0 3 minutes 11 mois

Depuis la coupure du réseau de Mazingiro, l’alimentation en eau potable à Panzi, un quartier de la ville de Bukavu et dans les environs est interrompue. Cette pénurie plonge les familles dans une crise profonde, les poussant à dépendre des eaux du lac Kivu et de la rivière Ruzizi, avec de lourdes conséquences sur la santé et la sécurité des enfants.

Une précarité quotidienne

Dans ce quartier de la commune d’Ibanda, les robinets restent à sec depuis plusieurs jours, voire des semaines. La coupure touche non seulement Panzi, mais aussi les quartiers de Cahi, Mudusa, Nyantende et Kasihe, autrefois alimentés par le réseau de Mazingiro. Face à cette crise, les habitants se lèvent dès l’aube pour puiser de l’eau dans la Ruzizi, au lac Kivu ou dans des puits artisanaux appelés bizola. L’accès à l’eau potable est devenu un défi quotidien.

Des enfants exposés aux pires dangers

Les plus vulnérables sont les enfants : envoyés aux sources, ils risquent de se noyer dans la Ruzizi ou le lac Kivu. Des cas de noyade ont déjà été signalés.

Sifa, 14 ans, témoigne pour Watoto News :
« Nous partons puiser de l’eau à la rivière très tôt le matin, avant d’aller à l’école. Parfois, j’arrive en retard en classe. »

À cela s’ajoutent les accidents sur la route, lorsqu’ils transportent des bidons en traversant à pied des axes dangereux dès l’aube.

Fariji Bahati, 18 ans, confie :
« Depuis la coupure, je vais parfois puiser de l’eau au bizola ou à la rivière le soir. Il nous arrive d’entendre des coups de feu, alors nous courons nous réfugier à la maison. »

Maladies liées à l’eau non potable

Privés d’eau propre, les habitants consomment des eaux stagnantes ou peu sûres, sources de maladies hydriques.

« Cette consommation peut provoquer de nombreuses maladies : diarrhée, fièvre typhoïde, infections urinaires, amibiase… », alerte le Dr Albert Muderhwa.

Pas d’eau, pas de sécurité, pas de paix

Outre les risques sanitaires, la pénurie accroît l’exposition des femmes et des enfants aux violences sexuelles lorsqu’ils partent chercher de l’eau à l’aube.

Ce témoignage alarmant met en lumière une crise humaine à Bukavu : sans eau, pas d’avenir pour les enfants.

Jean de Dieu Akonkwa
Volontaire pour les enfants et les jeunes à Bukavu

Auteur/autrice

Laisser un commentaire : Que pensez-vous de cet article ?

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.