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Dans la ville de Bukavu et le territoire Kabare, au Sud-Kivu, les enfants grandissent dans un environnement souvent marqué par la pauvreté, les conflits, l’insécurité et les inégalités. Ces réalités exposent très tôt les plus jeunes à des violences basées sur le genre (VBG), parfois banalisées ou ignorées, mais toujours nocives.

Des violences qui commencent dès le bas âge

Dans les écoles, les rues ou même les familles, de nombreux enfants filles comme garçons sont confrontés à des comportements sexistes ou violents :
Des filles harcelées, touchées sans consentement ou humiliées en silence ;
Des garçons élevés dans la pression de devoir dominer, cacher leurs émotions ou rejeter toute vulnérabilité ;
Des violences physiques, sexuelles ou psychologiques souvent passées sous silence ;
Une complicité sociale ou une banalisation qui empêche les victimes de parler.

Un exemple marquant : une écolière de Kabare témoigne anonymement :

« Un garçon a tiré ma jupe à l’école. La maîtresse a ri. Moi, j’ai eu honte. Depuis, je me sens mal à l’aise avec mes camarades. »

Un impact profond et durable

Moïse Kinkumba, psychologue à Bukavu, explique :

« Un enfant victime de violences peut développer de l’anxiété, de la colère ou une perte de confiance. Sans soutien, ces traumatismes l’accompagnent toute sa vie. Il faut agir dans les écoles, les familles et les communautés. »

Ce qu’il faut mettre en place, localement

À l’école :
Introduire une éducation au respect, au consentement et à l’égalité ;former les enseignants à détecter et gérer les cas de violence ;
Créer des clubs scolaires contre les violences ;offrir des espaces sécurisés d’écoute pour les enfants.

Dans les familles :

Apprendre aux parents à écouter sans juger ;Parler ouvertement des violences sexuelles et du harcèlement ;
Encourager une éducation égalitaire filles-garçons.

Dans la communauté :
Sensibiliser via les radios, églises, écoles ou marchés ;
Encourager les leaders à dénoncer publiquement les VBG ;
Offrir un accompagnement psychologique adapté aux enfants victimes.

Éduquer aujourd’hui pour protéger demain

Prévenir les violences basées sur le genre, c’est construire une société où les enfants apprennent dès leur plus jeune âge à respecter, dialoguer et aimer sans dominer.

Un enfant éduqué à la non-violence deviendra un adulte respectueux. Une société qui protège ses enfants prépare un avenir plus juste et paisible.

Prévenir les violences, ce n’est pas seulement protéger. C’est élever une génération qui refuse de blesser.

Yseult Lwango en Volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu

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