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Alors que le monde célèbre, ce 28 mai, la Journée mondiale de l’hygiène menstruelle, à Bukavu, des milliers de jeunes filles vivent encore leurs règles dans la gêne, le silence et parfois la honte. Loin d’être un sujet anodin, les menstruations restent un facteur d’inégalité, en particulier pour les écolières.
Dans plusieurs écoles de la ville, certaines élèves manquent jusqu’à quatre à cinq jours de cours par mois, simplement parce qu’elles n’ont pas accès à des serviettes hygiéniques ou à des toilettes adaptées.

« Quand j’ai mes règles, je préfère rester à la maison. À l’école, il n’y a pas de lieu sûr pour me changer ou me laver », confie Agnès à Watoto News, élève dans une école secondaire de Nguba.

Le problème ne se limite pas au manque de moyens. Le tabou culturel autour des menstruations empêche souvent les jeunes filles de demander de l’aide ou de parler ouvertement de ce qu’elles vivent.

« Certaines pensent qu’avoir ses règles est une maladie ou une malédiction », explique une enseignante à l’école de Nyamugo. « Il faut éduquer, parler, briser le silence. »

L’État est interpellé pour intégrer la santé menstruelle dans les politiques scolaires, construire des toilettes adaptées dans les établissements et subventionner les produits d’hygiène.

Cette journée rappelle que l’hygiène menstruelle est un droit humain fondamental, et non un luxe. Tant que les jeunes filles vivront leurs règles dans la peur ou l’ignorance, leur éducation et leur avenir resteront menacés.

« Quand une fille a ses règles, elle ne doit pas rester à la maison. Elle doit pouvoir aller à l’école avec dignité », a-t-il insisté auprès de Watoto News.

Gloria Bakulikira

Auteur/autrice

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