
À Bukavu, un phénomène est de plus en plus observé dans les rues : Des enfants qui se baladent dans les quatres coins de la ville à la recherche des mitrailles dit » Mabende ».
Une corve dangereuse et qui ne paye pas!
Cette quête qui les amène à fouiller dans les rigoles, les décharges publiques, les rivières les expose à multiples dangers pour un payement dérisoire aux près des adultes qui achetent des objets en fer que ces enfants collectionnent toute la journée.

« Ce travail est difficile. Je sais que ça nous expose à plusieurs maladies, et même au noyade mais je ne pas de choix, je dois travailler pour avoir quoi manger! Le plus gênant ce que on cherche la vie honnetement mais on nous attribue des cas de vol simplement parce que nous sommes mal habillés.
Ramasser les » mabende » m’aide vraiment même si ça ne rapporte pas grand chose. Reunir 1kg de fer, nous permet de les vendre à 600Fc seulement! Moi je me bat pour en reunir 4 à 6 kilo par jour , mais ce n’est pas facile ; c’est très fatigant! » confie à Watoto News David, un enfant de 13 ans , croisé avec son sac des mitrailles sur avenue du plateau en commune d’Ibanda.
Au centre de ce problème: la pauvreté des familles!
Ce labeur est le quotidien de beaucoup d’autres enfants qui comme David n’etudient pas et vont chaque jour à la recherche de « Mabende » abandonnés ou emportés par les eaux de pluie à Bukavu.
Un phénomène principalement causé par la pauvreté dans les familles de ces enfants et l’influence entre adolescents innocupés.

Pourtant la loi portant protection de l’enfant en RDC protège ce dernier contre les pires formes de travail , notamment les travaux qui par leur nature et les conditions dans lesquelles ils s’exercent, sont susceptibles de nuire entre autre à sa santé, sa croissance , son épanouissement , ou sa dignité.( art 53).
Sur le terrain la recherche de Mabende expose l’enfant à tout cela.
Armés de simples barres de fer ou de clous, ces enfants, parfois âgés de moins de 10 à 15 ans et plus , s’aventurent dans des zones insalubres, glissantes et dangereuses. Ils plongent dans les caniveaux ou pataugent dans les rivières polluées de Kahwa et Wesha. Voire dans des poubelles, à la recherche de débris métalliques qu’ils revendent ensuite à bas prix.
Des droits fondamentaux bafoués
Le fait pour les revendeurs de fixer un prix derisoire doublé de l’utilisation des enfants pour obtenir leur ces objets usés en fer, sous entend à coup sur une idée d’exploitation économique. A ce propos, l’article 32 de la Convention relative aux droits de l’enfant stipule que “les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social.” Or, ces enfants sont clairement exposés à des risques sanitaires, physiques et psychologiques. En plus du danger de noyade ou de blessures, ils inhalent des substances toxiques et contractent des maladies liées à l’insalubrité des eaux.

Le RJAE propose des pistes de solutions
Le reseau des journalistes amis de l’enfant, RJAE recommande aux autorités Congolaise, les organisations de la société civile, et à l’Unicef de renforcer les mécanismes de protection de l’enfant dans les zones urbaines vulnérables, de proposer des alternatives économiques aux familles en difficulté pour reduire tant soit peu l’ampleur de ce phénomène.
De sensibiliser les enfants et leurs parents aux dangers encourus à travers cette pratique qui apporte visiblement du pain certes, mais beaucoup plus de la peine à long terme au regards des consequences!
Le coordonnateur du RJAE au Sud Kivu ,
Ernest Muhero ajoute qu’aucun enfant ne devrait risquer sa vie pour quelques morceaux de fer. La place de l’enfant est à l’école, pas dans les rivières polluées. Il est temps que les engagements pris par la République Démocratique du Congo en ratifiant la Convention relative aux droits de l’enfant se traduisent en actions concrètes, visibles et durables pour protéger les plus jeunes et leur offrir un avenir digne.
Jean de Dieu, Volontaire pour les enfants à Bukavu
