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Dans plusieurs écoles primaires du Sud-Kivu, notamment dans la ville de Bukavu, les élèves ont reçu les résultats du premier semestre ce 17 décembre 2025.
Une journée marquée par une forte charge émotionnelle, entre éclats de joie pour certains et inquiétude profonde pour d’autres. Dans les cours d’école, les visages des enfants reflétaient des sentiments mêlés de fierté, de déception et parfois de peur face aux réactions attendues à la maison.

À Kadutu, Benjamin Muzusa, 10 ans, élève de 5e année, confie avec inquiétude :

« Moi, j’ai eu 51 %. À la maison, on m’avait dit que si j’échoue, je n’aurai pas mes habits de Noël. Là, j’ai peur. Je n’ai pas encore dit à papa. »

Même appréhension chez Claudine Mazambi, 11 ans :

« Ma mère m’a dit qu’elle n’a pas l’argent pour gaspiller si je n’écoute pas à l’école. Je pense qu’elle va fâcher. J’avais promis de faire mieux… mais j’ai peur qu’elle crie. »

Ces récits révèlent une pression familiale très présente, où les résultats scolaires sont souvent liés à des récompenses ou à des sanctions, renforçant un stress parfois difficile à gérer pour des enfants aussi jeunes.

Mais pour d’autres, la journée fut synonyme de célébration. Suzanne Mahuno, 9 ans, première de sa classe, raconte fièrement :

« J’ai eu 85 %, papa m’a embrassée et m’a dit que samedi, on va m’acheter la robe de Noël. Je suis très contente ! »

Même joie chez Joseph Murhula, 12 ans :

« J’ai bien travaillé. Maman a dit que je mérite une surprise. Moi, je voulais juste qu’elle soit contente de moi.»

Au-delà des moyennes et des pourcentages, la proclamation des résultats révèle surtout la manière dont les enfants se perçoivent à travers le regard de leurs parents. C’est un moment qui peut renforcer l’estime de soi ou au contraire, l’ébranler.

Face à ces réalités contrastées, l’accompagnement bienveillant des enfants, qu’ils aient réussi ou non, reste essentiel. Expliquer, rassurer, valoriser les efforts plutôt que de punir l’échec, sont autant d’attitudes qui peuvent aider à construire une relation saine entre l’écolier , sa famille et l’école.

Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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