
Alors que Noël est souvent perçu comme une fête de joie, de famille et de chaleur, pour de nombreux enfants de Bukavu, cette période met cruellement en lumière une réalité bien différente : celle de l’absence parentale. Certains ont perdu leurs parents, d’autres vivent séparés d’eux à cause du travail, de la maladie, du divorce ou encore des déplacements liés à la situation socio-économique du pays. Pour ces enfants, Noël n’a ni couleur, ni saveur festive.
Des absences qui laissent un vide difficile à combler
À l’approche des fêtes, les enfants voient leurs camarades préparer Noël avec leurs parents. Eux savent déjà qu’ils ne partageront pas ce moment précieux en famille. Cette absence pèse, surtout lorsqu’elle s’installe dans la durée.
Naomie Burasa, 13 ans, témoigne :
« Depuis que maman est partie à Tanzania pour vendre, je reste chez ma tante. Elle est gentille, mais ce n’est pas pareil. Je voulais juste passer Noël avec maman une fois. »
Dans plusieurs cas, les enfants sont confiés à des grands-parents ou à d’autres proches. Bien qu’accueillis avec bienveillance, ils ressentent un manque affectif profond, car rien ne remplace la chaleur d’un père ou d’une mère.
Danny Kibasa, 10 ans :
« On mange bien ici, mais personne ne m’a demandé ce que je veux comme cadeau. Papa faisait ça chaque année. »
Une fête qui devient une journée comme les autres
Pour beaucoup d’enfants, Noël ne suscite plus d’excitation. Il n’y a ni sapin, ni habits neufs, ni repas spécial. Trésor Lusambo, 14 ans :
« Papa est mort, maman est à l’hôpital. Moi je ne sais pas si c’est Noël ou pas. »
Une souffrance souvent silencieuse
De nombreux enfants taisent leur douleur, de peur de déranger ou d’être mal compris. D’autres enfouissent leur tristesse derrière des sourires ou une apparente indifférence.
Heureusement, certaines initiatives locales existent : des ONG, des paroisses, des associations organisent des fêtes collectives pour enfants vulnérables. Mais aussi généreuses soient-elles, elles ne remplacent pas la présence parentale.
C’est pourquoi il est essentiel que les proches, les familles d’accueil et la communauté soient attentifs à ces enfants, les écoutent et leur offrent un soutien affectif et psychosocial adapté.
Les témoignages recueillis rappellent que pour beaucoup d’enfants, Noël ne rime pas avec cadeaux, mais avec besoin d’amour, d’attention et de présence. Écoutons-les.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à watoto News
