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Dans de nombreuses familles du Nord-Kivu, aborder la santé sexuelle et reproductive avec les enfants reste un sujet tabou. Pourtant, ce silence, souvent dicté par la peur, la gêne ou des croyances culturelles, expose les jeunes à de graves risques pour leur santé et leur avenir.

Le Dr Jean-Paul Kavusa, médecin à Goma et militant pour les droits des enfants, tire la sonnette d’alarme :
« Le silence autour de ces questions crée un vide que les enfants remplissent souvent par des informations erronées venues d’internet, des amis ou même de la rue. Résultat : grossesses précoces, IST, abus, traumatismes psychologiques. Il est urgent de parler avec eux, avec des mots adaptés à leur âge. »

Selon lui, l’éducation sexuelle ne signifie pas encourager la sexualité précoce, mais plutôt fournir aux enfants des connaissances claires et appropriées pour se protéger, comprendre leur corps, dire non à la violence et demander de l’aide en cas de danger.

« Un enfant bien informé est plus à même de faire de bons choix. C’est aussi un moyen de prévenir les abus sexuels, car l’enfant sait reconnaître ce qui est inapproprié », insiste-t-il.

Ignorer ces échanges, c’est laisser les enfants dans l’ignorance, la peur et souvent la culpabilité.
Parents, éducateurs et soignants ont la responsabilité de rompre ce silence et de créer un espace sécurisé pour aborder ces sujets avec bienveillance.

Briser le silence, c’est offrir aux enfants une armure de connaissances. Se taire, c’est les laisser avancer à l’aveugle dans un monde rempli de dangers.

Michael Lufungulo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News

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