
Chaque 17 juin, le monde célèbre la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse pour rappeler l’urgence de préserver les terres et de protéger les ressources en eau. Dans le territoire de Kabare, au Sud-Kivu, cette journée prend une résonance particulière : la jeunesse locale se mobilise face aux défis environnementaux croissants.
Une jeunesse engagée et consciente
À Kabare, les jeunes et les enfants prennent peu à peu conscience des effets de la déforestation, de l’érosion des sols et du réchauffement climatique sur leur quotidien.
« Chaque année, on voit la rivière diminuer et les champs devenir moins fertiles. C’est pour ça que nous avons planté des arbres autour de notre école », explique Aline, 15 ans, élève dans une école secondaire de Kabare.
« Moi, j’ai appris qu’on peut utiliser les feuilles tombées pour faire du compost au lieu de les brûler. Ça aide la terre à rester riche », ajoute Josué Ayagirhwe, 11 ans, élève à l’institut Maendeleo de Miti.
Les jeunes participent à des actions concrètes telles que le reboisement, la restauration des sources d’eau ou encore la sensibilisation communautaire aux bonnes pratiques agricoles.
L’éducation environnementale comme pilier de l’action
L’éducation joue un rôle clé dans cette mobilisation. De nombreuses écoles et communautés développent des activités pédagogiques pour éveiller les consciences dès le plus jeune âge.
« Sensibiliser les enfants à la protection de l’environnement dès le primaire est essentiel. Ce sont eux qui vivront les conséquences de nos choix d’aujourd’hui », explique un enseignant de Kabare spécialisé en sciences naturelles.
Les enfants apprennent à reconnaître les arbres utiles à la reforestation, à construire des pépinières et à entretenir des jardins scolaires durables.
Éclairage scientifique : comprendre pour mieux agir

Des experts locaux soulignent que l’implication de la jeunesse dans la lutte contre la désertification est un levier indispensable.
« Kabare est une zone fragile sur le plan écologique. Le sol y est très vulnérable à l’érosion. Si la jeunesse est formée et encadrée, elle peut jouer un rôle majeur dans la restauration des terres », affirme Germain Basengere, chercheur en environnement basé à Lwiro.
Ce scientifique encourage également l’adoption de techniques agricoles résilientes, comme l’agroforesterie ou la couverture végétale, que les jeunes peuvent facilement apprendre et transmettre.
Des obstacles persistants
Malgré ces efforts, plusieurs défis freinent l’engagement durable des jeunes : la pauvreté, le manque de matériel et parfois l’absence de soutien des adultes.
« Nous avons besoin d’être soutenus pour poursuivre la noble cause de protéger notre environnement », confie Tawala, 22 ans, interrogé par Watoto.news ce mardi 17 juin 2024.
Un appel à la responsabilisation collective
Cette Journée mondiale rappelle que la jeunesse est une force de changement, mais qu’elle a besoin d’accompagnement. Offrir aux jeunes un espace d’expression, des outils concrets et une éducation environnementale de qualité est essentiel pour garantir un avenir plus vert à Kabare.
« Ce que les enfants font aujourd’hui à Kabare montre que, même dans des contextes fragiles, il y a de l’espoir. Il suffit de les écouter et de leur donner les moyens d’agir », conclut un scientifique local.
Yseult Lwango, volontaire pour les enfants et les jeunes à Kabare
