
À l’occasion de la Journée mondiale de prévention du suicide,célébrée chaque 10 septembre, les projecteurs se tournent vers un fléau silencieux : la souffrance mentale chez les jeunes.
À Bukavu, comme dans de nombreuses villes du monde, le suicide reste un sujet délicat, souvent étouffé par les tabous culturels et le manque d’écoute. Pourtant, les signaux d’alarme sont bien présents.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 700 000 personnes se suicident chaque année, faisant du suicide la*quatrième cause de mortalité chez les 15-29 ans.
Une réalité qui se reflète douloureusement dans les quartiers populaires de Bukavu, où la pression sociale, les violences familiales, le chômage et l’isolement pèsent lourdement sur les épaules des jeunes.
Grâce, 17 ans, en a fait l’expérience :
« J’ai pensé mettre fin à mes jours parce que je ne voyais plus de raison de vivre. Heureusement, une amie a pris le temps de m’écouter »,
confie-t-elle.
Des initiatives locales en émergence
Conscientes de l’urgence, certaines associations locales, comme Ujana ya Amani ou Voix des Jeunes,
ont commencé à intégrer des modules de sensibilisation à la santé mentale dans les écoles dans l’objectif d’éduquer, écouter et libérer la parole.
« Les parents doivent apprendre à écouter, pas seulement à juger »,
insiste Jean-Paul , éducateur à Bagira, qui milite pour une approche plus humaine et ouverte à l’égard des jeunes en détresse.
Un appel à l’écoute et à la bienveillance
La lutte contre le suicide ne se résume pas à des campagnes : elle repose sur l’écoute, le dialogue, la prévention, et surtout, l’amour.
Les jeunes de Bukavu ont besoin de repères, de soutien, et d’un espace où ils peuvent parler sans crainte d’être stigmatisés.
En cette journée de sensibilisation, un message clair se dégage :
Brisons le silence. Écoutons les jeunes. Protégeons la vie.
Gloria Bakulikira volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu
