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À l’occasion de la Journée internationale Nelson Mandela, célébrée chaque 18 juillet, un plaidoyer fort a été lancé depuis le territoire de Kabare (Sud-Kivu), où la situation humanitaire des enfants devient de plus en plus préoccupante.

Sous le thème mondial de 2025 : « C’est encore entre nos mains : combattre la pauvreté et les inégalités », la Fondation Nelson Mandela appelle à une mobilisation générale pour la justice sociale, la protection des plus faibles et la lutte contre les inégalités. Ce message résonne particulièrement dans les zones affectées par les conflits, comme Kabare.

Dans plusieurs localités du territoire, les enfants déplacés, orphelins ou issus de familles démunies subissent de plein fouet les conséquences de l’insécurité : interruption scolaire, malnutrition, violences, exploitation. Leurs droits les plus fondamentaux sont constamment bafoués.

À cette occasion, Maître Innocent Nyakura, défenseur des droits de l’enfant, a lancé un appel aux autorités et aux humanitaires :« Si nous voulons vraiment honorer l’héritage de Mandela, commençons par agir pour ces enfants. Ils n’ont plus accès à l’école, à la santé, ni à une protection efficace. Ils paient le prix fort de cette crise silencieuse. »

Pour lui, les enfants de ce territoire, frappés de plein fouet par la crise humanitaire, ne doivent pas être réduits à de simples discours de commémoration.

« J’appelle toutes les bonnes volontés, y compris les élus locaux, à renforcer les programmes d’aide humanitaire, d’accès à l’éducation et de protection de l’enfance. Ces enfants ont besoin d’espaces sûrs, de repas, de soins, et surtout de la possibilité de rêver d’un avenir »,a-t-il déclaré.

Dans plusieurs villages comme Bushumba, Cirunga, Miti ou Mudaka, des enfants abandonnent l’école pour chercher de quoi survivre. Traumatisés, certains sont exposés à la malnutrition, à l’exploitation ou à la violence, dans l’indifférence quasi générale. L’absence de centres d’accueil, de soutien psychosocial ou d’aides alimentaires structurelles creuse davantage leur vulnérabilité.

« Ce n’est pas seulement une question de pauvreté, c’est aussi une question de dignité humaine »,insiste Me Nyakura.

Malgré les initiatives locales pour maintenir l’éducation de proximité et offrir un accompagnement minimal, les besoins dépassent largement les capacités des acteurs sur le terrain. Le soutien du gouvernement, des autorités provinciales et des partenaires internationaux reste crucial.

« Chaque enfant sauvé aujourd’hui est une victoire sur la crise de demain. Mandela croyait en l’avenir des enfants ; il est temps d’honorer ce combat ici à Kabare »,conclut-il.

En ce 18 juillet 2025, Kabare devient le symbole d’un cri d’alerte : face aux injustices, l’action doit primer sur les discours.

Pascal Marhegane Ki-Moon, volontaire pour les enfants et les jeunes au Sud-Kivu

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