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L’enseignant, premier éducateur de l’enfant en milieu scolaire, a été confronté depuis quelques mois à plusieurs problèmes en territoire de Kalehe en général et à Minova en particulier, suite à la situation de crise sécuritaire.
La zone a connu le bruit des bottes et l’afflux des déplacés avec des conséquences sur l’éducation. Mais aussi, des affrontements armés ont perturbé des familles avec des impacts négatifs, entre autres sur la scolarité des enfants.

« Nous étions à l’école, en entendant des bombes et des coups de balles, parfois on se dispersait tous chacun va de son côté. Un moment c’est devenu grave et nous étions obligés de fuir. Et quand la situation s’est un peu calmé nous sommes revenu à l’école. Mais j’avais toujours très peur, il suffisait qu’une moto passe pour que mon cœur batte plus fort. Même en étant en classe les images me revenaient chaque fois « . Confie Elisha Aimé un élève de 6ème primaire à l’école Primaire Kabeli.

Ils sont nombreux les élèves victimes des conflits armés dans cette zone qui se sont retrouvés dans un état psychologique déplorable, dépassant la compétence ordinaire des enseignants, a précisé à Watoto News Marguerite Lukeba, superviseure psychologue au sein de ODH.
« Certains enfants pleuraient sans raison apparente, d’autres sont devenus tristes, ne voulant plus se rendre à l’école. Face à ce tableau, ODH a formé les enseignants sur la gestion des classes pléthoriques et l’appui psychosocial pour qu’ils soient capables de se comprendre, comprendre les élèves afin de bien les motiver à poursuivre les enseignements. Il y a eu beaucoup de contraintes, mais avec l’écoute des élèves, les enseignants arrivent à détecter leurs problèmes, leur donner des conseils, et beaucoup d’enfants ont repris le goût de l’école où ils retrouvent la joie grâce à des activités récréatives qu’ODH a appuyées. »

Grâce à un projet en réponse d’urgence exécuté par l’Observatoire pour les Droits Humains « ODH » dans la zone, les enseignants ont été outillés pour pallier ce problème.

Watoto News a fait la ronde des écoles comme l’école primaire (EP) Namashali, Kea, Kitalaga, Shanga, etc pour palper l’empleur du problème.

Votre média d’appui à l’éducation a tenté de comprendre ce qu’a traversé l’enfant et les efforts déployés pour l’aider.
 » Au début suivre ce que l’enseignant disait, c’était difficile…heureusement que notre enseignant nous comprenait, il nous traite bien. Même quand j’arrivais à l’école avec retard, il me parlait doucement pour savoir pourquoi je suis arrivé en retard et il me donnait des conseils, si j’échoue à une question, il reprend les explications une ou deux fois pour que j’écoute. Et ça il ne faisait pas seulement pour moi, c’était pour nous tous en classe. Il était devenu très gentil envers nous pas comme avant. Il commençait même à jouer avec nous… cela m’a beaucoup aidé et jusqu’au aujourd’hui j’étudie maintenant bien, je n’ai plus peur et je commence à réussir comme avant  » ajoute
Elisha Aimé.

Watoto News a egalement abordé quelques enseignants de l’école primaire dans la zone.

« Dans les classes, je recevais les enfants qui avaient des comportements compliqués, les enfants étaient agités et n’arrivaient pas à se concentrer dans la classe. Ces cas commençaient à s’accroître et ça nous dépassait, je ne savais pas comment m’y prendre. Mais à travers la formation psychosociale et la pédagogie active et participative que j’ai reçues, je sais désormais comment gérer ces enfants. Je sais que je dois identifier ces enfants, et savoir comment parler avec eux », a fait savoir Élisabeth Maliza, enseignante en 1ère année primaire.

De son côté, Aimé Mapendano, enseignant en 5ᵉ, renseigne que les enfants ont subi beaucoup de traumatismes liés à la guerre, et le changement ne vient pas d’un seul coup parce que le changement est un processus. Mais depuis qu’il a mis en pratique les stratégies acquises dans la formation, comme par exemple écouter particulièrement un enfant qui se comporte d’une manière particulière en classe, tout change progressivement.

Le directeur adjoint de l’école Shanga, Chidorho Bushole, loue cette initiative car, selon lui, grâce à ce projet les enfants sont désormais bien encadrés dans des écoles.
« Après les formations reçues, les enseignants deviennent de plus en plus résilients », affirme-t-il avec satisfaction.

Ce chef d’établissement ajoute que, peu importe les défis auxquels les enseignants font face, comme les crépitements des balles, l’explosion des bombes, ils restent toujours positifs et résilients tout en encadrant les élèves avec conscience.

Il a ensuite remercié l’UNICEF qui est toujours là pour les enfants et ODH qui a exécuté le projet.

Ces formations s’inscrivent dans le cadre du projet en réponse intégrée aux besoins en éducation inclusive des enfants affectés par la crise sur l’axe Minova-Bulenga-Kalungu, dans la zone de santé de Minova, territoire de Kalehe dans la province du Sud-Kivu.
Rappelons que l’école primaire Shanga est l’une des 19 écoles bénéficiaires de ce projet.

Emmanuela Bahindwa

Auteur/autrice

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