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Ce 25 novembre, le monde célèbre la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, un rappel puissant que les violences basées sur le genre demeurent l’une des violations des droits humains les plus répandues. En République démocratique du Congo, où les femmes et les filles restent trop souvent exposées aux violences domestiques, sexuelles, économiques ou psychologiques, cette journée revêt une importance particulière.

Mais au-delà de la souffrance individuelle, les violences faites aux femmes ont un impact profond sur les enfants et les jeunes, et donc sur l’avenir du pays. Quand une femme est violentée, c’est une famille entière qui vacille. Les enfants témoins grandissent dans la peur, dans l’insécurité affective, et portent souvent des traumatismes qui influencent leur développement, leur scolarité et leur vision des relations humaines.

Les enfants, victimes silencieuses des violences faites aux femmes

Dans de nombreuses familles congolaises, la violence est encore perçue comme un problème privé. Pourtant, les enfants en sont les premières victimes collatérales. Un enfant qui voit sa mère être battue ou humiliée est plus susceptible de :développer des troubles émotionnels,abandonner l’école,reproduire la violence plus tard,ou grandir dans une profonde insécurité affective.

Briser le cycle de la violence commence donc par la protection des femmes.

Témoignage de Joyce Manegabe, jeune engagée à Katana en territoire de Kabare.

«Grandir dans une communauté où des femmes sont victimes de violences m’a profondément marquée. J’ai vu des amies abandonner l’école parce que leurs mamans subissaient des violences à la maison. Pour nous, les jeunes, ce n’est pas seulement une question de droits humains ; c’est notre quotidien, notre avenir.

En tant que jeune fille du Conseil local de la jeunesse à Katana, je m’engage à parler, à sensibiliser et à encourager mes camarades à ne pas normaliser la violence. Nous voulons bâtir un milieu où les femmes et les filles peuvent se sentir en sécurité. C’est possible, si chacun d’entre nous décide de dire non à la violence et oui au respect. »
Ce témoignage illustre la force de la jeunesse congolaise, déterminée à transformer les mentalités et à dénoncer les violences encore trop banalisées. »

La jeunesse, un moteur pour changer les mentalités

Face à cette réalité, la jeunesse congolaise a un rôle essentiel à jouer. Les jeunes peuvent devenir des acteurs majeurs de la lutte contre les violences basées sur le genre grâce à :a sensibilisation dans les écoles,l’éducation au respect mutuel,l’utilisation des réseaux sociaux comme espaces de mobilisation,leur participation à des initiatives communautaires.

En donnant aux jeunes les outils nécessaires pour déconstruire les stéréotypes et rejeter la culture de la violence, la RDC peut espérer un changement durable.

Un appel à l’action pour les familles, les écoles et les institutions

Éliminer les violences faites aux femmes ne relève pas seulement de lois ou de campagnes officielles. C’est un travail quotidien qui doit commencer dans les foyers, les salles de classe et les communautés. Les autorités doivent renforcer les mécanismes de protection, les structures d’accueil des victimes et l’accès à la justice. Les leaders communautaires doivent encourager une culture de dialogue et de respect.

Construire un futur où chaque femme est en sécurité

En cette journée internationale, rappelons que protéger les femmes, ce n’est pas seulement défendre un droit fondamental : c’est aussi protéger les enfants, renforcer les familles et construire une jeunesse confiante et responsable.

Un pays où les femmes vivent sans violence est un pays où les enfants peuvent rêver, apprendre et grandir dans la dignité.
Un pays où les femmes sont respectées est un pays qui avance.

Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes

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