
Chaque 25 décembre, les chrétiens du monde entier célèbrent la « Nativité de Jésus-Christ », Noël est une fête empreinte de lumière, de partage et de chaleur familiale.
Ce moment de joie, de retrouvailles, de repas festifs, de partage des cadeaux et de nouveaux vêtements, n’est pas toujours vécu comme tel par certains enfants!
Je suis Arsène Aksanti Bwimba, enfant journaliste du Réseau des journalistes amis de l’enfant, Rjae-Junior. Aujourd’hui je vous amène découvrir comment Denis Basubi, un enfant orphelin de père de 13 ans perçoit et vit la fête de Nativité de Jésus Christ .
Ce garçon vivant dans la ville de Bukavu à La botte m’explique que Noel passe toujours inaperçu chez lui. Si pour certains enfants, Noël est une période de bonheur, pour d’autres, c’est un jour ordinaire.
3ème enfant dans une famille de 6, Denis vit la débrouillardise au quotidien pour survivre et faire vivre sa famille en unissant les efforts avec son grand frère de 16 ans , David.
Pour ces orphelins, Noel n’apporte ni cadeaux, ni habits neufs, ni attention, ni festivité, ni moment de prière, etc.
« Chez moi Noël ne change pas grand-chose. La vie reste difficile, il faut travailler dur pour trouver de quoi manger »
me confie amèrement Denis.
A première vue, cet orphelin a besoin de sentir moins le poids de la vie et vivre l’attention que chaque enfant attend des adultes en ce moment, hélas sa vie est un parcours de combattant !
A 13 ans, Denis Basubi se prend en charge et doit bosser dur car son frère aîné âgé de 23 ans, jadis pilier de la famille, s’est fait enrôlé dans l’armée.
Donc malgré son âge cet enfant -mineur est contraint de grandir avant l’âge et contribuer à l’effort familial de survie quand d’autres enfants de son âge se contentent de jouer, rire et s’amuser pendant ma fête de Nativité.
Dans l’entretien, j’apprends que Basubi travaille dur . Il fait la ronde de la ville pour vendre les emballages notamment les sachets noirs. Un travail harassant!
Selon lui, tantôt il est au marché de
Kadutu, tantôt à l’Essence Major Vangu abordant les clients souvent méfiants au vu de son âge.
« Depuis que j’ai perdu mon père à 9 ans, Noel a perdu son sens. Pas de nouveaux habits, pas de fête. Mais je profite de cette période où les gens achètent beaucoup pour vendre plus de sachets dans la rue. Cela me permet de soutenir un peu ma famille et d’aider ma mère qui vend des friperies chez Tubimbi »
Denis comprend la situation de sa famille et pense que Noël est une occasion de fêter pour les autres mais pas pour lui.
Son témoignage rappelle que tous les enfants ne vivent pas Noël de la même manière partout dans le monde mais particulièrement au Sud-Kivu avec la crise économique qui sevit et l’insécurité qui inquiète. Les enfants sont victimes des inégalités sociales même en de moment festif comme la fête de Noël.
La vie de cet enfant est une interpellation sur le fait que certains enfants profitent pleinement de la fête de Nativité de Jésus alors que d’autres doivent travailler, parfois dans des conditions difficiles, pour survivre.
Selon Watoto News, ce contraste appelle à la solidarité, au partage, à la réflexion et la perception d’un monde meilleur. Pour ce media en ligne centré sur les enfants et les jeunes,
Noël ne devrait pas être seulement une fête de consommation, mais un moment de compassion et de justice sociale, où chaque enfant, quel que soit son milieu, puisse ressentir un peu de cette magie de Noël et cette main tendue et chaleur du père Noël.
Bien entendu par professionnalisme, Watoto News a donné aux enfants victimes de cette situation des noms d’emprunts, et changer des noms de lieu pour garder confidentiel leur identité, mais faire connaître ce problème qui ronge des centaines d’autres enfants surtout en zone de conflit armé!
Arsène Aksanti Bwimba, enfant journaliste du RJAE-JUNIOR
