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Depuis plusieurs semaines, de nombreuses localités du territoire de Kabare, notamment Miti, Bugorhe, Mudaka, Katana, ainsi qu’une partie du territoire de Kalehe, font face à une coupure prolongée des réseaux de téléphonie mobile Airtel, Orange et Vodacom.
Cette situation, au-delà de ses impacts économiques, porte atteinte aux droits fondamentaux des enfants et des jeunes, particulièrement leur droit à l’éducation, à l’information et à la protection.

Dans un contexte où les banques et coopératives financières sont à l’arrêt en raison de l’insécurité, les services de téléphonie mobile constituaient le principal moyen pour les familles de recevoir un soutien financier, y compris pour couvrir les besoins essentiels des enfants : nourriture, soins de santé et frais scolaires. La coupure de ces réseaux a plongé de nombreux ménages dans une vulnérabilité accrue.

« Je recevais de l’aide pour payer les cahiers et les soins de mes enfants. Aujourd’hui, je ne sais plus comment faire »,

confie une mère de famille du groupement de Miti.

Les enfants et les jeunes figurent parmi les premières victimes de cette situation. Privés d’Internet et de moyens de communication, de nombreux élèves et étudiants ne peuvent plus accéder aux ressources éducatives, suivre des cours en ligne, ni communiquer avec leurs encadreurs pédagogiques.

« Je travaille mon mémoire mais sans connexion, je ne peux plus le faire correctement »,

explique une étudiantede Bugorhe.

Cette coupure affecte également les jeunes engagés dans la recherche, le journalisme communautaire et les initiatives citoyennes. Le manque de communication freine leur participation à la vie sociale et limite leurs opportunités de formation et d’expression.

« Nous, les jeunes, avons besoin d’Internet pour apprendre, nous informer et nous exprimer. Aujourd’hui, nous sommes complètement coupés du monde »,

témoigne Baraka kulimushi un jeune de Katana.

Au-delà des conséquences matérielles, cette situation a un impact psychosocial important sur les enfants et les jeune. L’isolement, le stress et l’incertitude affectent leur bien-être et leur développement. Les jeunes interrogés expriment un sentiment d’abandon et de frustration face à une situation qu’ils ne maîtrisent pas.

Face à cette réalité, les communautés locales appellent à une intervention urgente afin de rétablir les réseaux de télécommunication, considérés comme un outil essentiel pour garantir les droits des enfants et favoriser l’épanouissement des jeunes. Elles rappellent que l’accès à l’information et à la communication est un levier clé pour l’éducation, la protection et la participation des jeunes au développement de leur communauté.

Dans un monde de plus en plus connecté, priver les enfants et les jeunes de communication revient à compromettre leur avenir.

Yseult Lwango ,volontaire pour les enfants et les jeunes

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