
À Bukavu, comme dans plusieurs régions de la RDC, les signes de la crise environnementale sont de plus en plus visibles : érosion, déforestation, insalubrité croissante, pollution et manque d’eau potable affectent le quotidien des habitants. Dans ce contexte, une question cruciale se pose : quelle est la place et le rôle des jeunes dans la protection de l’environnement ?
Entre conscience et désengagement
Pour mieux comprendre, Watoto News a rencontré plusieurs jeunes et acteurs engagés. Aline Burasa, 23 ans, étudiante en sciences de l’environnement à l’ISDR, estime que
« la majorité des jeunes sont conscients des menaces environnementales, mais beaucoup ignorent comment agir concrètement ».
Elle pointe du doigt le manque de sensibilisation ciblée et l’absence de mécanismes d’accompagnement pour les initiatives locales.
De son côté, Caleb Mulume, jeune entrepreneur écolo à Kadutu, a lancé un projet de recyclage de sachets plastiques en briques écologiques.
« La jeunesse a le pouvoir de changer les choses, mais elle manque de soutien »,
affirme-t-il.
Madame Jolie Talimbirwa, éducatrice à Bukavu, insiste sur la nécessité d’introduire l’éducation environnementale dès le bas âge.
« C’est à l’école que se forge la conscience écologique »,
rappelle-t-elle.
Des actions isolées mais prometteuses
Quelques initiatives émergent dans la ville : des clubs verts, créés dans certaines écoles avec le soutien de partenaires comme l’UNICEF, mènent des actions concrètes comme le reboisement, des campagnes de propreté ou de sensibilisation via les réseaux sociaux. Cependant, ces efforts restent marginaux face à l’ampleur des défis et à l’indifférence de nombreux jeunes, souvent accaparés par les urgences économiques et sociales.
Faire de l’écologie une priorité
La Journée mondiale de l’environnement ne devrait pas être l’unique moment de mobilisation. Il est essentiel d’investir durablement dans l’éducation à l’environnement, d’encourager les projets jeunes, et de leur offrir des plateformes d’expression. Comme le dit un proverbe africain : « Nous n’héritons pas la terre de nos ancêtres, nous l’empruntons à nos enfants. »
À Bukavu, les jeunes oscillent entre espoir, initiatives individuelles et désengagement. Pour faire face à l’urgence écologique, il est temps de transformer leur potentiel en action collective. Car un avenir durable ne peut se construire sans eux.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les enfants et jeunes à Bukavu
