
En territoire de Kabare, precisement à Miti, certains enfants, sacs à dos sur les épaules, se dirigent vers l’école, d’autres s’aventurent sur des pentes glissantes à bord d’engins de fortune, fabriqués avec des morceaux de bois cloués et équipés de petites roues.
Ces créations ingénieuses, fruits de leur imagination débordante, cachent pourtant un danger latent : celui des blessures graves.

« J’ai fabriqué ça avec des clous et du bois ramassé », raconte Moïse, 10 ans. « C’est amusant de descendre la pente, mais mon petit frère est tombé une fois et il s’est blessé à la tête. » Comme lui, des dizaines d’enfants s’adonnent à ces activités risquées en pleine journée, souvent sans la surveillance nécessaire de leurs parents. Certains vont même jusqu’à rouler sur les bordures des caniveaux, mettant ainsi leur vie en péril face aux véhicules en circulation.
Pour les autorités locales, cette situation met en avant un problème plus profond.
« Il y a un relâchement clair dans l’encadrement familial et scolaire », souligne un responsable communautaire. « Nous avons alerté certains parents, mais peu prennent conscience des dangers. Ce sont leurs enfants qui, demain, paieront le prix de cette négligence. »

Les parents reconnaissent également leur part de responsabilité.
« J’ai plusieurs enfants et je suis souvent au champ. Je ne peux pas tous les suivre », admet Madame Furaha, mère de six enfants. « Mais il est vrai que parfois nous oublions qu’ils peuvent se mettre en danger juste pour jouer », conclut-elle.
Face à cette réalité inquiétante, un appel grandissant se fait entendre au sein de la communauté : il est impératif de renforcer la surveillance des enfants, d’encourager leur retour à l’école et de créer des environnements sûrs pour leurs loisirs.

Les jeux sont essentiels au développement de l’enfant, mais ils doivent être encadrés pour éviter les drames. À Miti et dans d’autres régions du territoire de Kabare, l’inaction des adultes combinée à l’ingéniosité risquée des enfants pourrait transformer l’innocence de l’enfance en tragédie évitable. Il est temps d’agir pour protéger ces jeunes vies.
Pascal Marhegane Ki-Moon (PMK), volontaire pour les enfants à Kabare
