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À Bukavu, comme dans de nombreuses villes congolaises, l’entrepreneuriat s’impose progressivement comme une réponse à la rareté d’emplois pour les jeunes diplômés. Face à un marché du travail saturé, de plus en plus de jeunes, porteurs d’idées et de volonté, choisissent de créer leur propre activité. Une démarche à la fois motivante et semée d’embûches.

Pour plusieurs jeunes, se lancer dans un petit commerce ou une activité indépendante n’est pas toujours un rêve, mais une obligation. Le manque d’opportunités dans les secteurs public et privé pousse beaucoup à devenir auto-entrepreneurs.

Désiré Murhula, 25 ans, vendeur de vêtements à Essence,explique :

« J’ai fini mes études en commerce, mais je ne trouvais rien. J’ai commencé à vendre des habits avec un petit capital. Maintenant, j’arrive au moins à payer mon loyer. »

Rebecca Namegabe, 24 ans, diplômée en informatique, a lancé une activité de création de visuels pour les réseaux sociaux.

« Ce n’est pas encore stable, mais mieux que de rester à la maison », dit-elle.

Junior Nyembo, 22 ans,constate :

« L’école ne m’a pas préparé à entreprendre. J’ai dû apprendre sur le tas. »

Les secteurs comme le numérique, l’agroalimentaire, la couture ou la vente en ligne attirent les jeunes. Les réseaux sociaux sont devenus des outils puissants pour la promotion et la vente.

Des obstacles persistants

Malgré cette volonté d’entreprendre, les défis sont considérables :
Accès difficile au financement et au crédit
Manque de formations pratiques à l’école
Problèmes d’électricité, de locaux ou de matières premières
Instabilité du taux de change et inflation
Pouvoir d’achat faible des clients

Former, encadrer, soutenir

L’une des limites majeures réside dans l’absence de formation adaptée à l’entrepreneuriat. Le système éducatif reste théorique et peu connecté à la réalité du terrain. Peu d’initiatives d’incubation, de mentorat ou de formation concrète existent à Bukavu.

Pour que l’entrepreneuriat devienne une véritable voie d’avenir, il est nécessaire de renforcer l’accompagnement des jeunes, d’adapter les formations, et de faciliter l’accès aux ressources. Car soutenir ces initiatives, c’est miser sur l’avenir économique de toute une génération.

Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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