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La planète célèbre ce 27 août la Journée mondiale des lacs, une date récemment inscrite au calendrier des Nations Unies afin de rappeler l’importance écologique, économique et sociale de ces étendues d’eau douce. Cette journée trouve son origine dans la première Conférence mondiale sur les lacs, ouverte le 27 août 1984 au Japon, sur les rives du lac Biwa. Quarante ans plus tard, l’Assemblée générale de l’ONU a décidé de retenir cette date pour sensibiliser les communautés à une gestion durable des lacs et de leurs bassins versants. La première célébration officielle a lieu en 2025.

Au Sud-Kivu, cette journée prend une dimension particulière en raison de la place que tient le lac Kivu dans la vie quotidienne des populations. Source d’eau, de nourriture, de transport et d’activités économiques, il est aussi menacé par la pollution, l’ensablement et la pression démographique sur ses rives. Dans le territoire de Kabare, comme ailleurs, la déforestation et l’agriculture mal maîtrisée favorisent l’érosion des sols, qui se déversent dans le lac et en altèrent la qualité.

C’est dans ce contexte que l’environnementaliste Maisha Zihalirwa Émile a livré un message fort ce mercredi 27 août 2025, lors d’un entretien accordé à un correspondant de Watoto News. Selon lui, la jeunesse doit être placée au centre des efforts de protection du lac Kivu et de la forêt du Parc National de Kahuzi-Biega, un patrimoine naturel classé à l’UNESCO qui joue un rôle essentiel dans la régulation du climat et la protection des sources d’eau.

« Nous n’avons plus le luxe d’attendre. J’invite tous les jeunes de Kabare à consacrer ne serait-ce qu’une heure par semaine au ramassage des déchets sur les rives, à la surveillance communautaire des décharges sauvages et au signalement des pollutions. Chaque geste, aussi petit soit-il, protège le lac Kivu et renforce la résilience de nos communautés », a déclaré Maisha Zihalirwa Émile.

Pour lui, la protection du lac ne peut être dissociée de celle de la forêt du Kahuzi-Biega. « Protéger le lac Kivu commence dans la forêt. Engageons-nous à replanter et à protéger les arbres. Sans forêt, nos collines s’effondrent dans le lac ; avec la forêt, nous sauvons l’eau, la biodiversité et l’avenir économique du Sud-Kivu », a-t-il insisté.

Selon lui, au-delà des discours, plusieurs initiatives locales sont à envisager : organisation de journées de nettoyage des rives, sensibilisation des écoliers, actions de reboisement dans et autour du parc, adoption de pratiques agricoles qui limitent l’érosion et participation à des clubs environnementaux. Pour de nombreux observateurs, ces gestes simples mais réguliers peuvent avoir un impact significatif sur la préservation du lac et de son écosystème.

En ce 27 août, la Journée mondiale des lacs devient donc bien plus qu’une commémoration internationale : elle sonne comme un rappel urgent pour les habitants du Sud-Kivu. Le lac Kivu et la forêt du Kahuzi-Biega ne sont pas seulement des richesses naturelles, ils constituent un héritage vital pour les générations présentes et futures.

Pascal Marhegane Ki-Moon, volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu

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