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Dans chaque groupe d’enfants, il y a ceux qui parlent beaucoup, qui prennent la parole facilement, qui attirent l’attention. Et puis, il y a les plus discrets, les timides, ceux qui préfèrent écouter, observer, et qui ont du mal à s’exprimer devant les autres. Ces enfants introvertis sont souvent oubliés, ignorés ou incompris. Non pas parce qu’ils n’ont rien à dire, mais parce qu’ils s’expriment autrement. Malheureusement, leur silence est parfois confondu avec de l’indifférence ou de la faiblesse, alors qu’eux aussi ont des droits, des pensées et des sentiments importants à partager.

Grace Mwandaza, 13 ans :
« En classe, je comprends beaucoup de choses, mais je n’arrive pas à participer. Quand la maîtresse pose une question, mon cœur bat très vite. J’ai peur de me tromper et que tout le monde se moque de moi. Alors je préfère me taire, même si je connais la réponse. »

Samuel Kasindi, 12 ans :
« À la maison, mes frères parlent beaucoup. Moi, on ne me laisse pas souvent la parole. Quand je veux dire quelque chose, on me coupe ou on m’ignore. Je me sens inutile parfois, comme si ma voix ne comptait pas. »

Élodie Barhume, 11 ans :
« Je suis souvent seule pendant les récréations. Je suis gentille avec les autres, mais je ne sais pas comment me faire des amis. Les autres enfants me trouvent bizarre. Moi, je préfère rester dans mon coin, mais ça me rend triste. »

Joël Umoja, 14 ans :
« J’ai toujours été timide. À l’église, à l’école, même à la maison, je ne parle pas beaucoup. Une fois, j’ai voulu parler d’un problème que j’avais, mais on m’a dit que je devais apprendre à être fort. Depuis ce jour-là, je garde tout en moi. »

Les enfants introvertis ressentent et comprennent beaucoup de choses, mais sont souvent mis de côté. Leur silence n’est pas un refus de participation, mais l’expression d’une peur, d’un manque de confiance ou d’un besoin d’être écoutés autrement. Ils souffrent parfois en silence, sans que personne ne le remarque. Il est donc essentiel de créer des espaces sûrs où ils peuvent s’exprimer à leur manière.

Témoignages d’experts

Mme Nadège M., psychologue scolaire :
« Les enfants introvertis doivent être protégés comme tous les autres. Leur caractère calme n’est pas un défaut. Il faut des enseignants et des adultes qui les valorisent et les encouragent sans les forcer. »

M. Arnaud K., éducateur social :
« Un enfant timide peut devenir un grand leader, s’il est accompagné avec douceur. Il faut arrêter de penser que seuls les enfants extravertis méritent d’être écoutés. »

Mme Rachel B., formatrice en développement personnel :
« Lorsqu’on donne aux enfants timides la possibilité de s’exprimer autrement, par l’écriture, le dessin, les jeux de rôle, ils s’ouvrent peu à peu. Il faut diversifier les moyens d’expression. »

M. Cédric L., enseignant en école primaire :
« Je fais attention à donner du temps aux enfants silencieux. Je les interroge doucement, je les valorise quand ils essaient. C’est un travail quotidien, mais très important. »

Mme Sylvie T., spécialiste en droits de l’enfant :
« Le droit à la participation inclut tous les enfants, même ceux qui ne parlent pas fort. Les adultes doivent créer des environnements inclusifs, où chaque voix compte, quelle que soit son intensité. »

M. Justin M., assistant psychosocial :
« La timidité, ce n’est pas une faiblesse. C’est un mode de fonctionnement. Il faut apprendre à écouter autrement, à lire les gestes, les regards, les attitudes. C’est aussi ça, protéger un enfant. »

Les spécialistes s’accordent à dire que les enfants introvertis méritent une attention particulière. Il faut adapter l’environnement à leur sensibilité, respecter leur rythme et leur offrir des moyens d’expression appropriés. Leur silence n’est pas une absence, c’est une autre manière d’être présent.

Les enfants timides ou introvertis ont les mêmes droits que tous les autres : droit à l’expression, à l’écoute, à la participation. Ce n’est pas parce qu’un enfant parle peu qu’il doit être ignoré. Écoutons-les autrement, avec patience et respect. Car chaque enfant mérite d’être vu, entendu et valorisé.

Louise Bibentyo, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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