
La ville de Bukavu,traverse une période marquée par une insécurité, Braquages, agressions nocturnes, enlèvements et autres actes de violence deviennent fréquents dans plusieurs quartiers. Au cœur de cette réalité complexe, les jeunes apparaissent à la fois comme victimes, témoins, et dans certains cas, acteurs de cette instabilité.
Des jeunes exposés et ciblés
Dans des quartiers comme Kadutu, Bagira ou Panzi, de nombreux jeunes affirment vivre sous la menace constante. Qu’il s’agisse de retours tardifs des cours, d’événements sociaux ou d’activités communautaires, ils se retrouvent souvent ciblés par des hommes armés ou des groupes violents.
« On vit avec la peur au ventre. Parfois, on est obligé de rentrer en groupe ou d’abandonner certaines activités en soirée »,
témoigne Joël Farhaja, 24 ans.
L’insécurité comme moteur de la délinquance
Le manque d’opportunités économiques, l’abandon scolaire et l’absence de cadres d’encadrement poussent certains jeunes à rejoindre des groupes violents. Pour ces derniers, il ne s’agit pas d’un choix assumé, mais d’un moyen de survie dans un contexte où les perspectives semblent limitées.
« Ce n’est pas un choix, c’est une fuite. Beaucoup de jeunes que je connais sont dans les gangs parce qu’ils se sentent oubliés, sans avenir », explique Espoir Shombo, 26 ans.
Conséquences sur la santé mentale
L’exposition prolongée à la violence et au climat d’insécurité pèse lourdement sur la santé mentale des jeunes. Stress, insomnie, anxiété et traumatismes non pris en charge sont des réalités fréquentes. Pourtant, les services d’écoute et d’accompagnement psychosocial restent rares.
Une réponse communautaire encore limitée
Bien que quelques organisations locales et groupes de jeunes tentent d’apporter des solutions, la réponse globale demeure insuffisante. L’absence de stratégie d’encadrement ou de programmes structurés de réinsertion fragilise les efforts déjà en cours.
Dans cette dynamique, les jeunes ne devraient pas être considérés uniquement comme un problème sécuritaire, mais comme une partie intégrante de la solution. Offrir des alternatives, renforcer l’écoute et créer des espaces sûrs et inclusifs peut contribuer à inverser la tendance.
Louise Bibentyo volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
