’échec scolaire, ont également été mentionnées comme des facteurs pouvant favoriser ce phénomène.
Les participants ont unanimement condamné cette pratique, soulignant qu’elle comporte de nombreuses conséquences néfastes.
Pour les jeunes filles, les risques évoqués incluent la perte de concentration à l’école, la négligence des études, les grossesses précoces non désirées pouvant conduire à l’abandon scolaire, l’exposition aux maladies sexuellement transmissibles, ainsi que les dangers liés aux avortements clandestins.
Du côté des enseignants impliqués, les intervenants ont rappelé que de tels actes peuvent entraîner la perte de crédibilité et de respect au sein de la communauté éducative, mais aussi des sanctions disciplinaires allant jusqu’à la révocation et des poursuites judiciaires pour violences sexuelles sur mineures.
Des pistes de solutions proposées par les élèves
Pour lutter contre ce phénomène, les participants ont formulé plusieurs recommandations à l’attention des différents acteurs du système éducatif.
Les élèves, en particulier les jeunes filles, ont été encouragés à se concentrer sur leurs études, à limiter l’usage du téléphone, à adopter une tenue décente et à dénoncer toute tentative de harcèlement sexuel.
Les enseignants, de leur côté, sont appelés à assumer pleinement leur rôle de modèles pour les apprenants et à s’abstenir de tout comportement inapproprié.
Les autorités scolaires ont été invitées à renforcer la supervision et la rigueur dans le suivi du personnel enseignant.
Enfin, les organisations de la société civile et les ONG ont été encouragées à intensifier les campagnes de sensibilisation dans les écoles afin d’informer les élèves sur les dangers liés à l’exploitation sexuelle en milieu scolaire.
À travers cette initiative, les jeunes participants ont démontré leur volonté de contribuer à un environnement scolaire plus sain, où la réussite repose sur le mérite et le travail, et non sur des pratiques illicites.
Gabriel CUBAKA volontaire pour les enfants et les jeunes avec ( Le potentiel des apprenants)
