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L’insécurité persistante à Kabare pousse de nombreux enfants à chercher refuge et moyens de subsistance à Bukavu. Cette situation interrompt leur scolarité et les contraint à développer des stratégies de survie ingénieuses. Confrontés à la dure réalité de la guerre, ces jeunes témoignent d’une résilience remarquable tout en exprimant un profond désir de retrouver un semblant de normalité.

Ce samedi 5 juillet 2025, Watoto News a recueilli les témoignages poignants d’Ampire Baliamwabo, 13 ans, élève à l’EP Cidjo, et de Cishesa Prudent, 14 ans. Leurs récits mettent en lumière les défis qu’ils affrontent au quotidien.

La quête d’une vie meilleure et la frustration d’une éducation suspendue

Ampire Baliamwabo explique les raisons de leur déplacement :
« Moi et mon ami, nous avons quitté Kabare aujourd’hui pour venir vendre les cannes à sucre ici à Bukavu. On vient ici parce que les gens achètent à un bon prix. »
Cette quête d’opportunités économiques est directement liée à l’interruption de leur parcours scolaire. Il ajoute avec gravité :
« Actuellement, on n’étudie pas là-bas à cause de la guerre. L’insécurité a fait qu’on nous dise de rester d’abord à la maison. On n’a pas encore clôturé l’année scolaire chez nous. »

Malgré les difficultés, Ampire contribue aux besoins de sa famille, illustrant ainsi son sens des responsabilités :
« Je suis le quatrième de ma famille. Ce que je gagne, je me procure parfois des souliers ou des habits ici en ville, et le reste, je l’épargne. Parfois, ça peut aider à la maison pour acheter du savon ou à manger. »
Son vœu le plus cher reste le retour à l’école :
« J’aimerais bien retourner à l’école, mais la guerre me fait peur. »

Le péril quotidien et le désir de paix

Cishesa Prudent décrit l’itinéraire périlleux qu’ils empruntent pour atteindre Bukavu :
« Nous quittons Kabare avec un véhicule camion, ça nous fait arriver à Bagira. On prend un autre camion qui vient ici, jusqu’à la place de l’Indépendance, et parfois, on descend à pied avec nos cannes à sucre. »

La vente de cannes à sucre représente pour eux une alternative à l’oisiveté :
« Au lieu de rester à la maison à ne rien faire, on a eu l’idée de faire comme les autres enfants un peu plus âgés de chez nous. On achète 3 ou 5 cannes à sucre, on les découpe en morceaux, et chaque partie, on la vend à 500 FC. »
Mais cette activité comporte aussi des risques, comme le souligne Cishesa :
« Parfois, une grande personne mange une canne à sucre sans payer. Si on réclame, elle peut nous frapper. Alors on part comme ça. »

L’incertitude plane également sur leur avenir scolaire :
« Suite aux combats entre soldats à Kabare, on ne va plus à l’école. On attend que le directeur nous rappelle pour retourner et terminer l’année scolaire. »

Ces récits bouleversants révèlent la réalité de milliers d’enfants dans l’Est de la RDC. L’interruption de la scolarité et la nécessité de subvenir à leurs besoins sont des conséquences directes de l’insécurité. Ces situations rappellent l’importance cruciale de la paix et de la stabilité pour garantir le bien-être, l’éducation et l’avenir de tous les enfants. Ce n’est qu’en construisant un environnement sûr que ces jeunes esprits pourront pleinement s’épanouir.

Gabriel Cubaka, volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

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