
Dans les zones rurales de la République démocratique du Congo, des milliers d’enfants tentent chaque jour de poursuivre leur scolarité dans des conditions extrêmement précaires. Loin des projecteurs et souvent négligés par les politiques publiques, ces élèves semblent être les grands oubliés du système éducatif congolais.
Des écoles sans infrastructures
Dans plusieurs villages reculés, les écoles fonctionnent sous des abris de fortune, parfois sans bancs, sans tableaux ni matériel pédagogique de base. Certains élèves parcourent plusieurs kilomètres à pied chaque matin, traversant collines et rivières pour atteindre une école souvent dépourvue d’enseignants permanents. Cette réalité creuse un écart alarmant entre l’éducation en milieu urbain et rural.
Jean, 12 ans, élève en 5ᵉ année primaire dans le territoire de Kabare, confie : « Dè le debut nous avons l’insuffisance des objets classiques. Quand il pleut, on ne vient pas à l’école parce qu’on est trempés avant même d’arriver. »
Des enseignants abandonnés
Le manque de formation, de rémunération et de soutien moral décourage de nombreux enseignants ruraux. Beaucoup finissent par abandonner ou migrent vers les centres urbains à la recherche de meilleures conditions de travail. Ce déséquilibre fragilise davantage le système éducatif national.
Des conséquences sur l’avenir des enfants
Le taux d’abandon scolaire demeure plus élevé en milieu rural. Faute d’encadrement, plusieurs enfants se tournent vers les travaux champêtres, le mariage précoce ou la migration. Cette marginalisation met en péril l’avenir d’une génération entière.
Des experts de l’éducation appellent à la mise en place de politiques publiques ciblées en faveur du monde rural. Le ministère de l’Éducation, avec ses partenaires, devrait investir dans les infrastructures, le recrutement local d’enseignants, la fourniture de matériel scolaire et l’intégration des outils technologiques, même dans les zones les plus enclavées.
L’éducation est un droit fondamental, quelle que soit la géographie. Redonner aux enfants des milieux ruraux l’accès à une éducation digne, c’est poser les bases d’un développement plus équitable et d’un avenir plus prometteur pour toute la RDC.
Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
