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À l’approche de Noël, le territoire de Kabare (Sud-Kivu) vit une période marquée par un contraste saisissant. Tandis que certaines familles s’efforcent de maintenir l’esprit festif pour leurs enfants, d’autres sont confrontées à une dure réalité : celle de la pauvreté, de l’insécurité et de l’éclatement familial.

L’insécurité, un fardeau pour les familles

Dans plusieurs villages de Kabare, l’insécurité persistante a fragilisé les moyens de subsistance. Certains parents ont perdu leurs champs, d’autres ont vu disparaître leurs petits commerces ou ont été contraints de fuir.

« Avec l’insécurité, on pense d’abord à survivre. Noël devient secondaire »,

confie un père à Mudaka. Résultat : de nombreux enfants grandissent dans la peur, privés parfois du minimum vital.

Des orphelins face à l’oubli

Le nombre d’enfants orphelins ne cesse d’augmenter, conséquence des conflits, des maladies et de la misère.

« Mon papa est mort pendant les troubles. À Noël, je vais juste à l’église »,

raconte une fillette de 11 ans, recueillie par sa tante. Pour ces enfants, Noël est souvent un jour comme les autres, chargé de souvenirs douloureux.

Enfants de la rue, Noël sans abri

Dans les centres commerciaux ou le long des routes, d’autres enfants vivent sans aucune structure familiale.

« On dort ici. Si quelqu’un nous donne à manger, c’est bon »,

explique Emmanuel, 13 ans, qui vit dans la rue. Entre abandon, violences et pauvreté, ces enfants luttent pour survivre, même le jour de Noël.

Parents impuissants, enfants frustrés

Même dans des foyers structurés, la détresse est visible.

« Mon enfant me demande un habit ou un simple beignet. Je n’ai rien à lui donner »,

lâche la veuve Angel Ciza, la voix chargée d’émotion. Certains parents préfèrent même rester chez eux pour éviter que leurs enfants ne se comparent à d’autres plus chanceux.

Un appel à la solidarité

Face à cette réalité, des leaders religieux et acteurs sociaux appellent à plus de compassion.

« Noël doit être un moment de partage avec les enfants les plus vulnérables »,

souligne Olivier Bagalwa, notable local. Il invite les autorités, les ONG et les personnes de bonne volonté à poser des gestes simples mais significatifs.

Une fête, deux mondes

À Kabare, Noël révèle de profondes inégalités sociales. Pour de nombreux enfants vulnérables, la fête devient un rappel de ce qu’ils n’ont pas. Pourtant, un petit geste peut suffire à leur redonner sourire, espoir et dignité.

Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes

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