
La République Démocratique du Congo possède une richesse inestimable : sa jeunesse. Dans des territoires comme Bukavu et Kabare, des milliers d’enfants se rendent chaque jour à l’école, porteurs d’espoir. Pourtant, de nombreux obstacles freinent leur plein potentiel. Et si l’avenir de la RDC se jouait, non pas dans les grandes institutions de Kinshasa, mais dans les salles de classe rurales du Sud-Kivu ?
Un système hérité, mais peu adapté aux réalités congolaises
L’enseignement en RDC, largement hérité de la période coloniale, souffre de nombreuses limites :
Des programmes très théoriques, éloignés du vécu des élèves,un manque criant de manuels, d’enseignants bien formés et d’infrastructures,une évaluation centrée sur les notes plutôt que sur les compétences pratiques,une faible valorisation de l’histoire nationale, des langues locales ou de l’éducation civique
Les enfants apprennent à mémoriser, mais pas à réfléchir, créer ou s’engager dans leur société.
Innocent Mpona, jeune élève rencontré à Bukavu, partage :
« L’éducation est la base du développement. Mais beaucoup d’enfants n’ont pas accès à une bonne école. Les classes sont pleines, les enseignants sont mal payés. Si on veut changer le pays, il faut d’abord changer l’école. »
Moïse Kinkumba, psychologue à Bukavu, alerte sur un autre aspect souvent négligé :
« Beaucoup d’enfants vivent dans la pauvreté, la violence ou l’insécurité. Cela affecte leur santé mentale. Un enfant traumatisé ne peut pas apprendre correctement. Il faut intégrer le soutien psychologique dans l’école. »
Ce qu’il faut changer pour un avenir meilleur
Plusieurs pistes de réforme peuvent être envisagées :
Adapter les programmes scolaires aux réalités locales (agriculture, artisanat, environnement…)
Introduire les langues nationales dans l’enseignement, en complément du français.
Former et accompagner les enseignants, surtout en milieu rural. Créer des clubs de leadership et d’entrepreneuriat dès le secondaire.
Promouvoir l’inclusion des enfants vivant avec un handicap ou en situation difficile
L’enfant d’aujourd’hui, pilier du Congo de demain
Un enfant bien formé peut devenir :Un citoyen engagé, un acteur de paix, un entrepreneur créateur d’emploi, un parent conscient et responsable
Mais pour cela, il faut des investissements sérieux et adaptés dès maintenant.
Bâtir un Congo fort commence par investir dans ses enfants
Le véritable avenir du pays se construit dans les écoles rurales, dans le regard curieux d’un enfant de Kabare, ou dans les rêves d’une fille assise au fond d’une classe à Bukavu.
Repenser l’éducation, c’est repenser l’avenir de la RDC.
Yseult Lwango Volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu
