
Un violent incendie s’est déclaré dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 novembre 2025, aux environs de 23 heures, dans le sous-village de Cirhagabwa, village de Cimpwiji, en territoire de Kabare, dans une zone connue sous le nom de « chez Bahura ». D’après les premiers témoignages, les flammes seraient parties d’une mauvaise installation électrique, avant de se propager à grande vitesse, attisées par la densité des habitations.
Les enfants de Kabare, au cœur de la catastrophe
Le bilan humain et matériel est lourd, mais ce sont les enfants qui en ressortent les premières victimes.
Plus de quarante personnes sont aujourd’hui sans abri, et parmi elles, un grand nombre d’enfants désormais exposés au froid, à la pluie et à l’insécurité. Certaines maisons ont dû être volontairement démolies par les habitants eux-mêmes pour empêcher la propagation du feu, laissant des familles entières sans toit en quelques minutes.
Au-delà des pertes matérielles, c’est l’école C.S. Kashongolere qui subit l’un des plus grands chocs. L’établissement, qui scolarisait 486 élèves, a vu une partie de ses bâtiments partir en fumée.
Mais parmi eux, plus d’une centaine d’enfants sont directement touchés : ce sont ceux dont les salles de classe, les fournitures scolaires, les uniformes et les outils d’apprentissage ont été entièrement réduits en cendres. Pour eux, le retour à l’école est devenu impossible pour l’instant.
Ces élèves, souvent issus de familles vulnérables du territoire de Kabare, se retrouvent non seulement privés d’éducation, mais aussi d’un espace essentiel à leur protection. L’école, au-delà de sa mission pédagogique, représente pour beaucoup un lieu sûr, un cadre structurant, parfois même le seul endroit où ils bénéficient d’un repas régulier.
Un choc psychologique et social majeur pour les enfants
Le sinistre a également touché un petit marché local, une dizaine de boutiques et plusieurs pharmacies, autant d’activités qui faisaient vivre de nombreuses familles. Cette perte de revenus fragilise encore davantage les foyers sinistrés, avec un impact direct sur la sécurité et le bien-être des enfants : risque de déscolarisation prolongée, augmentation du travail des enfants pour soutenir les parents, exposition à la malnutrition, risques accrus d’exploitation, perte de stabilité psychologique liée au traumatisme de l’incendie.
Certains enfants, réveillés brutalement au milieu des flammes, dorment désormais dans la peur ou refusent de s’éloigner de leurs parents. Les besoins en soutien psychosocial deviennent urgents.
La société civile de Mudusa tire la sonnette d’alarme
Face à l’ampleur des dégâts, Mugisho Cirhulwire Grâce, coordinateur du Cadre de Concertation de la Société Civile du groupement de Mudusa, appelle la population à éviter les installations électriques improvisées et à recourir uniquement à des électriciens qualifiés.
Pour lui, cet incendie doit servir d’avertissement : « Contourner les règles de sécurité met en danger toute la communauté, mais surtout nos enfants, qui paient le plus lourd tribut. »
Mugisho lance un appel urgent aux organisations humanitaires, aux ONG nationales et internationales, ainsi qu’aux personnes de bonne volonté, afin de secourir immédiatement les familles sans-abri et les élèves sinistrés. Il insiste sur la nécessité de reconstruire rapidement des salles de classe temporaires pour éviter que les enfants ne restent trop longtemps hors du système scolaire.
Un autre acteur de la Société Civile de Mudusa, François Mubalama, appelle quant à lui à renforcer les mesures communautaires de prévention : installation correcte des câbles électriques, sensibilisation régulière, inspections communautaires et implication des chefs de villages dans la sécurité domestique.
Selon lui, « la protection de l’enfant commence par la prévention dans chaque foyer ».
Un appel aux autorités pour protéger l’avenir des enfants
Les deux acteurs de la société civile demandent au gouvernement national et provincial de venir en aide aux sinistrés et de soutenir les efforts de reconstruction. Ils rappellent que les enfants de Cirhagabwa n’ont pas seulement perdu leurs cahiers et leurs maisons : ils ont perdu leur stabilité, leur sécurité et parfois leurs rêves.
Une communauté qui espère un sursaut de solidarité
Aujourd’hui, dans le territoire de Kabare, les familles sinistrées attendent un geste concret. Les enfants, eux, observent leur école détruite et se demandent quand ils pourront reprendre le chemin des classes.
Entre l’urgence humanitaire, la reconstruction des infrastructures et l’accompagnement psychosocial, le défi est immense.
Mais pour les habitants de Cirhagabwa, une chose est claire : il faut agir vite, car l’avenir des enfants ne peut pas attendre.
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare
