
Autrefois considéré comme une évidence, le respect semble aujourd’hui se redéfinir à travers une nouvelle dynamique : pour de nombreux jeunes, il ne s’impose plus automatiquement, il se mérite. Ce changement de perception interroge sur l’éducation, les valeurs transmises et la qualité du dialogue entre générations.
« Le respect ne s’impose pas, il se construit »
À Goma, Merveille Ushindi, 21 ans, estime que le respect naît d’abord de l’éducation et du comportement individuel.
« À mon avis, on n’impose pas le respect : il découle de la manière dont on agit en société. C’est notre attitude qui inspire ou non le respect des autres »,
explique-t-elle.
Pour elle, donner l’exemple est la clé :
« La meilleure façon d’enseigner le respect, c’est de le vivre soi-même. Dire merci, s’excuser, écouter les enfants, c’est dans ces petits gestes que le respect prend racine. »
Un respect à double sens ?
À Bukavu, Yvette Balumisa, 19 ans, porte un regard plus critique sur la jeunesse d’aujourd’hui :
« Les jeunes ne respectent plus vraiment les adultes. Ils se comparent à eux, les considèrent comme des égaux, et ça dénature la notion même de respect. »
Elle affirme toutefois que le respect se mérite, mais à travers des qualités humaines essentielles :
« Pour mériter mon respect, il faut être humble, sincère, tenir sa parole. »
Un respect en mutation, pas en disparition
Ces deux témoignages illustrent une réalité : le respect n’a pas disparu, il évolue. Il n’est plus seulement lié à l’âge ou au statut, mais s’enracine dans la qualité des interactions, l’écoute, et la réciprocité.
Redonner du sens à cette valeur passe donc par un dialogue renouvelé entre générations, où chacun apprend à voir l’autre comme un être digne d’attention, peu importe son âge.
Gabriel Cubaka, volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News
