
À Bukavu, la récente circulaire du Secrétariat général de l’Éducation nationale, autorisant les filles enceintes à poursuivre leur scolarité, suscite des réactions partagées. Si certains dénoncent une entorse aux normes morales ou disciplinaires, d’autres saluent une mesure courageuse qui protège le droit fondamental à l’éducation.
Des voix critiques évoquent un risque de banalisation de la grossesse en milieu scolaire. Une enseignante déclare anonymement : « Imaginez une fille enceinte en classe avec tous les désagréments de grossesse ». Un parent, quant à lui, estime que cela pourrait « encourager la débauche ». Ces propos traduisent une peur sociale, mais aussi une méconnaissance des droits des enfants, notamment des filles.
D’autres, en revanche, rappellent que l’éducation est un droit universel. « Renvoyer une fille enceinte de l’école, alors que le garçon responsable y reste, c’est de la discrimination », déclare un père de famille. Il appelle à une approche équitable et à l’accompagnement des filles plutôt qu’à leur exclusion.
Selon la note circulaire du 14 juillet 2025, cette mesure vise à garantir à chaque élève, sans distinction de sexe ou de situation, la possibilité de poursuivre sa formation. Elle s’inscrit dans le cadre des engagements nationaux en faveur de l’éducation inclusive et du respect des droits de l’enfant, notamment des filles souvent victimes de violences sexuelles ou de grossesses précoces.
Les défenseurs des droits de l’enfant rappellent que l’exclusion scolaire aggrave la vulnérabilité des filles, les pousse vers la précarité, et compromet leur avenir. Le maintien en milieu scolaire avec un accompagnement adapté (soutien psychosocial, suivi médical, dialogue école-famille) permettrait de renforcer leur résilience et de briser le cycle des inégalités.
Moïse Agawam volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News.
