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Dans l’est de la République démocratique du Congo, l’insécurité persistante continue de frapper les civils et de bafouer les droits fondamentaux des enfants. En province du Nord-Kivu, au moins 23 écoles, dont 15 primaires et 8 secondaires, ont suspendu leurs activités scolaires dans les groupements Malio et Mwenye, situés respectivement dans les territoires de Beni et de Lubero. En cause, la recrudescence des attaques attribuées aux combattants des Forces démocratiques alliées (ADF), responsables de massacres de civils dans la région depuis plus d’une décennie.

Des écoles fermées, des enfants déplacés

Selon les informations recueillies par le média actualite.cd auprès de Maombi Kahongya, président de la société civile de la chefferie des Bashu, ces établissements sont fermés depuis le lundi 26 janvier. Les villages de Vurondo, Kisasa Ndondi, Kiriva, Kisungu Vulera et Kyondo Kiumbu sont particulièrement touchés.

« Cela fait maintenant deux semaines que quinze écoles primaires et huit écoles secondaires sont fermées dans le groupement Malio, en chefferie des Bashu »,

explique-t-il, précisant que cette paralysie fait suite aux incursions répétées des ADF dans le groupement voisin de Mwenye et une partie du village de Vurondo. Une situation qui a poussé les élèves et les enseignants à prendre la fuite vers d’autres endroits.

De nombreux enfants sont désormais déplacés vers Butuhe, chef-lieu du groupement Malio, ainsi que vers la ville de Butembo, précise-t-il. Pour ces jeunes, la violence armée ne signifie pas seulement l’exil, mais une rupture brutale de leur parcours scolaire.

Le droit à l’éducation gravement menacé

Cette fermeture intervient en pleine période d’examens du premier semestre pour le secondaire. La société civile alerte sur le risque d’une année blanche pour des centaines d’élèves déjà fragilisés.Or, le droit à l’éducation étant garanti par les engagements nationaux et internationaux pour la protection des plus jeunes, la fermeture des écoles expose mécaniquement les mineurs à une vulnérabilité accrue.
Un appel pressant aux autorités
La société civile des Bashu appelle le gouvernement congolais à « prendre ses responsabilités pour le retour de la paix » dans les zones affectées par l’activisme des ADF. Elle exhorte également les autorités scolaires à adopter des mesures exceptionnelles pour sauver l’année scolaire des élèves déplacés. La protection des infrastructures est également sollicitée afin d’éviter les pillages ou l’occupation des salles de classe par des belligérants rapporte actualite.cd.

L’insécurité, obstacle structurel au développement

Dans les territoires de Beni et Lubero, l’insécurité chronique transforme l’éducation en un privilège incertain. Au-delà des chiffres, c’est l’avenir d’une génération entière qui est hypothéqué par les soubresauts de la violence.

À l’est de la RDC, la crise n’est pas seulement sécuritaire ou humanitaire ; elle est également éducative, et donc profondément structurelle.

Gabriel CUBAKA, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu avec actualite.cd

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