
Dans le territoire de Kalehe, de nombreux enfants ont été contraints d’abandonner l’école pour diverses raisons : manque de moyens financiers, déplacements forcés dus à l’instabilité familiale ou à des conflits armés, ou encore absence d’accès à l’éducation dès leur plus jeune âge. Cette situation a été exacerbée par les récentes crises sécuritaires, rendant l’accès à l’éducation encore plus difficile pour ces jeunes.
Pour répondre à cette problématique, l’Observatoire des Droits Humains (ODH), avec le soutien financier de l’UNICEF, a mis en place un programme d’enseignement par radio. Des leçons préenregistrées sont diffusées régulièrement, permettant aux enfants en rupture scolaire de continuer à apprendre, que ce soit à domicile ou en groupe autour d’un encadreur.
Neema Jeanette, encadreuse des enfants déscolarisés, témoigne : « Nous nous réunissons avec les enfants de la communauté qui ne vont plus à l’école trois fois par semaine, les lundis, mercredis et vendredis. J’allume la radio pour eux et nous écoutons l’émission. Après l’écoute, j’interagis avec eux, ils peuvent poser des questions sur ce qu’ils n’ont pas compris. Ces leçons les aident à ne pas oublier ce qu’ils avaient appris à l’école et à se réintégrer progressivement dans le système éducatif. Actuellement, j’encadre seule 80 enfants au niveau 1, alors qu’il y a trois niveaux. »

Les enfants apprécient cette initiative, même si elle ne remplace pas totalement une école traditionnelle. Artistote Lwaboshi, un jeune bénéficiaire, partage son expérience :«J’ai arrêté d’étudier parce que mes parents n’étaient pas capables de payer les frais scolaires. Alors je viens ici à 13h, quand les autres sont déjà sortis, et la maîtresse nous met l’émission à la radio. On commence à suivre, elle nous pose des questions sur ce qu’on a écouté, et si je n’ai pas bien compris, je pose la question à la maîtresse. Ça m’aide à me sentir à l’école comme les autres.»
Sa camarade, Bertha Bazima, exprime également sa gratitude : «Je dis merci à ODH et à l’UNICEF pour les leçons, mais aussi pour les trois cahiers et deux stylos qu’ils nous ont donnés pour nous permettre d’écrire. Nous demandons aussi qu’ils nous intègrent dans les écoles l’année prochaine pour que nous allions à l’école comme les autres enfants.»
Ce programme d’enseignement par radio offre une alternative pour les enfants déscolarisés de Kalehe, leur permettant de poursuivre leur apprentissage malgré les défis auxquels ils sont confrontés.
Emmanuela Bahindwa
