
Entre fin juin et début juillet 2025, le Programme Alimentaire Mondial (PAM) a distribué plus de 2 000 tonnes de vivres à 170 000 personnes retournées dans 13 villages du territoire de Kalehe, au Sud-Kivu. Une opération vitale dans une zone fragilisée par les conflits armés et les déplacements massifs de populations, où l’insécurité alimentaire frappe durement, notamment les enfants.
Dans une récente publication, le PAM-RDC a précisé que cette distribution visait les familles retournées dans leurs villages après avoir fui les violences. Plus qu’une simple assistance, cette aide représente un souffle d’espoir pour des milliers de familles privées de tout, et en particulier pour les enfants.
Materany Buhendwa, 55 ans, père de huit enfants et bénéficiaire de cette aide, témoigne :
« Ma famille et moi avons fui les combats quand les balles sifflaient près de notre village. Nous avons survécu dans la forêt, sans nourriture. Aujourd’hui, grâce au PAM, mes enfants ont de quoi manger, et moi aussi. »
Son récit, relayé par le PAM, illustre la portée de cette assistance : au-delà des calories, c’est la santé, le bien-être mental et l’avenir des enfants qui sont en jeu.

La faim, ennemie silencieuse de l’enfance
Dans des territoires comme Kalehe, l’insécurité alimentaire reste l’une des principales menaces pesant sur les enfants. Lorsqu’une famille fuit, les premiers à en subir les conséquences sont les plus jeunes : arrêt de la scolarité, maladies liées à la malnutrition, détresse psychologique.
Les distributions du PAM ne sont pas seulement une réponse d’urgence ; elles préviennent également la malnutrition infantile, qui touche déjà des millions d’enfants en RDC. Chaque sac de farine, de haricots ou d’huile représente un enfant de moins qui s’endort le ventre vide.
Une aide immédiate tournée vers l’avenir
Par ailleurs, dans une publication datant de 2024, le PAM annonçait son ambition de former 70 000 petits exploitants agricoles dans l’Est de la RDC, dont le Sud-Kivu, dans l’objectif de renforcer la résilience des communautés locales.
Là encore, les enfants seraient indirectement concernés. Un tel projet s’avérerait bénéfique, car des parents plus autonomes économiquement, ce sont aussi des enfants mieux nourris, plus stables et plus susceptibles de retourner à l’école.
L’intervention du PAM cette semaine à Kalehe ne se limite pas à un geste humanitaire ponctuel. Elle permet à des enfants, comme ceux de Materany, de retrouver leur dignité, de retrouver l’appétit, et parfois même, l’envie de retourner sur les bancs de l’école.
Dans un contexte où tout a été perdu maisons, terres, écoles le repas devient une porte d’entrée vers la reconstruction de l’enfance. En nourrissant les familles, le PAM nourrit aussi l’avenir.
À travers cette double approche assistance d’urgence et accompagnement durable — l’organisation entend non seulement répondre aux besoins immédiats, mais aussi soutenir les familles dans la reconstruction de leur autonomie alimentaire.
Car nourrir un enfant aujourd’hui, c’est protéger sa vie, sa croissance, mais aussi bâtir l’avenir de toute une communauté.
Gabriel Cubaka volontaire pour les enfants et les jeunes à Watoto News avec (PAM)
